Crise Anglophone – « Des militaires pénètrent dans des maisons, pillent et tuent des individus »

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Ainsi s’est exprimé le 08 mai dernier à Yaoundé, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (Cndhl), au cours la 24ème Session ordinaire de la structure.


Source: Camer.be, Darren Lambo Ebelle


La crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis 18 mois, a constitué l’épine dorsale de la 24ème Session ordinaire de la Cndhl tenue mardi dernier au palais des congrès de Yaoundé. Il s’est agi notamment, de la situation des déplacés externes et internes résultant de cette crise quasiment politico-militaire. « Les gens ne peuvent plus circuler et s’occuper de leurs activités à cause de la peur générale et de l’état d’insécurité. L’orientation qui pour les autorités administratives consiste à demander aux gens de quitter leurs villages et leurs maisons, est diabolique », a sans ambages, fait savoir, Chemuta Divine Banda le président de la Cndhl dans son allocution de circonstance.

Et de rebondir : « Plusieurs autorités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest prennent des décisions qui violent la loi, avec à la clé, le déni même de l’information. Elles demandent aux gens d’aller à l’école sans s’assurer d’aucune mesure de sécurité. Les militaires pénètrent dans les maisons, pillent et tuent des individus. Où sont ces milliers de militaires déployés lorsqu’on enlève un sous-préfet, un délégué régional ou un principal de collège ? ». Et Chemuta Divine Banda de répondre lui-même à sa question : « Ils sont concentrés au pillage des villages et des maisons. Nous ne pouvons plus continuer à nous taire ».

Tout en condamnant aussi bien les tueries des civils tout comme celles des militaires, le président de la Cndhl a appelé à un « dialogue consensuel », avant de s’insurger contre ceux qui selon lui, se demandent « pourquoi faut-il dialoguer ?». Etayant ses propos sur la violation des lois par les autorités, Chemuta Divine Banda s’est voulu illustratif : « Les autorités sont les premières à violer les lois même de l’Etat. La situation sécuritaire en zone anglophone est très inquiétante du fait de certains acteurs : quand une autorité administrative, administrateur civil principal de sur-croit, demande aux populations de quitter leurs villages pour aller se cacher dans la brousse où sont les militaires, et que ces derniers les traitent comme des terroristes, est-ce normal ? ».

Pour le reste, les travaux de la 24ème Session ordinaire de la Cndhl, se sont poursuivis sous forme de bilan, de recommandations et de perspectives. Il a par exemple été requis, l’accélération et l’implémentation véritable du processus de décentralisation, histoire selon la Cndhl, de tordre le coup à la corruption, et d’accélérer le développement local.


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