Disparition de l’évêque de Bafia: Les recherches toujours infructueuses

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Rendu au troisième jour, On ne sait toujours pas si le corps de Mgr Jean-Marie Benoît Balla se trouve bel et bien dans le fleuve Sanaga. L’hypothèse que l’évêque se soit jeté dans l’eau semble être une fausse piste.

Mgr Jean-Marie Benoît Balla reste introuvable. Les équipes des plongeurs poursuivent leurs recherches dans les eaux silencieuses de la Sanaga, à Ebebda, sous le pont de l’Enfance. C’est là que le cœur de la petite ville bat depuis le mercredi 31 mai.

Jusqu’ici, Ebebda, bourgade de la région du Centre réputée pour son sable, menait une petite vie tranquille. Le quotidien de ses habitants a été chamboulé mercredi, lorsque que des rumeurs sur le suicide de l’évêque du diocèse de Bafia ont commencé à se répandre çà et là. En effet, un véhicule abandonné sur le pont d’Ebebda a été identifié comme appartenant à l’évêque de Bafia.

Par la suite, les pièces personnelles du prélat ainsi que celles de son véhicule ont été retrouvées. Elles étaient posées en évidence sur l’un des sièges passagers de la voiture. Plus intriguant a été ce mot, vraisemblablement signé du prélat : « Je suis dans l’eau ». Ecrite sur un papier portant l’en-tête du diocèse de Bafia, la phrase a prêté le flanc à diverses théories, la plus « évidente » étant d’emblée celle du suicide. Certains veulent croire en l’hypothèse d’un meurtre maquillé en un suicide. Le préalable de toute autre supputation serait la découverte de la dépouille du disparu, toujours activement recherché sous les eaux.

Pour faire avancer l’enquête, des recherches sont également menées au niveau du diocèse, nous apprend une source. Les enquêteurs espèrent y trouver des indices qui les mettront sur les traces de l’évêque ou de comprendre ce qui s’est réellement passé.

La circonspection des populations

Le soleil se couche. Il est plus de 17h30 ce 31 mai. A 100 mètres du pont (en venant de Yaoundé) des véhicules sont garés de part et d’autre de la voie. La fréquentation des piétons sur l’infrastructure est inhabituelle. Les populations sont parties de Bafia, d’Obala et même de Yaoundé, pour venir voir de leurs propres yeux, confirmer l’information dont tout le monde parle. Jeunes et vieux sont là, debout ou accoudés sur les rambardes du pont. Ils ont tous le regard figé sur les eaux calmes de la Sanaga. En spectateurs, ils regardent les plongeurs sonder les profondeurs du fleuve. Chacune de leurs émersions fait l’objet d’un commentaire, tantôt désespéré, tantôt moqueur, ou carrément déplacé.

Edouard E. vient d’arriver. Le fait était assez rocambolesque pour qu’il en entende parler jusque dans la brousse où il pratiquait son activité professionnelle, la chasse. Alors, il s’est dépêché de rentrer pour savoir ce qu’il en était. Les bras croisés, le chasseur cache mal sa circonspection. Une moue déformant son visage ridé est montre son indignation. Il ne comprend rien.

Les espaces piétons du pont, long d’environ 1200 mètres, sont bondés. Personne ne veut en rater un bout. Le bal des journalistes en costume-cravate est aussi un spectacle pour ces populations, fort peu habituées à autant d’attention de la part des médias, particulièrement depuis l’affaire Dikoum.

Bientôt 19h. La nuit commence à tomber. Les curieux sont toujours dans l’attente. Mais, peu à peu, ils commencent à se faire à l’idée que ce ne sera pas pour aujourd’hui, la réponse à la grande question : où est passé Mgr Jean-Marie Benoît Balla ?

Actu-plus.cm avec Journal du Cameroun: Irène Fernande Ekouta

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