Je suis camerounais, je suis dans la sauce !

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Les prouesses et les exploits de la campagne gabonaise des lions indomptables avaient fait passer la tanière pour un four épicé, sans répit ni pour les fauves, ni pour les rocks, ni même pour les dieux. Panthères, Etalons et Pharaons en savent mieux que vous et moi. L’on croyait alors que le Cameroun avait retrouvé ses lettres de noblesse apparentes ou réelles brandies comme une identité pendant ses années de gloire de 1984 à 2017 en passant par 1988, 1990 2000 et 2002. La dernière réception de l’équipe nationale par le couple présidentiel au Palais de l’Unité le 8 février dernier nous en a d’ailleurs fait rêver.

Mais ceux qui se sont vite réveillés ont certainement été malheureux. Le malheur d’une euphorie qui sourit et fait rire les fous. Le malheur d’une victoire qui fait passer les chiens aux abois et qui fait grelotter les hommes de désespoir. En réalité, avec ses rires de pleures, la victoire des lions indomptables du Cameroun n’était que ce que beaucoup d’observateurs avaient traité d’ « un arbre qui cache la forêt ». La forêt et ses mystères, la forêt et ses contradictions. Et aujourd’hui plus que hier, dans la tanière, les vieux démons sont de retour si l’on peut reconnaitre qu’ils étaient d’abord partis ; ou alors se sont réveillés dans le cas où ils se seraient endormis. Prématurément, l’on a proclamé le retour et ou la venue du fighting spirit au sein de la tanière, synonyme d’un climat sain et salubre initié par les instances et institutions en charge du football. Que non !

Le match amical livré contre la Guinée à Bruxelles avec son issue de 1 but contre 2 que personne n’a vue venir est effectivement la sirène qui a planté le décor à un concert d’hiboux. Attaque et contre-attaques fusent et s’empilent encore, et, « la goutte d’eau déborde [déjà] le sceau ». Le spectacle fait passer à un jeu de ping-pong.
Le Cameroun avec son football, est-il irréversiblement devenu un pandémonium ? Pays africain champion en titre, classé 3e à l’échelle continentale et 33e à celle mondiale d’après le dernier classement FIFA, 5 trophées de la CAN ; le Cameroun est un géant du football reconnu dans le monde. Paradoxalement, c’est l’un des pays dont les problèmes de gestion et d’encadrement font plus échos. Doit-on croire que ces turbulences qui ont niché dans la tanière relèvent de la fatalité ? Seraient-elles une malédiction ? Sinon, qui n’a jamais pu faire ce qu’il a toujours dû ? Si la petite et forte phrase du président de la république Paul BIYA prononcée en 1986 depuis une visite d’Etat en Allemagne selon laquelle « Le Cameroun n’est la chasse gardée de personne, ni d’aucune grande puissance » est vraie, elle devrait l’être autant pour les prédateurs extérieurs que pour ceux intérieurs et ce, dans tous les domaines et secteurs d’activité d’un pays : politique, économie, culture, santé … Chaque camerounais, partout où il doit servir son pays, devrait le faire avec obligation de résultats, seule cette exigence s’accompagne avec la notion de démission en cas d’échec. Il est donc plus que jamais temps d’épurer le football camerounais, lui qui est pourtant brandi comme la seule religion qui unit toutes les strates sociales au Cameroun, cette unité qui fait pousser des commissions chaque jour comme des champignons. Ô champion indomptable, veille sur tes lampions !

Aussi longtemps que les vraies mesures, par des « vraies personnes » tarderont, le pays des lions continuera tout bonnement à manger ses petits et lui-même dans sa propre sauce !

Par Franck Olivier BIYA, Actu-plus.cm

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