L’économie camerounaise affiche «ses premiers signes de ralentissement», selon la BAD

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Banque africaine de développement

(Investir au Cameroun) – Face à la crise des prix du pétrole, qui secoue les pays de la Cemac depuis fin 2015, couplée à une conjoncture sécuritaire qui oblige l’armée (à grand renfort de dépenses publiques) à combattre Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, ou encore à étouffer les velléités sécessionnistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la résilience de l’économie camerounaise commence à s’étioler.

C’est du moins ce que pense la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport 2018 sur les perspectives économiques en Afrique (PEA).

 «L’économie camerounaise, la plus forte et la plus diversifiée de la Cemac, a longtemps été résiliente aux chocs, mais montre ses premiers signes de ralentissement.», constate la BAD. Selon l’institution financière panafricaine, cette situation est la conséquence de l’impact négatif qu’ont eu sur la demande intérieure et extérieure, «la récession économique au Nigeria, la crise qui s’accentue dans la Cemac, et les perturbations dans la zone anglophone du pays».

La BAD met également à l’index «la contraction des activités extractives», à cause du report  des investissements dans les activités d’exploration et de production du gaz et du pétrole, situation elle-même consécutive «à la faible remontée des cours» de ces produits sur le marché international.

Mais, en dépit de cet étiolement de la résilience de l’économie camerounaise, la BAD prévoit une embellie en 2018 et 2019, avec des taux de croissance respectifs de 4,1 et 4,8%, tous toujours largement inférieurs aux 5,8% enregistrés de 2013 à 2015, fait observer l’institution.

Cette légère amélioration annoncée de la situation économique du pays, qui est sous programme avec le FMI, sera principalement portée, souligne la BAD, par «une augmentation des exportations vers l’Union européenne suite à l’Accord de partenariat économique (APE), et de l’offre accrue d’énergie résultant de la mise en production de nouveaux barrages hydroélectriques. Le développement de la sylviculture et de chaînes de valeurs agro-industrielles, ainsi que la réduction des importations au profit de la production locale, devraient également dynamiser la croissance».

Par Brice R. Mbodiam


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