Can Cameroun 2019 – « Complot »: Programmé pour échouer

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Tel est pris qui croyait prendre, le plan machiavélique concocté par Ahmad Ahmad et sa clique pour faire retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun ne va pas prospérer. La Caf et son président ont sous-estimé l’adversaire, et mal leur en prendra.

C’eut été trop flagrant de retirer l’organisation de cette compétition au pays d’Issa Hayatou au seul motif de la rancœur, il fallait trouver un prétexte, une stratégie malicieuse qui consiste à reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre. Une manière très subtile d’arrondir les angles afin que le Cameroun, incapable qu’il serait d’honorer le nouveau cahier des charges plus contraignant que le précédent, aille lui-même tomber avec sa lourde charge (traduction littérale de l’éwondo « Cameroun émièn a ke kou’ou ê mbeg woué »)… Mais cela ne se peut pas, même si la Caf emprunte une demi-douzaine de stades, la Can aura bel et bien lieu au Cameroun et à bonne date. Les Camerounais sont un peuple chauvin fier et jaloux de sa liberté, comme le consacre son hymne national.

Les compatriotes de Roger Milla ont le patriotisme à fleur de peau et aiment les défis. Ce mépris notoire de la Caf à l’égard de notre cher et beau pays va sus- citer un élan patriotique à nul autre pareil. L’expérience a montré que c’est lorsqu’ils sont dos au mur que les compatriotes de Paul Biya se surpassent et opèrent des miracles. Les exemples sont légion. Les Zaïrois en ont fait les frais face au Canon de Yaoundé qu’ils ont osé venir défier à domicile au match-aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions de football. Ils n’ont eu qu’un soupir «Bana ba Cameroun ba zala ki sorciers» (Ces Camerounais sont des sorciers). L’Argentine de Maradona, au sommet de sa gloire et de son art, l’a aussi appris à ses dépens. Championne du monde en titre, l’Albiceleste a été battue 1-0 par les Lions Indomptables pourtant réduits à 9 contre 11, et qui avaient finalement atteint les quarts de finale de la Coupe du monde 1990. Tout récemment au Gabon, malgré la défection de nombreux titulaires, l’équipe C a remporté la Can 2017 devant les favoris des médias, de la Caf et de la Fifa. La bible dit que «Derrière chaque obstacle se cache une surprise. Après l’épreuve, la couronne».

Qui s’y frotte s’y pique

Oser ourdir un complot contre un tel peuple relève de l’impéritie. Les Camerounais sont à l’aise quand on leur lève des balles pour qu’ils viennent frapper dedans. Dans cet exercice ils sont imbattables et inégalables. Leur mantra de motivation est «Impossible n’est pas Camerounais», et «Touche pas à mon pays» leur antienne. Qui s’y frotte s’y pique. C’est faire preuve de manque de fairplay que de continuer de frapper un adversaire au sol. Quelle éthique sportive Ahmad Ahmad va-t- il inculquer aux footballeurs africains ? Celle des crocs-en-jambe, des tacles par derrière, des matches truqués, des arbitres corrompus… ?

La victoire d’un challenger contre un favori devrait-elle se transformer en une haine viscérale contre le perdant et son pays au point de vouloir effacer par un coup de baguette magique tout le bilan de son prédécesseur ? Et de fait, le bilan des 29 ans de Issa Hayatou à la tête de la Caf est-il aussi négatif que veut le faire croire la nouvelle équipe ? N’y a-t-il pas eu d’avancées significatives et importantes ? L’on attend Ahmad Ahmad au niveau des idées novatrices et non au niveau des querelles de personnes. A-t-il été élu pour faire l’audit de la gestion de son prédécesseur ou pour faire avancer la Caf au simple moyen de l’alternance ? Vouloir résumer le bilan d’Issa Hayatou au seul retrait de l’organisation de la Can 2017 au Maroc n’est-il pas par trop réducteur ? N’y avait-il pas de raison objective à cela ? Un adage camerounais dit qu’on ne refuse pas le sein de sa maman parce qu’il a la gale. N’est-ce-pas le Maroc qui a refusé d’organiser la Can en 2015 par ce que les « Africains » l’Ebola et que leurs supporters allaient contaminer le pays? Comment comprendre que Ahmad Ahmad se laisse ainsi instrumentaliser par un Royaume qui s’est toujours illustré par ses velléités hégémoniques sur le continent ? N’est-ce-pas cet expansionnisme qui l’a mis au ban de l’organisation continentale – Organisation de l’unité africaine, puis Union africaine – pendant plus deux décennies ? était-ce du fait d’Issa Hayatou ou de son pays le Cameroun

Un complot continental ?

La haine contre un homme, fut-il Issa Hayatou, doit-elle se transformer en rancœur contre tout un pays le Cameroun ? Et le rôle trouble de l’Algérie dans tout ce mic-mac ? C’est par solidarité régionale, religieuse ou une équation personnelle ? Comment comprendre le silence assourdissant des autres pays africains ? Complices ou mesquins ? Une conspiration s’était déjà faite jour contre le Cameroun à la Can 1992 au Sénégal. En marge de la compétition, il fallait élire le pays organisateur de la Can 1996. Aucun candidat ne s’étant signalé, le Cameroun a présenté la sienne. C’est à ce moment que les pays anglo-saxons ont sus- cité et obtenu la candidature du Kenya, juste pour faire barrage à celle du Cameroun. Après avoir été élu haut la main, le Kenya jeta l’éponge en 1993 arguant qu’il n’avait pas les moyens d’organiser la Can.

C’est ainsi que l’Afrique du Sud au pied levé obtint l’organisation de sa première Can. Pourquoi avoir d’abord fait obstacle au Cameroun ? Parce que le pays de Thomas Nkono a l’outrecuidance de gagner toutes ses Can à l’extérieur ? Parce qu’il a produit le plus grand nombre de ballons d’or africains? En tout cas, si ce n’est pas un complot continental ça y ressemble, car plus qu’un acharnement, il s’agit d’un harcèlement. Et ça, les Camerounais ne peuvent l’admettre. Toutes affaires cessantes, pour emprunter au jargon du Rdpc, ils vont se mobiliser comme un seul homme pour accueillir les autres 23 participants de la Can avec faste et dignité. Ils vont leur «faire ça cadeau» et les mettront tous «dans la sauce» même si le Fmi crie. Il y va de l’honneur de tout un pays qu’on veut piéger pour qu’il échoue. Mais à leur corps défendant c’est le complot des conspirateurs qui est programmé pour échouer.

Source: Signatures, Sylvain Papoul Mbiama Efoudou

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