RECENSEMENT PHYSIQUE : Les agents de l’État se bousculent devant les banques

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Fonctionnaires, ils doivent tous confirmer leurs présences effectives avant la fin du mois de juin selon les instructions du ministre des Finances.


© Source : Le Messager, Jenner ONANA


Il est 13 heures ce lundi 07 mai 2018. C’est le moment prévu pour la pause au Ministère de la Santé Publique. Paul, un cadre de ce département ministériel voulu rester anonyme, est au siège de la Banque Internationale du Cameroun pour l’Épargne et le Crédit, agence de la Camair. Sa visite dans ce lieu n’est pas fortuite. Il vient déposer son dossier d’enregistrement physique. Une chemise jaune en main, il sollicite de l’agent recenseur, une agrafeuse pour apposer sa photo sur la fiche d’identification individuelle.

C’est l’ultime opération qu’il effectue avant de déposer son dossier. Selon lui, le processus se déroule mieux qu’il l’imaginait : « à peine vous arrivez, on vous oriente à l’endroit où prendre la fiche. Une fois celle-ci remplie, si votre dossier est complet, vous déposez votre dossier sans trop de peine. Voilà qu’en une heure, le temps de la pause, je dépose le mien ». Comme lui, d’autres agents de l’État ont pris d’assaut cette structure bancaire pour effectuer la même opération.

Selon Alain Eloundou Bilegue, coordonnateur du recensement physique des agents de l’État à l’agence Bicec de la Camair, le travail pour les agents civils se déroule sans anicroche : « seuls les hommes en tenues nous ont causé quelques soucis. Ceux-ci n’ont pas d’actes d’intégration (l’une des pièces exigées pour l’opération). Nous avons aussitôt posé le problème à nos supérieurs. Ils ont contacté le ministère délégué à la Présidence chargé de la Défense. Le problème a été résolu.

En effet, les hommes en tenue n’ayant pas d’actes d’intégration, fournissent donc soit une carte professionnelle, soit une décision d’incorporation ou un acte d’engagement. Pour les personnels civils, nous n’avons aucun problème ». Parlant du nombre d’agents de l’État déjà recensé par l’agence depuis le début de l’opération le 25 avril dernier à ce jour, ils sont 2044. Quatre guichets ont été aménagés pour la circonstance.

Nul n’est censé ignorer la loi

A la Scb Cameroun, agence de la Camair, l’affluence est la même. Les fonctionnaires se bousculent pour déposer leurs dossiers. De longues files d’attente sont perceptibles à partir de la chaussée. L’intégration du rang se fait par la « queue ». Séance tenante, un individu se faisant passer pour un sergent-chef, reprend un militaire: « alignez-vous comme tout le monde. Vous n’êtes pas plus pressé que nous. Je suis aussi un militaire comme vous ».

Sur une chaise pour client, le chef des conservateurs du parc national de Mbam et Ndjerem, qui a fait le déplacement pour Yaoundé uniquement pour le recensement des agents de l’État, remplit sa fiche d’identification. Selon le coordonnateur de cette unité, « plus 5000 agents de l’État ont déjà été recensés depuis le début de l’opération ».

Pour être recensé, l’agent de l’État doit fournir une demi photo, une copie de sa carte nationale d’identité, une attestation originale de la présence effective datant de moins de trois mois, l’acte de nomination éventuellement et l’acte d’intégration pour les fonctionnaires, le contrat pour les contractuels, soit l’acte d’engagement, soit l’acte d’incorporation ou la carte professionnelle pour les hommes en tenue.

L’opération durera trois mois, soit du mois d’avril à celui de juin 2018. Passé ce délai, tout agent de l’État non recensé sait bien à quoi il s’expose, car nul n’est censé ignorer la loi, dit-on souvent.


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