Cameroun: Le gouvernement promet une rentrée scolaire sans couacs à Bamenda et Buea

0
58

Issa Tchiroma Bakary,le ministre de la Communication, Porte parole du Gouvernement a donné lundi dernier les assurances que les dispositions sont prises pour une reprise sereine lundi prochain.

Une série de mesures du gouvernement afin de rassurer les populations inquiètes par l’appel au boycott de la rentrée scolaire dans la partie anglophone du pays a été annoncée.

L’intégralité des propos du porte-parole du gouvernement camerounais:

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Le 04 septembre prochain, nos enfants inscrits dans les niveaux d’enseignement maternel et primaire d’une part, et dans les enseignements secondaires d’autre part, reprennent le chemin de l’école sur l’ensemble du territoire national, pour le compte de l’année scolaire 2017/2018. C’est donc un moment dont l’importance n’est plus à démontrer, en raison du rôle primordial que joue l’éducation dans la construction intellectuelle, sociale et culturelle de la jeunesse, qui constitue le fer de lance de notre nation.

À quelques jours seulement de cette importante échéance, quel est l’état des préparatifs sur le terrain et quelles sont les mesures prises par le Gouvernement pour garantir le bon déroulement de ladite rentrée et de l’année scolaire dans son ensemble ?

Tel est l’objet de notre échange auquel je vous ai conviés cet après-midi.

Je voudrais donc vous souhaiter à toutes et à tous, une chaleureuse bienvenue à cette occasion.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais tout d’abord, pour planter le décor, faire un bref retour sur le bilan de l’année scolaire 2016/2017 qui vient de s’achever.

Je présenterai de ce point de vue, le bilan dans le secteur de l’éducation de base, et ensuite, celui enregistré au niveau des enseignements secondaires.

Ainsi, pour ce qui est de l’éducation de base, en termes des différents examens et concours organisés dans ce secteur pour le compte de la session 2017, les pourcentages de réussite se présentent comme suit : 78,09% de taux de réussite au Certificat d’Études Primaires ; 77,86% au First Leaving Certificate ; et 73,44% de taux de réussite au Common Entrance Examination.

Pour ce qui est des Enseignements Secondaires, la session 2017 a enregistré les résultats ci-après, selon les grands ensembles qui composent cet ordre d’enseignements, soit au total 27 examens et concours : 67,94% de taux de réussite aux examens organisés par la Direction des Examens, des Concours et de la Certification ; 42,08% pour les examens de l’Office du Baccalauréat du Cameroun ; 29,21% de taux de réussite pour les examens relevant du Cameroon General Certificate of Education Board – le GCE Board.

Au regard de ces statistiques, on peut donc noter que l’année scolaire 2016/2017 s’est achevée sur une note de satisfaction globale dans huit des dix régions administratives du pays.

Dans l’enseignement supérieur, l’année académique 2016/2017 s’est, elle aussi, terminée dans des conditions appréciables, aussi bien dans les institutions universitaires publiques que privées, à l’exception toutefois des Universités de Buea et de Bamenda, ainsi que les Instituts Privés d’Enseignement Supérieur dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

À l’heure actuelle, les Universités d’État sont en vacances, à l’exception des Universités de Bamenda et de Buea, où la situation est revenue à la normale, mais qui ont été autorisées à prolonger l’année académique, afin de respecter le taux de couverture des programmes d’enseignement, à la suite des perturbations qu’ont connues leurs activités académiques respectives au cours de l’année académique 2016/2017.

À ce jour, Le calendrier académique de l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur pour le compte de l’année 2017/2018 a d’ores et déjà été publié.

Pour revenir à la situation dans le secteur de l’Éducation de Base et celui des Enseignements Secondaires, un constat s’impose : celui d’une baisse substantielle des taux de réussite aux examens du GCE.

Cet état de choses est pour une part déterminante, à mettre à l’actif de la situation socio-politique qui a prévalu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, suite aux revendications formulées par certains Avocats et syndicats d’Enseignants de première langue d’expression anglaise et aux perturbations qui s’en sont suivies, avec une incidence malheureuse sur le déroulement normal des activités scolaires.

Ainsi, je rappellerai, pour une fois de plus le regretter et le dénoncer au nom du Gouvernement, que l’activité scolaire dans ces deux Régions a été paralysée par des exactions inadmissibles ayant rendues les établissements scolaires inaccessibles aux élèves et au personnel enseignant.

Des mots d’ordre de grève suivis de manœuvres d’intimidation et de violence physique ont en effet été perpétrés causant des dommages physiques sur de jeunes enfants, détruisant des bâtiments et des établissements scolaires entiers, et entravant le déroulement normal des activités dans ces deux régions.

Au total, les populations ont été terrorisées, et les familles ont fini par sombrer dans une psychose générale ; ce qui a contribué à une désertion quasi-totale des milieux scolaires par les jeunes enfants.

