Ambazonie: une ONG nigériane demande à l’UA de suspendre le Cameroun

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Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP) a envoyé une lettre ouverte au président de l’Union africaine et au président du Rwanda, Paul Kagame, l’invitant instamment à convoquer une Session Extraordinaire de l’Assemblée de l’Union Africaine (UA) pour suspendre les droits d’adhésion du Cameroun à l’Union.

Selon le SERAP, la suspension doit servir à faire pression sur le gouvernement camerounais pour mettre fin à la torture et aux mauvais traitements présumés de 47 militants politiques renvoyés de force dans le pays par les autorités nigérianes.

L’organisation a également exhorté l’UA à maintenir des sanctions de voyage ciblées et des gels d’actifs contre les autorités jusqu’à ce qu’elles respectent des critères spécifiques en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance.

Dans la lettre datée du 9 mars 2018 et signée par son directeur adjoint, Timothy Adewale, le SERAP a déclaré: « Malgré les violations massives des droits humains des citoyens et l’absence continue de responsabilité au Cameroun, l’UA est restée largement silencieux.

« Ne pas agir face aux violations flagrantes et systématiques commises par les autorités porterait gravement atteinte à la crédibilité de l’UA et à la légitimité de son Acte constitutif, y compris son engagement à combattre l’impunité, tel qu’énoncé aux articles 4 (h) et (o) de la Loi.

« L’Acte constitutif de l’UA identifie le respect des droits de l’homme et de la primauté du droit comme des valeurs universelles et exige que tous les Etats membres les encouragent et les respectent. En prenant des mesures punitives contre le gouvernement camerounais pour avoir ignoré les principes fondamentaux de l’UA, les dirigeants africains contribueront à une résolution positive de la crise persistante des droits de l’homme et humanitaire dans ce pays. « 

« L’UA doit maintenant reconnaître et reconnaître ouvertement que la situation au Cameroun menace toute la région. Les dirigeants de l’UA ne peuvent pas continuer à ignorer les violations des droits de l’homme infligées au peuple camerounais par leur propre gouvernement et doivent maintenant prendre des mesures sérieuses pour aider à soulager leurs souffrances et mettre fin aux abus continus.

« Le SERAP exhorte l’UA à intervenir efficacement pour mettre fin à la crise humanitaire et des droits de l’homme de longue date au Cameroun. Seules des pressions fortes et concertées sur le gouvernement peuvent mettre fin aux droits humains et à l’urgence humanitaire du pays. « 

« L’assaut de longue date du gouvernement sur les libertés politiques et les droits de l’homme est au cœur de la crise politique au Cameroun. Les disparitions forcées, les détentions arbitraires et la torture de détenus politiques se poursuivent depuis de nombreuses années, les autorités arrêtant et harcelant régulièrement les militants politiques et dispersant violemment les manifestations pacifiques. « 

« Selon nos informations, 47 réfugiés et demandeurs d’asile, pour la plupart des dirigeants du Sud-Cameroun et récemment renvoyés de force au Cameroun, ont continué à être torturés, maltraités, jugés pour des raisons politiques et autres violations des droits de l’homme par le gouvernement. »

« L’UA devrait condamner publiquement la torture et les mauvais traitements en cours contre les 47 militants politiques confrontés à la persécution et aux abus par les autorités et appeler à leur libération immédiate et inconditionnelle ».

« La situation au Cameroun est caractérisée par des violations généralisées et massives des droits de l’homme et du droit humanitaire, avec un nombre croissant de victimes n’ayant pas accès à un recours effectif. Les autorités continuent d’utiliser les institutions étatiques telles que la police et le système judiciaire comme une arme contre les activistes politiques, les leaders de l’opposition, les militants de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme. « 

Les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les détentions illégales ainsi que les allégations de torture et d’abus par les autorités camerounaises violent les obligations et engagements régionaux et internationaux du Cameroun en matière de droits de l’homme, notamment l’Acte constitutif de l’UA et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

« Le SERAP a donc exhorté l’UA à: Conformément à l’Acte Constitutif de l’UA, tenir une Session Ordinaire de l’Assemblée de l’UA pour suspendre le gouvernement du Cameroun de l’organisation si elle ne libère pas les 47 militants politiques dans un délai précis. Mettre fin aux procès politiquement motivés des dirigeants de l’opposition et des militants de la société civile, mettre fin aux disparitions forcées et à la torture, et respecter les principes spécifiques des droits de l’homme et de la bonne gouvernance établis par l’UA;

« Exhorter la pleine responsabilisation des auteurs de violations des droits de l’homme, y compris les poursuites contre toutes les personnes responsables conformément aux normes internationales en matière de procédure régulière, ainsi que des recours appropriés pour les victimes d’abus;

« Collaborer avec les Nations Unies et ses agences pour maintenir une réponse mondiale coordonnée à la crise humanitaire et des droits de l’homme au Cameroun


Source: dailypost.ng  ⇒Via Actu-Plus.cm


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