Cameroun – Crise anglophone: Un nouveau gendarme tué à Bali dans le Nord-ouest

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Un gendarme camerounais a été tué par des présumés sécessionnistes, dans la nuit de jeudi à vendredi à Bali, localité située dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun, a déclaré à Anadolu le gouverneur de la région, Adolphe Lélé Lafrique.


Correspondance Avec AA/Yaoundé/Peter Kum, Via 237online


« Des assaillants ont, tard dans la nuit de jeudi, attaqué le palais de justice de Bali qui était gardé par deux gendarmes. L’un d’entre eux a été mortellement atteint par balle et son camarade blessé », rapporte le gouverneur à Anadolu. Les membres de la commission nationale des droits de l’homme, joint par Anadolu, ont indiqué qu’à la suite de cette attaque, des forces de sécurité s’en sont pris à la population civile en représailles.

« Des membres des forces de sécurité ont fait du porte-à-porte et s’en sont pris à des jeunes qu’ils ont molesté. Certains jeunes ont été arrêtés et conduits vers une destination inconnue. Ce matin (vendredi) nous avons trouvé les corps de quatre jeunes garçons gisant dans leur sang. Ils ont certainement été tués par des militaires » confie Fru Jonathan, membre de la Commission nationale des droits de l’homme.

Aucun commentaire à ce sujet n’a pu être obtenu du côté des militaires camerounais.

A deux jours de la fête nationale de l’unification du Cameroun (20 mai), la situation devient de plus en plus incontrôlable dans les deux régions anglophones. Au moins une dizaine de membres des forces de sécurité camerounaises ont été tués cette semaine, selon le ministère de la Défense.Les sécessionnistes, à travers des tracts, annoncent qu’aucun événement marquant la fête de l’unité ne doit se tenir dans les deux régions. Craignant le pire lors des festivités de dimanche, plusieurs familles ont décidé de quitter les deux régions anglophones pour se réfugier en régions francophones.

Préoccupée par l’ampleur de violences dans les régions anglophones, l’Eglise catholique du Cameroun a appelé, mercredi, au cessez-le-feu dans un communiqué. 
«En effet, depuis octobre 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent des situations difficiles, marquées par des violences inhumaines, aveugles, (…) et une radicalisation des positions qui nous inquiètent», annonce le cri de détresse des Évêques du Cameroun. Les évêques demandent aux différentes factions de cesser toutes formes de violences et d’arrêter de entre-tuer.
L’église catholique estime qu’«une médiation s’impose, maintenant, pour une sortie de crise», dans le but d’épargner au Cameroun «une guerre civile inutile et sans fondement».


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