ABUS DE POUVOIR : Un magistrat retraité sème la terreur à Yaoundé

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Les populations du quartier Santa Barbara accusent Pierre Marie Mviena d’atteinte à la propriété foncière et de nuisance sonore. L’ancien procureur général près la Cour d’Appel de l’Est reste inflexible.

Avec ses ruelles décorées, ses villas et immeubles ultramoderne, Santa Barbara fait partie des quartiers chics de la ville de Yaoundé. Il s’agit pourtant d’un calme précaire. Autrefois solidaires, les habitants cette agglomération située au Nord de la capitale politique, vivent depuis quelques mois un calvaire. La faute au sieur Pierre Marie Mviena, ancien procureur général près la Cour d’Appel de l’Est qui, au lieu-dit Nkolmitag 2, exploite de manière abusive les biens fonciers et immobiliers de son voisinage, en dépit des sommations qui lui sont adressées par les autorités compétentes.

Le 30 juin 2017, Micheline Tchimdou Mekiage, huissier de justice à la 6e charge près la cour d’Appel du Centre et les tribunaux de Yaoundé, a été saisie par Mme Cécile Ebobisse, cadre administratif retraité, propriétaire d’un immeuble bâti au lieu-dit Santa Barbara à Yaoundé. On y apprend, du procès-verbal de constat, que «ledit immeuble ceint d’une clôture de matériaux définitifs est mitoyen de la propriété de sieur Mviena Pierre Marie» d’une part.

Et que, par ailleurs, «ce dernier exploite le mur de sa concession pour des besoins personnels, en obstruant la voie publique, orchestrant des nuisances sonores». En outre, l’ancien magistrat à la retraite a planté un safoutier non loin de ce mur et les feuilles mortes se déversent dans la concession de Mme Ebobisse. Il y a quelque temps, celui-ci en trompant sa vigilance y a installé des chaises et des tabourets sous le fallacieux prétexte de faire de cet endroit un jardin paradisiaque. Mais, à la surprise générale, c’est plutôt «une grande chapelle, émettant des musiques religieuses assez fortes à longueur de journée en perturbant la paix et la quiétude » des riverains. Pis encore, l’ancien procureur général près la Cour d’Appel de l’Est a passé des tuyaux gava (en matière plastique) d’eau de couleur blanche sur le mur de sa clôture.

GOUVERNEUR

D’autres constatations sont faites en arrivant sur les lieux. Il est noté que le sol arrière de la clôture est de couleur rouge. Une petite maison en barres de fer y est construite peinte de couleur jaune blanche. Plusieurs pancartes représentant des hommes accrochés sur des barres de fer sont perceptibles, y compris des balafons, un écran noir avec des bandes passantes rouges, une statue mariale bleue et une statue de lion de couleur marron. Sur le mur, la présence de deux lampes électriques rondes de couleur blanche.

Avant le constat d’huissier, Mme Ebobisse et son époux ont adressé, le 20 juin 2017, une correspondance au gouverneur de la région du Centre avec pour objet : «Utilisation abusive du mur de notre domicile, obstruction de la voie publique/Nuisances sonores». Les auteurs de cette lettre de protestation prennent d’ailleurs soin d’énumérer les conséquences des comportements indélicats de sieur Mviena. «La société Hysacam n’arrive plus à nous débarrasser de nos ordures ménagères. La chaussée étant occupée par la chapelle, il est devenu difficile de manoeuvre les camions, le passage étant devenu étroit», s’indignent-ils. En de poursuivre leur chapelet de récriminations avec des termes forts. En effet, «dès le matin, le quartier est réveillé par les sonorités de musique religieuses qui sont distillées tout le long de la journée (6h-22h), perturbant ainsi le repos des uns et des autres»; sans oublier que des messes sont organisées à cet endroit au mépris du voisinage.

ALTERCATIONS

De nombreuses altercations ont eu lieu entre Pierre Marie Mviena et ses voisins. C’est ainsi que par courrier du 15 novembre 2016, à la demande de l’une de ses voisines, Mme Madeleine Ngaba, les services techniques de la Communauté urbaine de Yaoundé ont fait une descente sur les lieux, marquant une croix en vue de la démolition. Mais, contre toute attente, «l’intéressé s’est empressé d’effacer la croix et la démolition n’a pas eu lieu».

Le 29 mai 2017, des riverains ont organisé une concertation, après avoir tenu informé le chef de 3ème degré, M. Roland Mani. Au regard de ce qui précède, les habitant de Nkolmitag sollicitent l’intervention du gouverneur du Centre, «afin qu’il soit mis fin aux agissements malsains de Pierre Marie Mviena». Ladite lettre avait pour ampliations la communauté urbaine de Yaoundé, la mairie de Yaoundé 6ème, le commissariat du 6ème, le chef de quartier de Nkolmitag et la Commission des Droits de l’Homme.

Jusqu’ici, il est noté qu’une timide réaction des pouvoirs publics. Pour essayer de désamorcer la bombe, le préfet du département du Mfoundi a adressé une correspondance en date du 7 août 2017. Dans ladite lettre avec pour objet «Convocation administrative», le chef de terre demande aux parties en conflit de «bien vouloir prendre part à la séance de travail relative aux travaux de la commission départementale ad hoc d’enquête foncière créée suivant arrêté n°007459 DU 13 juillet 2017». Malheureusement, sieur Pierre Marie Mviena n’a pas cru devoir déférer à cette convocation. Une attitude de défiance que les pouvoirs publics digèrent mal.

© Repères : Jean Robert Fouda

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