Et pourtant, dès que les premières revendications se sont exprimées dans ces deux Régions, le Gouvernement, sur Très Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Président

de la République, est allé à la rencontre des leaders de la contestation.

À plusieurs reprises, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a personnellement présidé des sessions de travail à cet effet, en parfaite interaction avec les acteurs de la contestation.

Le Directeur de Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, ont, chacun dans les domaines qui leur ont été assignés, conduit des négociations portant sur l’examen de chacun des points soulevés.

Dans le secteur éducatif précisément, les Ministres de l’Enseignement Supérieur, des Enseignements Secondaires et de l’Éducation de Base, ont à chaque fois participé à ces négociations et pris une part active à la recherche de solutions consensuelles avec les leaders des revendications.

C’est le lieu ici de rappeler qu’ayant pris connaissance du rapport que le Premier Ministre, Chef du Gouvernement lui a adressé, en ce qui concerne les solutions concertées aux problèmes soulevés par les syndicats d’enseignants d’expression anglaise, le Chef de l’État a pris des mesures concrètes allant dans le sens de la réponse aux revendications.

À ce jour et sans pour autant être exhaustif, les mesures suivantes ont été mises en application ou sont en cours

d’application. Je citerai notamment : le déblocage par le Ministre des Finances de la subvention spéciale de deux milliards de francs CFA ; l’intégration dans le corps des personnels de l’Education Nationale des enseignants ayant exercé comme contractuels depuis 2005/2006 ; l’affectation de 1552 diplômés de l’Ecole Normale Supérieure et de l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique – l’ENSET – de Bambili dans les lycées et collèges du sous-système anglophone ; le transfert par le Ministre des Enseignements Secondaires des enseignants entre les deux sous-systèmes, en fonction de leur maitrise de la langue correspondante ; la création d’un département de langue moderne française à l’université de Bamenda ; le recrutement en cours de 1000 diplômés bilingues dans les matières scientifiques et techniques ; l’élaboration, en vue de leur signature, des textes visant la création de l’ENSET d’Ebolowa dans le but de décongestionner celles de Kumba et de Bambili ; l’élaboration, en vue de leur signature, des textes visant la création d’un institut polytechnique à l’Université de Bamenda.

À ces mesures prises au plus haut niveau de l’État, se sont ajoutées des dispositions que les Départements ministériels compétents ont mis en œuvre au cours de l’année scolaire dernière, alors que certains agitaient déjà le spectre d’une année blanche.

Ces actions ont permis de sauver l’essentiel, à savoir l’organisation des examens et concours officiels dans les conditions de sécurité optimale.

Je signale, même si cela n’a pas à première vue une incidence directe sur le secteur éducatif, que d’importantes réformes et mesures ont été également prises par le Chef de l’État dans le secteur judiciaire et la formation des magistrats à l’ENAM, qui ont répondu de manière favorable aux revendications exprimées par certains Avocats de première langue d’expression anglaise.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

C’est donc dans ce contexte globalement satisfaisant, mais marqué par la situation socio-politique ayant prévalu dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, que s’annonce la rentrée scolaire et universitaire 2017/2018 dans notre pays.

Je m’en vais à présent vous présenter les dispositions prises par le Gouvernement pour assurer une réussite optimale de cette échéance elle-même capitale.

S’agissant de l’Éducation de Base, les mesures suivantes ont été prises au plan administratif et au niveau central : la signature conjointe et la mise à la disposition des services déconcentrés, du calendrier scolaire de l’année 2017/2018 ; la publication de la liste officielle des manuels scolaires ; la mutation des personnels enseignants ; la nomination des directeurs d’école et des maîtres d’application ; la création de 150 nouvelles écoles primaires; la transformation de 18 écoles primaires et la scission de 164 écoles primaires et maternelles ; la fermeture de 299 établissements scolaires privés clandestins ; la tenue de la réunion de la commission nationale de l’enseignement privé ; la tenue de la réunion de concertation des responsables de services centraux et déconcentrés préparatoire à la rentrée scolaire 2017/2018 ; la finalisation imminente du processus de contractualisation de 2 970 instituteurs de l’enseignement général ; la mise en place des équipes chargées de la rentrée scolaire 2017/2018 dans les régions ; la supervision pédagogique des Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest qui s’est déroulée du 16 au 19 juillet 2017 ; la prise en solde effective des maîtres des parents contractualisés, de la deuxième vague du programme en cours pour la contractualisation des maîtres des parents, avec l’appui financier du partenariat mondial pour l’éducation ; le déploiement de la Brigade de contrôle dans le cadre de la lutte contre la corruption dans les dix régions.

