Denrées alimentaires: La tomate vaut de l’or au Cameroun

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Les prix de ce fruit, très prisé par les ménages, grimpent dans les marchés de la capitale au détriment des consommateurs.

Pendant la semaine pascale, les commerçants se sont bien rempli les poches en triplant le prix du kilogramme de tomate, épice incontournable en cuisine. Si plusieurs jours avant, les ménages boudaient, ils n’ont pas eu de choix la veille de pâques parce qu’il leur en fallait pour assaisonner leurs multiples repas. «La tomate est intouchable au marché depuis un bon bout, mais comme je devais préparer des mets bien savoureux, je ne pouvais pas faire autrement. J’ai acheté 20 tomates à 2500 Francs Cfa, c’étaient de gros fruits quand même.» se souvient Germine, une femme de ménage. En effet, la hausse vertigineuse des prix de ce produit tant sollicité selon les vendeurs, serait due au fait qu’il soit de plus en plus rare. Du 29 au 31 mars, les femmes se piétinaient devant les étales, questions de se procurer le précieux sésame. Mais cette effervescence a été de très courte durée, car le marché a retrouvé son allure d’antan au lendemain de la fête. Au marché Ekounou, le secteur réservé à la vente de ce produit était presque désert.

Les commerçants, las d’attendre les clients, discutent des sujets divers derrière leurs comptoirs. Les vendeurs ambulants quant à eux interpellent, courent derrière les passants dans l’espoir de les convaincre de la qualité de leur marchandise. La tomate coûte de plus en plus cher et les consommateurs semblent ne plus trouver d’intérêt à l’acheter. Les commerçants évoquent l’abondance des pluies, l’utilisation des pesticides de mauvaise qualité et des maladies des tomates qui entraineraient une baisse de la production. «Il pleut assez ces derniers temps et l’excès d’eau fait pourrir la tomate dans les champs du coup les producteurs perdent des quantités importantes de récoltes.» explique Germaine Ngono, cultivatrice et vendeuse de tomates. Selon elle, la qualité des pesticides qu’on retrouve sur le marché ne protège pas assez les plants et ne favorise pas de bonnes récoltes. Les revendeurs expliquent aussi la rareté actuelle des fruits rouges par le fait que, des personnes venant de l’étranger partent s’approvisionner directement en grandes quantités dans les grands bassins de production : dans les départements du Noun, du Mbam-etKim et de la Lékié entre autres. Dans certains marchés de la capitale, le prix du cageot de tomates a triplé. Pour en avoir au marché du Mfoundi, il faut désormais débourser entre 13 000 et 13 500 francs Cfa le cageot qui coutait entre 4500 et 5000 francs Cfa, il y a encore deux mois.

C’est le même constat dans les marchés de Mvog-Atangana Mballa et Mvog-Mbi, où les petits seaux de cinq litres chargés de tomates sont proposés à 2500 et 3000 francs Cfa. À côté, il y a des gros tas de 1000 francs, six grosses tomates coûtent 500 F et trois fruits se vendent à 200 F. La tomate de 100 F n’existe plus au marché, et cela pose problème pour les ménages les moins nantis. Certains sont obligés de recourir à la tomate en conserve «La tomate en fruit n’est plus accessible à tous. Maintenant, je prépare mes repas avec la tomate en sachet ; je n’ai pas à dépenser d’importantes sommes parce qu’il me faut consommer exclusivement la tomate en fruit.» lance Denise, ménagère. Jeannette Mfomo, affirme pour sa part qu’elle a dû revoir la quantité de tomates qu’elle achète pour sa maison : «Avant, le seau de cinq litres de tomates faisait deux semaines chez moi. Aujourd’hui, c’est à peine si on arrive à le consommer pendant une semaine», se plaint-elle.


©Source: Info Matin  ⇒Via Actu-Plus.cm


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