Mutilations génitales: « Le temps de la négociation est révolu »

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ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff)

Cette mise en garde du Minproff met en exergue le fait que la pratique est désormais punie au Cameroun d’une peine de 10 à 20 ans de prison. 


Source: Cameroon-report, Julienne Ngobo 


Depuis une dizaine d’années, le Cameroun a mis sur pied la Campagne « tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) ». D’après le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff),  leur taux de prévalence et principalement l’excision, est de 1,4% sur l’ensemble du territoire camerounais et de 20% dans les zones foyers, qui sont les régions du Grand-Nord et du Sud-Ouest. « Le gouvernement dit non à cette pratique qui affecte la sexualité et la reproduction humaine », précise Marie-Thérèse Abena Ondoua. D’après le Minproff, il est donc impératif de dénoncer les auteurs de telles pratiques afin que l’action des pouvoirs publics soit efficace. « Le temps de la négociation est révolu. Quelle que soit la forme, la mutilation génitale féminine, constitue désormais une infraction pénale et les contrevenants encourent les sanctions prévues par la loi », a-t-elle averti. Elle mène ainsi un  plaidoyer pour une application sans complaisance de la loi sur la répression des actes relevant de cette pratique au Cameroun

En effet, la Loi 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal est formelle. En ses articles 277 et 277-1, elle stipule « qu’est puni d’un emprisonnement de dix (10) à vingt (20) ans celui qui procède à la mutilation de l’organe génital d’une personne, quel qu’en soit le procédé ». Bien plus : «la peine est l’emprisonnement à vie : si l’auteur se livre habituellement à cette pratique ou si il le fait à des fins commerciales ; si la mort de la victime en résulte». La juridiction peut, en outre, prononcer les déchéances prévues aux articles 19 et 30 du présent Code.Ce n’est pas la seule action du gouvernement dans la lutte contre la pratique. « Le gouvernement met un accent sur la mobilisation communautaire, l’assistance psychologique des victimes et l’impact socio-économique de l’excision»,a expliqué Mme Marie Thérèse Abena Ondoua. 

En plus, le Minproff a mis sur pied 92 comités locaux de lutte contre les MGF et 150 fonctionnaires de police ont été formés à la prise en charge globale des violences basées sur le genre intégrant les MGF dans les régions concernées. En rappel, les MGF désignent l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes. Généralement réalisée par une exciseuse traditionnelle avec un couteau ou une lame de rasoir avec ou sans anesthésie, la pratique est concentrée dans 27 pays africains. Elles ont des conséquences néfastes pour la santé physique, mentale et psychologique de la femme et de la jeune fille. Ce qui a une incidence sur leur épanouissement, leur productivité et leur développement.


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