Crise anglophone: un plan machiavélique du Sdf dévoilé

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Le président régional du SDF dans le Littoral, Jean Michel Nintcheu, projetait d’organiser un meeting et une marche le samedi 21 octobre 2017 à Douala, et ce malgré l’interdiction formelle du sous-préfet de Douala 1er.

Manifestement, le SDF (Social Démocratic Front) voulait jouer au «jeu du chat et de la souris » avec les pouvoirs publics. Les faits parlent d’eux-mêmes. L’initiateur de ce projet, en homme de loi, s’entoure, bien évidemment de toutes les garanties administratives prévues par la réglementation en vigueur pour donner force de loi au meeting et à la marche du SDF. Tel que la stipule le récépissé délivré le 12 octobre 2017 par le sous -préfet de Douala 1er Jean-Marie Tchakui, il s’agissait « d’exprimer la solidarité du SDF aux populations des régions du Nord- Ouest et du Sud- Ouest Cameroun »

Et conformément à la loi, Jean-Michel Nintcheu s’est engagé sans coup férir «à ne modifier ni l’objet, ni l’heure et le lieu du meeting, ni l’itinéraire de la marche sans autorisation préalable de l’autorité administrative». Mais contre toute attente, quelques jours après, le président régional du Sdf Littoral jette un pavé dans la mare. Il s’illustre par des sorties médiatiques incendiaires annonçant plutôt une manifestation de soutien au fédéralisme. Plus grave, dans un communiqué de presse rendu public le 19 octobre 2017, le sous-préfet de Douala 1er, fait allusion à la diffusion de « messages tendancieux dans les réseaux sociaux, ainsi que de divers tracts séditieux en circulation »

Des messages haineux. Bien évidemment, ces différents messages ont reçu un écho favorable auprès des partis politiques de l’opposition et autres leaders d’opinions qui font du fédéralisme leur crédo politique.

Pire encore, les réseaux sociaux ont même relayé des slogans à connotation péjorative tels que : «venez avec votre drapeau bleu et blanc »; «ce samedi, je serai en noir » « C’est une opportunité de venir dénoncer les violations des droits humains »; « il est l’heure d’agir ». En outre, il était notamment question de faire du meeting et de la marche de Douala, une plateforme de revendications apocalyptiques pour « dénoncer les prétendus massacres à grande échelle des populations civiles le 22 septembre et le 1er octobre 2017 dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest », atteste l’autorité administrative. Tout un programme en somme !

Il apparaît donc explicitement que les motivations initiales contenues dans le récépissé du 12 octobre 2017 délivré par le sous-préfet de Douala 1er sont en porte-à-faux avec les disposions réglementaires de l’article 8 de la loi 90/055 du 19 décembre 1990, portant régime des réunions et manifestations publiques. Cet article stipule formellement que quand vous déclarez une manifestation avec un objet précis, il ne vous est plus loisible, de changer à votre guise, l’objet de ladite manifestation.

L’interdiction de la marche du SDF par le sous- préfet de Douala 1er obéit scrupuleusement à la réglementation en vigueur. Peu importante les interprétations teintées de mauvaise foi de certains leaders d’opinions qui arguent que l’acte du sous-préfet Jean-Marie Tchakui était destiné à bâillonner et à phagocyter le mouvement initié par le SDF dans le Littoral. Des mercenaires intégrés.

Maintenant, ce que les réseaux sociaux n’ont pas dit et relayé et qui est d’une gravité extrême, c’est que la marche du 21 octobre 2017 intégrait des mercenaires bien voilés, dotés des armes artisanales et ayant pour mission affichée de provoquer les forces de l’ordre qui seraient tentées de tirer à balles réelles sur les dissidents pour montrer à la face du monde les bourdes et exactions multiples des forces de l’ordre camerounaises. Du coup, les initiateurs de ce plan machiavélique prendraient les organisations internationales à témoin, histoire de mettre en exergue une « prétendue militarisation du régime de Yaoundé », déterminé à décimer tous ceux qui, de près ou de loin, auraient des relents sécessionnistes.

Comment dans ces conditions, les pouvoirs publics qui s’attèlent à trouver, obstinément, des solutions pérennes d’apaisement et de consensus pour que l’ordre et la paix reviennent dans les régions du Nord-Ouest et Sud-ouest peuvent-ils se déployer avec efficience? Ce n’est pas évident. Mais il est clair que le président Biya est suffisamment outillé pour ne pas prêter le flanc à ce genre de manœuvres de bas étage.

Source: L’Anecdote N° 867

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