Cameroun: Les 14 milliards du Code pénal

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L’opposant, ex-membre du gouvernement dénonce la détermination du pouvoir à l’écarter du jeu politique.Maurice Kamto, le président national du Mrc, est désormais bien situé sur les motivations réelles de ses détracteurs qui reprochent au Cabinet Brain Trust Consulting d’avoir gagné le marché de 14 milliards de FCFA pour la rédaction d’un nouveau Code pénal camerounais.

Avant hier, lundi 3 avril 2017, au cours de la conférence de presse organisée par son parti, il s’est voulu clair.

« Depuis mon départ du gouvernement et mon adhésion, pour la première fois de mon existence, à un parti politique, le MRC, il existe au cœur du pouvoir un Cabinet Noir qui travaille avec détermination à ma mise à l’écart de la compétition politique par tous les moyens. Je dis bien par tous les moyens !

Ce Cabinet Noir a longtemps fouillé, mais en vain, dans ma gestion des affaires publiques. Il s’est lancé
dans une scabreuse affaire sur ma réputation scientifique ; a monté et entretenu dans l’opinion une fumeuse affaire de marché public portant sur 14 milliards de francs CFA », a-t-il affirmé.

A l’en croire, ses conseils prodigués en public au Gouvernement par des moyens laissant trace, pour la recherche d’un dialogue politique constructif avec les compatriotes des Régions anglophones, de mes activités comme un des avocats des nouveaux leaders anglophones – et pas des sécessionnistes, gêneraient le pouvoir de Yaoundé. Il soutient n’avoir jamais discuté avec ces derniers. La raison est limpide à présent. « Les experts de ce Cabinet Noir, qui redoutent l’alternance démocratique dans notre pays, travaillent en ce moment en vue de me faire arrêter et inculper, soi-disant pour activités terroristes. Par ces méthodes, les membres de ce Cabinet Noir ne font pas montre d’un grand courage démocratique. En effet, effrayés par le désastre social et économique de leur gestion inconséquente du pouvoir qui a installé le pays dans une paupérisation et un désordre sans précédents », at-il déclaré. Ceux-ci à son avis redoutent le débat démocratique fondé sur les idées et les projets politiques au cours duquel ils seraient amenés à faire face aux Camerounais.

Un aveu d’échec économique, pense-t-il, qui se reflète dans la gestion calamiteuse des finances publiques que démontre le retour du Cameroun au FMI, ne doit pas les pousser à mettre le pays en péril. Plus incisif et déterminé, Maurice Kamto n’abdiquera point. Il a profité de la circonstance pour inviter les Camerounais à s’inscrire massivement sur les listes électorales. « Retirez vos cartes d’électeurs et allez voter massivement lors des échéances électorales à venir pour vous faire entendre par et dans les urnes. De la sorte nous pouvons œuvrer pour que les malheurs et les douleurs de notre pays ne se prolongent pas indéfiniment », a-t-il conseillé.

© Le Jour : Jean-Philippe Nguemeta

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