Hauts-plateaux : Sa majesté Pokam Max II lobe le Préfet Bilounougou

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Depuis son élection comme sénateur des Hauts plateaux, sa majesté Pokam Max II, chef supérieur Baham, n’a pas encore eu l’occasion d’effectuer le tour du département pour le rituel de remerciement à ceux qui l’ont élu et de se présenter officiellement au public en sa qualité de sénateur.


© Camer.be : Leprince SONORE NGOUPAYOU


Le programme de la tournée de prise de contact du Préfet conjointement avec celle du compte rendu parlementaire de l’honorable Fotso Fostine, du 09 au 11 Mai 2018 prévoyait alors la présence de sa majesté Pokam Max II dans la suite du Préfet. Mais le fo’o des Baham a préféré sacrifier ce rituel de remerciement et de présentation. Ce n’est qu’à sa chefferie qu’il effectua son apparition au soir du vendredi, dernière étape de ladite tournée.

Ce qui pose déjà un réel problème sur la qualité de l’homme, loin d’être rassembleur et associatif si l’on ne s’en tient qu’à cette absence non motivée. L’on a encore en mémoire le dernier meeting pour les sénatoriales à Baham, où la loge réservée aux chefs traditionnels était restée vide. Seul Pokam Max, le candidat était présent. Or, à des circonstances pareilles, l’on se serait attendu à une forte mobilisation des monarques des Hauts plateaux pour accompagner leur homologue. Aussi faut-il le relever pour le déplorer, cette tournée était un succès dans tous les groupements sauf à Baham. Alors que le Préfet et sa suite étaient attendu depuis la mi-journée, ce n’est qu’à 17h que le fo’o et ses disciples ont découvert l’absence de la sonorisation pour une cérémonie qui a lieu à la chefferie.

Il a fallu que l’on alerta la suite Préfectorale, déjà à un jet de pierres de la chefferie, pour obtenir quelques minutes, le temps d’installer la sono et tester les micros. La 2e impertinence, c’est lorsqu’au nom de l’élite, Benjamin Sonkeng, dans un discours fleuve et dépourvu de sens et de courtoisie monopolise la parole pour plus de 45 minutes, sans rien évoquer du développement local. Il n’a que fait encenser le chef Baham, ventant son cv personnel et faisant les louanges de Paul Biya, comme pour dire au faiseur des rois : « j’attends encore ». L’élite estime en outre que son frère Kamto n’a aucun droit de lorgner le fauteuil présidentiel pour avoir été au gouvernement de Paul Biya. On se demande bien qui prendrait la place de Biya au cas où il arrivait à partir si ce n’est quelqu’un de son entourage.

Il est pratiquement 19h dans une cour royale sans lumière (seules les phares des véhicules et les gyrophares de la police ont servi d’éclairage) quand le préfet prend la parole pour son discours. Si dans toutes les autres étapes le Préfet a eu droit à des séquences importantes des cadeaux à lui remettre par les natifs des différents groupements, à Baham ce n’était pas le cas. Seules l’honorable Fotso et son association flamme d’amour ont remis les présents au Préfet. Un réel paradoxe pour ce chef lieu de département qui devrait être un modèle pour les autres groupements. Dans son intervention, l’hon Fotso Fostine a déploré le fait pour ses « détracteurs » de tout faire pour saboter ses projets, faisant allusion aux moulins à écraser qu’elle a eu à offrir aux femmes Baham, mais qui sont malheureusement restés enfermés dans une pièce, alors que les femmes continuent à se donner de la peine dans leurs tâches quotidiennes de techniciennes de surface.


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