Cameroun: le ministre Mebe Ngo’o cité dans une affaire de corruption en France

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Le magazine français Le Point a relayé des éléments d’ une enquête de l’Office français de répression de la délinquance financière au cœur d’un système de corruption entre la France et l’Afrique. De hauts responsables de l’armée camerounaise dont l’ancien Mindef Edgard Mebe Ngo’o seraient impliqués.

Le magazine français Le Point a lancé, depuis le 17 juillet dernier, la publication d’une série exclusive d’articles rapportant une histoire de corruption entre la France et l’Afrique. Deux sociétés de vente d’équipements militaires sont soupçonnées d’avoir versé d’innombrables pots-de-vin pour obtenir des marchés publics, notamment à des proches d’Edgard Alain Mebe Ngo’o, l’ancien ministre de la défense du Cameroun.

Selon le magazine, le colonel Mboutou, chargé des marchés de l’armée du Cameroun et un certain Maxime Mbangue feraient partie de ces proches de Mebe Ngo’o qui auraient été arrosés par Robert Franchitti, le patron de MagForce. Une perquisition effectuée dans les locaux de l’entreprise – spécialisée dans la vente d’uniformes, rangers, menottes, tonfa, torches – aurait laissé entrevoir qu’il rémunérait ces gradés de l’armée camerounaise en échange de contrats de vente.

Mais, le plus marquant dans le 4e numéro de cette série d’articles c’est la relation amicale que Le Point établi entre Robert Franchitti et l’actuel ministre des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o. Des interceptions téléphoniques de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) de 2014 révèlent que les deux hommes se tutoient et, surtout, que Robert Franchitti confie avoir loué un appartement sur l’ile de Jatte, à Levallois-Perret au fils du ministre, Didier Mebe. Il lui aurait également offert un frigo neuf pour son appartement. Une preuve de la force de leur association qui durerait « depuis dix ans ».

Le Point conclut son article en soulignant avoir tenté en vain de contacter le ministre Mebe Ngo’o.

Le journal dévoile également un mail de décembre 2011 qui aurait été envoyé par un responsable de la police camerounaise à Robert Franchitti: « Bonsoir Monsieur Robert, voici les numéros utiles pour les virements des commissions à la hiérarchie de la police ». «Des précautions superflues d’hommes en tenue qui ne s’encombrent pas de discrétion dans leurs échanges», comment Le Point.

Source: journalducameroun.com

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