CAMEROUN – 8 mars: la pression autour du pagne

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Des points de vente aux ménages, en passant par les ateliers de couture, c’est la mobilisation tous azimuts.

Des ballots de pagne destinés à de multiples livraisons. Une clientèle constituée essentiellement d’hommes en rangs serrés devant le rayon où se vend le pagne du « 8 mars » aménagé pour la circonstance avec en toile de fond les tissus de la célébration de couleurs bleue et rose fuchsia. Hier, l’ambiance était des plus singulières à la boutique CICAM (Cotonnière industrielle du Cameroun) à Yaoundé. Si les bousculades des années antérieures sont absentes, on n’est cependant pas bien loin des grandes affluences. La distribution du pagne ayant débuté le 16 janvier dernier fait visiblement courir de nombreux Yaoundéens.
Dans la fièvre des préparatifs, Achille M., cadre dans une entreprise de la place, est venu exclusivement se le procurer pour l’offrir à sa mère. « Pour moi, c’est un hommage à la femme », lance-t-il. Le jeune homme avoue, par la suite, que c’est devenu une tradition puisque c’est un cadeau qu’il offre à toutes les femmes de sa famille (tantes, nièces, cousines, etc.) chaque année. « Je suis parmi les premiers clients qui s’approvisionnent à la CICAM. J’en ai déjà offert à ma femme et à mes filles. Aujourd’hui, c’est à ma mère que je vais faire plaisir », se réjouit-il.
Du côté des entreprises, alors que certaines sont déjà rentrées en possession de leurs pièces, d’autres passent encore des commandes ou confirment la quantité sollicitée. « Nous avons encore des commandes à livrer et 90% d’entre elles le seront d’ici le 25 février prochain », rassure David Mounjoutouyi, délégué commercial de la CICAM dans le Centre et l’Est. Afin d’éviter les bousculades de dernière minute observées des années précédentes dans les points de vente agréés, le patron de l’entreprise a trouvé utile d’agréer une centaine de distributeurs. Du coup, le produit peut s’acquérir dans tous les coins de rue. « La vente est maîtrisée parce que les distributeurs ont la contrainte de l’écouler au même prix que nous. Nous leur faisons une remise substantielle pour une marge de bénéfice », précise-t-il. Une aubaine pour les tailleurs. Certains ont cessé de se tourner les pouces depuis quelques jours. « Les commandes affluent tous les jours. J’en ai plus d’une vingtaine actuellement. Je suis même contrainte de refuser certaines. Ceci pour ne pas être submergée à la dernière minute et causer des désagréments aux clientes », déclare Jeannette Magne, couturière. Dans les chaumières, la pression est montée également. Bien des messieurs ne l’ayant pas encore offert à leur compagne ne dorment plus tranquille. « J’ai dit à Madame d’attendre les salaires pour son pagne. J’espère qu’ils seront payés assez tôt pour qu’elle ait le temps de le coudre », explique un cadre de société.

© Cameroon Tribune

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