Cameroun : six ans que le bébé de Vanessa Tchatchou a disparu

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Janvier 2012. Vanessa Tchatchou a déjà passé cinq mois sur son lit de l'hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso, dans l'attente de son bébé volé. ©Droits réservés

Janvier 2012. Vanessa Tchatchou a déjà passé cinq mois sur son lit de l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso, dans l’attente de son bébé volé. ©Droits réservés

La jeune fille, qui vient d’obtenir son Baccalauréat, reste convaincue que sa fille est en vie.

Le 20 août 2011, Vanessa Tchatchou élève de 17 ans, accouche d’une petite fille à l’hôpital gynéco obstétrique et pédiatrique de Ngousso (Yaoundé). L’adolescente a à peine le temps de se remettre de la douleur de l’enfantement qu’on lui apprend, quelques heures après, que son bébé a disparu. Celui-ci avait été placé en couveuse en raison de son poids jugé trop faible (mois de deux kg).

L’hôpital l’en informe sentencieusement. Vanessa n’y croit pas. Ce n’est qu’après plusieurs heures  qu’elle réalise ce qui lui arrive. Dans les pleurs, l’adolescente nage en pleine confusion. Un, deux… sept jours passent et toujours pas de nouvelles du bébé. Vanessa continue d’attendre une réponse, une explication. Mais, personne ne lui dit rien sur ce qui s’est réellement passé. Comment le bébé a-t-il pu être volé alors qu’il avait été placé en salle de couveuses, supposée sécurisée ? La question demeure encore aujourd’hui…

Malgré les pressions et les humiliations de quelques employés de l’hôpital, Vanessa refuse de quitter son lit d’hôpital. Elle est convaincue que la formation hospitalière en sait plus qu’elle n’en dit sur la disparition de sa fille. Cinq mois passent avant que son histoire commence à faire la Une des journaux. Touchés, des internautes se mobilisent et lancent des campagnes de soutien à Vanessa. Des personnalités se mobilisent pour faire pression sur le gouvernement afin que le bébé de Vanessa lui soit restitué. Des manifestations, parfois violemment réprimées, ont lieu devant l’hôpital. Des Camerounais de la diaspora se mobilisent pour protester contre cette injustice.

L’adolescente est désormais plus déterminée que jamais. « Je ne sortirai pas de cet hôpital sans mon bébé », déclare-t-elle  le dimanche 15 janvier 2012. Il en sera autrement. Un mois plus tard, dans la nuit du lundi 12 mars 2012, elle est expulsée de force de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso par des policiers. Ceux-ci la délogent brutalement  de son lit pour la jeter de force chez elle. En état de choc, Vanessa est conduite par sa famille dans une autre formation hospitalière. Trois jours avant cette expulsion, le Pr Angwafor a été nommé à la tête de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso, en remplacement du Pr Doh Sama, le nouveau directeur général ayant pour mission de « rétablir l’ordre et la réputation des lieux ».

Bachelière malgré tout

Sur le volet juridique, des coupables ont été désignés et condamnés. Les enquêtes ont révélé que l’enfant était décédé. Des tests ADN commandés par le gouvernement ont établi que l’enfant présenté comme étant celui de Vanessa, et recueilli chez une magistrate citée dans l’affaire, n’était pas le sien. Cependant, des incohérences et des mystères demeurent sur cette affaire.

Aujourd’hui, Vanessa a 23 ans et vient d’avoir son Baccalauréat (session 2017). Pour en arriver là, sa mère a dû l’éloigner de toute la déferlante médiatique qui s’est créée autour d’elle. Mais, six ans après, l’émotion reste vive pour Vanessa Tchatchou qui continue de croire son enfant en vie. « Tu as aujourd’hui six ans bébé. Je ne t’ai jamais vu. Les plus forts du monde t’ont récupérée. Mais je sais une chose, ils ne sont pas plus forts que Dieu », lui a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

Source: Journalducameroun.com, Irène Fernande Ekouta

 

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