Amnesty International – On met des œillères et on ment sans vergogne

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En une décennie pour ne pas dire depuis le début, pas un seul rapport rendu public par cette institution vénérée qui n’ait peint le Cameroun en un vaste cimetière où sont enterrées des libertés individuelles ou collectives qu’elle dit défendre. A contrario, les faits contredisent ses mots. Et le dernier rapport de l’Ong sur de supposées exactions de l’armée sur les adeptes de Boko Haram est visiblement celui de trop. Tant il ment et se couvre du voile de la mauvaise foi et d’intentions inavouées. Ainsi, Amnesty International travaillerait elle aussi pour 2018… Pourquoi pas ?

On met des œillères quand on couvre partiellement les yeux pour ne regarder que là où on veut regarder. On ment, quand on se refuse à rapporter la réalité des faits. Le concert des protestations qui sont l’écho de la toute récente publication d’un rapport d’Amnesty International pose un problème de plus en plus récurrent qui aujourd’hui, ne passe plus. Comment se fait-il qu’une institution se prévalant d’une certaine crédibilité fasse autant preuve de mauvaise foi, au regard des éléments consignés dans un rapport dont elle attend qu’il fasse autorité ? Que lit-on dans ce que les exigences de la décence recommandent qu’il ne soit pas taxé de brûlot ? «Nous avons toujours condamné sans équivoque les atrocités et les crimes de guerre commis par Boko Haram au Cameroun.

Néanmoins, rien ne saurait justifier le recours impitoyable et généralisé à la torture par les forces de sécurité contre des Camerounais ordinaires, qui sont souvent arrêtés sans preuve et se voient infliger des souffrances inimaginables», dixit Alioune Tine, directeur du programme Afrique de l’Ouest et Afrique centrale à Amnesty International. Rapport pour rapport, peut-on faire le compte à notre tour du nombre de ceux publiés par Amnesty International contre Boko Haram l’agresseur, pour le confronter avec ceux qui brocardent à longueur de mois, les forces de défense camerounaises ? Évidemment le déséquilibre ne scandalise personne, pas même ceux qui se disent en charge de travailler pour le droit et la justice véritables. Dans son rapport, Amnesty International dit avoir recensé un grand nombre de violations des droits humains dans l’Extrême-nord du Cameroun. Celles-ci s’apparentent à «… des crimes de guerre. Au vu des multiples éléments que nous avons découverts, les autorités doivent diligenter une enquête indépendante sur la pratique de la détention au secret et de la torture, notamment en vue d’établir les responsabilités éventuelles, aussi bien au niveau individuel que dans la chaîne de commandement».

Traiter des inhumains avec humanité ?

Le commandement de l’Armée camerounaise est donc visé et sa culpabilité sérieusement envisagée pour des exactions alléguées, qui visiblement lui sont plus insupportables que l’inhumanité avec laquelle l’ennemi opère et travaille. Dans l’affaire on aurait ainsi deux protagonistes. Un pour qui on fermerait délibérément les yeux quand on ne crie pas en sourdine. Et un autre jugé plus tendre et donc malléable, à qui on réprimanderait tout ; l’Etat du Cameroun qui ne fait rien d’autre que se défendre loyalement et avec courage. Un peu comme cette antilope qui dans la forêt, choisit de frotter ses cornes sur une écorce d’arbre plutôt que sur du roc. Les sorties officielles du gouvernement à propos de cette injustice ne suffisent visiblement pas. Année après année, mois après mois, rapport après rapport, Amnesty International continue une besogne inutile et peu fondée tant au plan moral que celui pratique. Tant de «naïveté», si tant est qu’on soit en présence d’une déficience, ne peut être considérée comme gratuite. Ce serait une erreur qu’ils ne la rééditeraient pas systématiquement. Lorsqu’Amnesty International va enquêter au front, quelles sont les prémisses qui accouchent de l’intention de l’enquête ?

Montrer à la face du monde le visage hideux d’une agression injuste de Boko Haram sur des populations qui ne demandent qu’à vivre dans la sérénité, ou brocarder à tout prix l’armée et donc par-là, tout un État ? Pour les Camerounais dans leur immense majorité, point n’est besoin de demander de traiter Boko Haram avec humanité, parce que Boko Haram est tout sauf humain. Et puisque l’institution se targue d’une aura internationale, on ne peut s’empêcher de penser que c’est le Cameroun et son régime qui sont ainsi brocardés, à dessein. 2018 comporte des enjeux d’alternance, il est probable que même Amnesty se soit mis à danser, sans jamais se l’avouer. Une question toutefois : peut-on danser en public à son insu?

© Signatures: Dominique Beling-Nkoumba

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