Cameroun : Françoise Foning serait-elle morte par « négligence médicale »?

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Françoise Foning: "La vie c'est la bastonnade

De nouvelles révélations portant sur les circonstances de la mort de la défunte maire de Douala 5ème viennent relancer le débat sur la question.


Source: Journal du Cameroun


C’est une affaire vielle de plus de trois ans qui vient d’être remise en lumière par des révélations  du Pr Jean Bahebeck, médecin en service à l’hôpital central de Yaoundé au moment du décès de Mme Foning. Les récentes déclarations de ce chirurgien-orthopédiste sur un plateau de télévision, nous en apprend davantage sur les circonstances de la mort de l’ancienne maire de la commune de Douala 5ème, survenue le 23 janvier 2015, alors qu’elle était internée dans ladite formation hospitalière.

Le Pr Bahebeck raconte sur le plateau de l’émission Entretien

Selon le Pr Bahebeck, en effet, les complications qui ont entraînées la mort de Mme Foning auraient pu être évitées. En rappel, ces complications faisaient suite à un accident de la circulation dont elle avait été victime cinq  jours avant son décès au niveau de la localité d’Ebebda 1, à une cinquantaine de kilomètres de Yaoundé. Après cet accident, elle avait été conduite à l’hôpital Ad Lucem d’Efok où des premiers soins lui avaient été administrés, avant son transfert vers Yaoundé.

Le Pr Bahebeck raconte sur le plateau de l’émission Entretien avec… (Stv) : « Feue Foning arrive à l’hôpital [central de Yaoundé, Ndlr] à la demande de sa belle-nièce. Quand on lui donne les premiers soins à Efok, sa belle-nièce appelle mon assistante pour dire que sa tante a un problème (…). Mon assistante m’a immédiatement appelé, et c’est moi qui ai dit que c’est à l’hôpital central qu’on va la prendre ; parce qu’il se trouve que c’est le central qui est le plus apte en matière de plateau technique. J’ai dit à mon assistante que je la connais, il y a 10 ans elle a eu à peu près la même chose. Mais-là, elle était jeune et elle était moins forte, ce qui n’est plus le cas. Si on s’amuse, elle va nous faire des complications. Il faut qu’on l’opère vite. On doit l’opérer demain».

Mais le lendemain, le spécialiste, par ailleurs chef service des urgences médicales et du service des traumatologies dans ladite formation hospitalière, se verra opposer un refus au moment de procéder à l’opération. « Lorsque mon assistante a lancé les examens en vue de son opération, Pierre Fouda, le directeur de l’hôpital central, et Alain Etoundi un directeur au ministère s’interposent pour dire : ne touchez pas, on va l’évacuer !», poursuit-il. Le médecin décide alors de suivre les instructions de sa hiérarchie, et se retire du dossier Mme Foning, jusqu’au moment où il est informé des complications.

« Je revois le dossier quelques jours plus tard, le vendredi. Quand je viens à l’hôpital à 7h comme d’habitude, j’apprends que personne n’a dormi. Le réanimateur me dit qu’il n’a pas dormi toute la nuit parce qu’il devait relancer. « Elle a fait un arrêt cardiaque ». Je lui demande alors, « elle c’est qui?» Il me dit : « Mme Foning», et je m’exclame : « Elle est encore ici!» Alors que je les avais averti, je leur avais dit qu’il faut faire très vite parce que là où je la vois, si nous on l’opère, la seule complication qu’on peut avoir c’est une infection osseuse ; elle est tolérable parce qu’elle est locale, et le risque est de 10%. Par contre, si vous la laissez au lit, elle va faire une embolie pulmonaire», explique-t-il.

Les propos du Professeur Bahebeck viennent soulever de nouvelles interrogations sur le suivi médical qui a été réservé à l’ancienne maire lors de son séjour à l’hôpital central de Yaoundé.

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