Toujours au plan administratif, mais au niveau régional, le Ministère de l’Éducation de Base a procédé au renforcement de la collaboration à tous les niveaux des services déconcentrés, entre les différents maillons et les partenaires sectoriels, au redéploiement des enseignants en sureffectif, au redéploiement et à la sanction de tous les enseignants ayant brillé par leur absence ou ayant adopté un comportement non conforme à l’éthique et à la déontologie professionnelles.

Sur le plan pédagogique et s’agissant en particulier des Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, il a été prévu d’organiser les cours de rattrapage pendant les deux premiers mois de l’année scolaire 2017/2018, au bénéfice de tous les élèves. Un plan de travail relatif au réajustement des emplois de temps et des plannings séquentiels d’activités a été élaboré, en relation avec les responsables de la chaîne pédagogique des deux régions concernées.

D’autres mesures ont été également prises au plan financier, concernant notamment une délégation de crédit d’un montant de 2 milliards 85 millions 553 mille francs CFA pour l’acquisition du paquet minimum, la répartition de la subvention publique d’un montant d’un milliard 852 millions 990 mille francs CFA et le paiement effectif des crédits de fonctionnement aux écoles publiques à hauteur de 4 milliards 835 millions 204 mille francs CFA.

Au plan infrastructurel, 969 salles de classe ont été construites et équipées, 36 écoles primaires publiques réhabilitées et 18 372 table-bancs acquis pour le compte des écoles publiques.

Pour ce qui est des enseignements secondaires et au chapitre des actions déjà réalisées, on peut citer la publication du calendrier de l’année scolaire 2017/2018, la publication de la liste des manuels scolaires, la publication de la circulaire portant instruction relative à la conduite de l’année scolaire, la répartition de la subvention financière de l’État aux établissements privés, la fermeture de 61 établissements scolaires clandestins, la mutation des personnels enseignants dans les différents établissements scolaires, ainsi que les nominations des responsables des services centraux et déconcentrés du Ministère des Enseignements Secondaires.

D’autres actions sont à mener dans les tout prochains jours au nombre desquelles figurent le lancement le 04 septembre 2017 à Buea, de l’année scolaire 2017/2018 par le Ministre des Enseignements Secondaires en personne, pendant que plusieurs de ses collaborateurs de haut rang procèderont au même lancement dans d’autres localités, du suivi des sectorielles régionales dans les dix Régions, ou encore de la réorganisation pédagogique dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Des visites de travail seront également organisées dans toutes les Régions, et principalement dans celles de l’Est, du Nord-ouest, du Sud-ouest et de la partie septentrionale du pays ; l’objectif étant de donner à la communauté garanties d’une rentrée scolaire effective le 04 septembre 2017, de remobiliser cette même communauté sur la nécessité d’envoyer les enfants à l’école, d’harmoniser les points de vue entre les services et les collaborateurs des services déconcentrés et les différentes autorités locales, d’analyser les modèles d’admission des élèves des classes intermédiaires en classes supérieures, et d’identifier les stratégies d’encadrement et d’accompagnement de ces élèves au cours de la nouvelle année scolaire.

Je voudrais ajouter que d’autres mesures destinées à la préparation de la rentrée 2017 sont intervenues dans le prolongement des décisions du Chef de l’Etat et en réponse aux revendications exprimées par les syndicalistes.

Je citerai pour l’essentiel, la poursuite du redéploiement des enseignants des matières techniques dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, et des enseignants affectés dans un sous-système ne correspondant pas à leurs qualifications ou à leurs aptitudes pédagogiques et linguistiques ; la mise en place d’un plan de rattrapage des cours et autres activités pédagogiques dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ; la production de toutes les épreuves en versions anglaise et française pendant les examens blancs, la mise sur pied d’un comité central chargé de déterminer les stratégies à mettre en œuvre pour le relèvement du niveau des élèves dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ; la mise en œuvre des comités locaux chargés de la sensibilisation des parents pour le retour effectif des élèves à l’école le 04 septembre 2017 dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Au plan sécuritaire, les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité, les responsables municipaux, les élites et autres autorités morales, les syndicats et l’ensemble de la communauté éducative sont tous mobilisés à l’heure actuelle pour que cette rentrée scolaire se déroule en toute sérénité et que la sécurité des familles, des biens et des édifices publics soit pleinement assurée.

Des activités de communication vont également être menées sous mes auspices, conjointement avec les ministères sectoriels concernés, afin de sensibiliser tous les acteurs sur l’impératif de conduire une rentrée scolaire sans aspérités et créer toutes les conditions pour une année scolaire parfaitement normalisée.

Comme vous le voyez, Mesdames, Messieurs les Journalistes, le rôle de la presse est tout aussi primordial que celui des acteurs opérationnels du secteur de l’éducation.

e vous exhorte d’ores et déjà à vous y prêter dans l’intérêt supérieur de notre jeunesse et celui de l’avenir de notre pays.

Je vous remercie de votre aimable attention.

© Actu-plus.cm : La Rédaction

Facebook Comments