DEPART A LA RETRAITE : Youssouf Hadjidja Alim défie Yang Philémon ( ?)

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Alors qu’une circulaire signée du premier ministre depuis novembre 2015 ordonne les départs systématiques à la retraire pour les personnes ayant atteint la limite d’âge, au ministère de l’Education de base, les concernés font la résistance et se braquent contre les instructions du chef du gouvernement.

Le document est en circulation depuis le 12 novembre 2015. Placardée sur les babillards de tous les départements ministériels de la République, la circulaire N° 004/CAB/PM du 12 novembre 2015 que signe Philémon Yang, relativement à la cessation de service des agents publics admis à faire valoir leurs droits à la retraite et adressée aux membres du gouvernement, rappelle la directive permanente du président de la République contenue dans l’instruction générale N°002 du 4 juin 1998.

« Les ministres doivent veiller à ce que les fonctionnaires placés sous leur autorité et admis à faire valoir leurs droits à la retraire, libèrent effectivement à temps le service et soient, lorsqu’ils exercent des fonctions de responsabilité, remplacés par leurs collaborateurs appelés règlementairement à assurer l’intérim », peut-on lire sur ledit document dont Le Messager a obtenu copie. Et le Premier ministre se voulant plus explicite martèle que « dans la perspective d’une gestion prévisionnelle des effectifs, et afin de garantir une saine application de la présente circulaire, je vous demande de faire établir au début de chaque exercice budgétaire, par les soins de vos services compétents, la liste de tous les personnels qui feront valoir leurs droits à la retraite pendant l’année de référence.

Un extrait de cette liste, répertoriant les personnels exerçant des fonctions de responsabilités, sera transmis à mes Services ». Dans le cadre du suivi de toutes ces directives, le secrétaire général des services du Pm, Séraphin Magloire Fouda, dans une autre circulaire N° A974/a/SG/PM datant du 17 novembre 2015 adressée aux ministres, ministres délégués et secrétaires d’Etat, interpelle chacun à son niveau de compétence. « Ce faisant, le Premier ministre, chef du gouvernement, me charge de vous demander de vouloir bien lui faire parvenir, dans les meilleurs délais possibles, vos propositions de remplacement de l’ensemble de vos collaborateurs, frappés par la limite d’âge d’admission à la retraite, mais encore en poste dans les services centraux et déconcentrés de vos départements ministériels respectifs ».

Défiance de la hiérarchie

Deux ans plus tard, les instructions du Pm semblent tomber dans les oreilles des sourds au ministère de l’Education de base. Un cri dans la forêt pour dire le moins. Entre défiance de la hiérarchie et indifférence affichée des concernés, on a de la peine à mettre en application les injonctions contenues dans ces différents textes. En effet, confient des sources internes, pas moins de six hauts cadres de ce département ministériel sont frappés par l’atteinte de la limite d’âge. Il s’agit de messieurs: Sally, directeur du suivi de l’enseignement privé de base et secrétaire général de la Commission nationale de l’Unesco (2016); Bessong, inspecteur de Service N°2 (2015); Voundi Voundi, directeur des affaires Juridiques (2016), Houloug Isaac (2016), Owo Tsogo, directeur de la Planification des Projets et de la coopération (2016)et Emog Valentin, directeur des ressources humaines, nommé depuis juillet 2016, chargé de mission dans les Services du premier ministre et qui continue à cumuler des responsabilités.

La hiérarchie complice ?

Ces différents responsables, qui ne sont pas les seuls, apprend-on, « viennent au travail comme et quand ils veulent ». Pendant ce temps, les autres cadres qui attendent impatiemment leurs nominations, rongent leurs freins. Dans l’entourage du ministre, on l’accuse de couvrir des agents qui ont atteint l’âge de la retraite mais manigancent parfois avec la complicité de leur hiérarchie directe, pour rester en exercice. Un important réseau ayant des ramifications bien huilées jusqu’à la Primature aurait imposé son diktat au Minedub au point où cette violation de la Loi est devenue quelque chose de banal. Or, le 2 novembre 2015, le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, Michel Ange Angouing, a adressé la note N° 000588 N/Minfopra/Sg au ministre de l’Education de base.

Lignes budgétaires

Question de rappeler les directives du Pm lors du conseil de cabinet du 29 octobre 2015 qui s’étonnait de ce que des personnes ayant atteint la limite d’âge, continuent d’occuper « irrégulièrement » des postes de responsabilités. Alors même que l’article 123 du Statut général de la Fonction publique de l’Etat (Sgfpe) indique que : « l’admission à la retraite marque la fin normale de la carrière du fonctionnaire et lui ouvre droit à une pension payée par le Trésor public ou toute autre caisse de retraite dans les conditions fixées par le décret du président de la République.

Elle intervient d’office, lorsque le fonctionnaire est atteint par la limite d’âge, quelle que soit la fonction administrative qu’il peut exercer en vertu d’un acte individuel ou collectif, sous réserve des dispositions des statuts particuliers ou spéciaux (…) ». Dans la foulée, on apprend que le Minedub, à l’effet de « résoudre » ce problème, a pensé juste, malgré la grogne de ses collaborateurs, de désigner le Secrétaire général comme gestionnaire des lignes budgétaires des différents responsables cités plus haut. Toute chose qui rend l’administration lourde non sans ouvrir la voie à des goulots d’étranglement. A suivre !

© Source : Le Messager : CT

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