Crise anglophone: Le procès des activistes et le péril sur la rentrée scolaire

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Contestation des anglophones au Cameroun

L’ouverture le 27 juillet 2017 des débats dans le procès qui oppose Mencho Bibixy et 25 autres activistes pour outrage à la République et troubles à l’ordre public, dans le cadre de ce qui est trivialement appelé « la crise anglophone », a renforcé la psychose dans les parties anglophones du pays.

Et d’aucuns redoutent déjà une rentrée scolaire encore perturbée dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. On savait de tractations en cours en vue de trouver des passerelles à la libération des activistes arrêtés à la suite des soulèvements populaires dans les 2 régions anglophones du pays, parmi lesquels ceux qui avaient mis le feu aux emblèmes de l’Etat. En ouvrant les débats au fond dans le procès qui oppose l’activiste Mencho Bibixy et 25 autres co-accusés, arrêtés dans la cadre des manifestations qui avaient émaillé les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest courant novembre et décembre 2016, au sujet des revendications dites anglophones, le pouvoir judiciaire entend affirmer sa fermeté face à ces dérives qui avaient mis à mal l’autorité de l’Etat dans ces 2 régions.

Au cours des échanges ouverts devant le tribunal militaire de Yaoundé le 27 juillet dernier, du reste la toute 1 ère audience consacrée au fond de l’affaire, les débats se sont achoppés sur l’application ou non du Code de procédure pénale nouvellement adopté au Cameroun, ou sur le Code d’instruction criminelle. Après plus de 3 heures d’échanges, l’affaire a été renvoyée au 30 août 2017, pour la poursuite des débats. Rentrée scolaire 2017-2018 Une décision judiciaire qui, vraisemblablement, ne manquera pas d’influence sur la prochaine rentrée scolaire. En effet, dans les milieux éducatifs du Nord-ouest en particulier, une campagne de sensibilisation en vue des inscriptions des élèves est lancée depuis quelques jours, particulièrement dans les établissements confessionnels.

A l’observation, beaucoup de parents ne se pressent pas pour inscrire leurs progénitures, l’année écoulée ayant été sérieusement perturbée par la valse des revendications qui avaient conduit à la fermeture volontaire de la quasi-totalité des établissements relevant de l’ordre confessionnel, par peur de représailles sur les infrastructures. Dans ces établissements confessionnels, les taux d’inscription restent assez faibles, malgré de nombreux appels lancés au cours des célébrations œcuméniques.

Quant aux établissements laïcs, la quasi-totalité d’entre eux reste encore fermé, tout comme les établissements publics où, on le sait, les responsables sont encore en vacances. A en croire des indiscrétions qui filtrent des milieux des parents, la libération des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations violentes des revendications anglophones, actuellement détenues pour la plupart à la prison centrale de Yaoundé, aurait permis de déclic à la consolidation de la paix sociale retrouvée depuis quelque temps. Ce qui aurait encouragé les parents d’envisager les inscriptions de leurs enfants. Pour nombre d’observateurs, le choix des autorités judiciaires de juger les personnes arrêtées à la suite des manifestations violentes de Bamenda, dont de nombreux élèves, pourrait avoir pour conséquence, de relancer les revendications et de diluer les efforts actuellement engagés pour faciliter le retour à l’école dès la rentrée prochaine.

A Bamenda, personne ne se fait d’illusion sur la gravité des peines qu’encourent les mis en cause, au regard des charges retenues à leur encontre par le commissaire du gouvernement. Des craintes que tentent d’apaiser les autorités publiques et les responsables d’établissements scolaires, particulièrement ceux des établissements confessionnels, qui ne manquent pas l’occasion d’appeler les parents à inscrire leurs enfants pour la prochaine rentrée scolaire, bien que sans grande conviction. Avec l’espoir que l’audience du 30 août 2017 pourrait ouvrir une passerelle pour un apaisement général de la situation sociopolitique dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

© Source: Sans Détour, Gaby NKOT

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