Garga Haman Adji : « il n y aura aucune déchirure du Cameroun »

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ENTRETIENLe président du parti politique camerounais Alliance pour la Démocratie et le Développement (ADD) donne son avis sur la crise anglophone au cours de son entretien avec une équipe de la Crtv.

Crtv : Alors le premier octobre dernier face aux troubles à l’ordre public dans les régions du Nord ouest et du sud ouest les voix se sont élevées pour dire non a la sécession oui à l’Etat unitaire, réaction d’acteur politique 

Garga Haman Adji : oui, je crois qu’on donne beaucoup plus d’importance à cette idée de sécession. J’ai parcouru le Nord-Ouest et le Sud-ouest quand le président m’y avait envoyé en janvier et les personnalités tous qui comptent le Nord-Ouest et le Sud-ouest je les ai rencontrés. Aussi bien cardinal TUMI, le fon de Bali Nyonga, Fon Mukete, Fru Ndi lui-même, Mola Njoh Litumbe, Simon Munzu, je les ai rencontrés, je les ai écoutés. Mais le résumé que j’en fais c’est que au maximum 5 % sont pour la sécession, 95 % sont contre. Mais c’est une minorité extrêmement agissante issue de ceux qui avaient votés contre le plébiscite en 19961. Et donc c’est une sorte de continuation. Pour moi les manifestations surtout qu’elles sont bigarrées, quand vous prenez les avocats d’un côté, les enseignants d’un autre. Ils m’ont expliqué qu’ils ont effectivement des problèmes, je leur donne raison. Ils ont parlé de la marginalisation, et tels qu’ils m’ont cités comme exemple, une route Babadjou-Bamenda j’ai mis 5 heures pour faire 100 km, moi-même je suis le premier à savoir

Crtv : Il ya des problèmes réelles, monsieur le président comment est ce que vous réagissez à la tournure des évènements aujourd’hui, on va le dire ainsi on a du terrorisme pour reprendre ainsi les termes du ministre de la communication, les bombes et tout le reste

Garga Haman Adji : vous savez quand vous avez une multitude je ne vais pas les appelés les égarés c’est Ahidjo qui les appelait ainsi, il y aura forcément un ou deux moutons qui vont aller brouter, et brouter là ou s’est interdit. Et les deux qui ont posés les bonbonnes je l’ai appris quand j’étais en mission à paris, j’étais vraiment choqué pour dire combien je suis attaché à l’unité, parce que moi je suis pour l’unité africaine, comment voulez vous que quelqu’un qui veut les Etats unis d’Afrique constate que sous ses pieds s’effrite sa propre nation. Alors ceux qui le font je crois que ce sont des égarés. Et ils ne représentent pas 5 %. Donc il n y a rien à craindre il n y aura aucune déchirure du Cameroun, je l’ai dit au président de la république dans mon rapport il n y aura aucune déchirure et je suis en contact avec même les extrémistes qui sont aux Etats unis.

Crtv : Monsieur le président vue donc de cette radicalisation qu’il ne faut pas ignorer, quelle serait donc les modalités du dialogue parce que vous étiez sur le terrain il ya dix mois, mais visiblement il faut un autre type de dialogue.

Garga Haman Adji : ils me l’ont donné. Dans les personnalités que j’ai rencontré m’ont demandé qu’il faut créer une commission paritaire, « a join comission » pour que des deux cotés les francophones et les anglophones, discutent sur un certains nombres de points de divergences et arrivent à s’entendre. Et je crois que ça on ne peut pas l’éviter. Quand il ya des choses il ne faut pas éviter de se rencontrer pour dialoguer mais il faut aussi connaitre la nature des personnes avec les quelles vous dialoguez

Crtv : C’est les quelles ?

Garga Haman Adji : le président de la république monsieur Paul Biya que vous voyez la, il ne marchera jamais sous pression. Il est rétif alors j’utilise un langage de chez vous, il est rétif vous pouvez lui mettre sous la pression. Qu’on se laisse un peu de temps, maximum 6 mois, je suis sur que la commission sera convoqué et je suis sur que les régions parce qu’on m’a demandé de dire au président qu’il faut que la constitution de 1996 soit appliquée avec les régions autonomes

Crtv : Effectivement vous avez touchez du doigt un point que nous allions évoquer, parlons de la constitution de 1996, est ce que vous pensez que la solution viendrait de l’accélération du processus de décentralisation ?

Garga Haman Adji : oui, exactement. Tous ont demandé ce qu’ils appellent « autonism regions » et ils n’ont rien demandé plus que ca, et c’est dans la constitution. Mais la partie intellectuelle, de certains de nos ministres a fait que ca a traîné de 1996 jusqu’à aujourd’hui, si on ne voulait pas, on ne l’aurait pas mis dans la constitution. Donc il s’agit de définir les régions, leurs attributions, leurs ressources et de créer les clés et les indices de répartition de ces régions, les conditions de désignation des responsables de ses régions. Rien n’est difficile dans tout ça, c’est rien que ca qu’ils demandent.je ne vois pas en quoi ceci est compliqué. Mais il faut qu’on se mette à l’œuvre aussi bien pour réfléchir sur le contenu des régions que sur la convocation d’une commission paritaire. 

Source: Crtv, Interview retranscrite par MAIRAMOU BIA (Stg)

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