Cameroun: Philemon Yang,Laurent Esso, Foumane Akame et Adolphe Moudiki interdits de retraite

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Frappés par la limite d’âge depuis 15 ans pour certains, le président de la République maintient ses amis dans la fonction publique jusqu’en 2019.

Les autres magistrats sont mis au repos illico presto. On ne gouverne qu’avec les hommes qu’on connait. Ce principe cher au président de la République (84ans) vient à nouveau de se démonter. En prenant un arrêté qui maintien en poste certains acteurs de la magistrature, Paul Biya reste fidèle à sa logique qui voudrait que la retraite n’ai un sens que pour certains. Il vient ainsi d’accorder une prolongation à certains hauts magistrats qui ont depuis longtemps passés l’âge de la retraite qui est de 65 ans pour ce corps.

A la faveur d’un arrêté présidentiel du 09 juin 2017, Adolphe Moudiki, 79 ans, magistrat hors hiérarchie, Administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), vient de recevoir une prolongation de trois ans. Lui qui était censé remettre son tablier le 10 décembre 2016, doit désormais le faire en 2019. Dans le même cas, Laurent Esso 75 ans, magistrat hors échelle, actuel ministre de la Justice garde des sceaux. Le natif de Douala en 1947 n’ira à la retraire que le 10 aout 2019. Soit deux mois après Philémon Yang dont la prolongation de trois ans prend fin le 10 juin.

En dehors d’eux, d’autres édiles devraient aussi «faire valoir leurs droits à la retraite», selon la formule consacrée. Parmi les plus connus, le premier président de la Cour suprême, Daniel Mekobe Sone. A l’instar de cet homme d’une soixantaine d’années, Jean Foumane Akame 80 ans, magistrat hors hiérarchie, Bah Oumarou Sanda, ambassadeur du Cameroun au Tchad depuis 2008, Florence Rita Arrey 71 ans, première femme camerounaise á présider une Cour d’appel au Cameroun.

Par ailleurs, l’arrêté du president de la République laisse constater que depuis 2015, certains juges devraient être exclus des listes de la fonction publique. Mais, l’acte pris par le chef de l’Etat au mois de juin dernier leur octroie officiellement 4 années supplémentaires.

Ils gardent donc leurs statuts de magistrats jusqu’en 2019. Il s’agit des magistrats hors hiérarchie Ateba Ombala Marc ; Manga Moukouri ; et Ayuck Lucy épouse Asuagbor. D’autres, souvent moins âgés, sont mis à la retraite illico presto. Une politique de deux poids deux mesures que seul le chef de l’Etat, par ailleurs président du conseil supérieur de la magistrature, peut justifier. Cette pratique qui ne se limite pas au seul corps des magistrats est à l’origine de nombreuses frustrations dans la fonction publique.

© Source: Baromètre : Christian Djimadeu

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