Tribunal militaire : Trois ans de prison pour Me Harissou

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Aboubakar Siddiki écope de 25 ans d’emprisonnement ferme. Les trois journalistes poursuivis ont été acquittés.

Il est environ 14h45m ce 31 octobre 2017 lorsque le verdict dans l’affaire Abdoulaye Harissou, Aboubakary Siddiki et trois journalistes tombe au tribunal militaire de Yaoundé. Le notaire Abdoulaye Harissou, le principal accusé a été reconnu coupable de non dénonciation, puis condamné à trois ans d’emprisonnement ferme. Une peine déjà purgée par l’accusé qui devra être libéré dans les prochaines heures.

Astadjam Harissou, l’épouse du notaire éclate en sanglots lorsque le président du tribunal donne le verdict. A la sortie de l’audience, elle se remet de son émotion : « Je suis très satisfait de revoir mon mari libre. Cela fait plus de trois ans que ce dossier nous a fait perdre le sommeil. Nous remercions Dieu », s’enthousiasme Astadjam Harissou. Son époux était poursuivi pour : « outrage au président de la République ».

Avant sa condamnation hier, le président du tribunal a demandé à l’accusé s’il avait un mot à dire. Me Harissou a déclaré : « J’ai servi mon pays partout, la preuve le 17 octobre dernier, malgré ma situation, j’ai été reconduit au poste de vice-présidence mondiale de l’ordre des notaires ». Dès l’ouverture en 2014 de cette procédure judicaire, Abdoulaye Harissou, 64 ans, était présenté comme celui qui voulait initier un plan de déstabilisation contre les institutions républicaines et le pouvoir de Paul Biya.

Les journalistes Rodrigue Tongue, Felix Ebole Bola et Baba Wame ont été acquittés. Le 28 octobre 2014, ils ont été inculpés pour « non dénonciation » par un juge d’instruction du tribunal militaire de Yaoundé. Hier, ils ont été déclarés non coupables pour faits non établis. Ces deux derniers mois, ils ont été jugés pour « complicité d’outrage au président de la République ». Sur la base de cette accusation requalifiée en septembre dernier, ils ont été déclarés non coupables. Dès l’annonce du verdict, Felix Ebole Bola, Baba Wame n’ont pas caché leur satisfaction. Le journaliste Rodrigue Tongue était absent pour cause de maladie.

Les trois journalistes se sont retrouvés dans cette affaire parce que l’accusation soutenait qu’ils étaient au courant du plan de déstabilisation en cours au Cameroun et n’avaient pas saisi les autorités administratives ou judiciaires. La défense de Me Harissou affirme que si les trois journalistes se sont retrouvés avec les documents de Me Harissou, c’est par ce que leur client voulait prendre l’opinion publique à témoin, en dénonçant son arrestation qui avait été planifiée par les services de renseignements sous le prétexte de faire comprendre au chef de l’Etat qu’un mouvement de déstabilisation était en cours.

L’homme d’affaire Aboubakary Siddiki a eu moins de veine, il a été condamné à 25 ans d’emprisonnement ferme et reconnu coupable d’hostilité contre la patrie. Lors de l’avant dernière audience au tribunal, le procureur précisait dans ses réquisitions qu’Aboubakary Siddiki était impliqué dans certaines attaques de rebelles qui ont provoqué des morts d’hommes en 2013 dans la région de l’Est. Cette affirmation avait été rejetée par les avocats de l’accusé. Selon la défense, le fait que le tribunal ne puisse présenter une arme saisie entre les mains de leur client prouve que cette affirmation était non fondée.

Cet accusé qui écope d’une lourde peine a été condamné sur la base d’un procès-verbal d’audition de la Direction générale pour la recherche extérieure (Dgre). Me Simh, l’avocat d’Aboubakary Siddiki promet de faire appel dès ce jour. Me Harissou et Aboubakary Siddiki devront également payer une amende de plus de 14 millions F.Cfa. « Lorsque l’injustice devient la loi, la résistance devient la règle », a déclaré Aboubakary Siddiki hier quelques secondes après le verdict.

© Source : Le Jour , Prince Nguimbous
⇒ Via Actu-plus.cm

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