Corridor Douala – Ndjamena – Bangui: Des mesures sécuritaires exceptionnelles

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Pendant une bonne décennie, la corruption a été la constante dévalorisante qui a malheureusement plombé les échanges transfrontaliers entre le Cameroun et ses voisins de la zone Cemac. Aujourd’hui, le ciel s’éclaircit nettement grâce à des dispositions collégiales prises et mises en application par les différents États.


Source: Cameroon-report, Charles ABEGA


Les plaintes des opérateurs du secteur commençaient à inonder considérablement les tables des autorités de chaque pays, avec quasiment les mêmes motifs. Pour Douala –Ndjamena, sur un total de 78.000 camions en activité, la perte se chiffrait autour de 187.000Fcfa par voyage soit 175 milliards de FCfa par an. Un moment qui s’évaporait au gré des 120 postes de contrôle tenus par la gendarmerie, la police, les douanes et autres agents de la prévention routière, en guise de corruption. Les sommes happées des mains des camionneurs par les uns et les autres hommes en uniformes variaient alors de 1000Fcfa à 5000Fcfa. Si l’on évalue à environ 340 milliards de Fcfa de marchandises transportées par an sur cet axe, il est indubitable que la perte enregistrée par les différentes économies des pays concernés fut significative.

Sur le second tronçon de ce corridor concernant principalement Douala – Bangui, le constat fut pratiquement le même à la même période et dans les mêmes conditions. Environ 55 milliards de Fcfa de marchandises transportés par an ici et des pertes toutes aussi significatives évaluées sur plus de plus de cinquante check points également, à environ 45% de la masse globale des échanges. Dans ce cas par ailleurs, les griefs relevés par la partie centrafricaine portaient sur ce fret acheminé et contrôlé à hauteur de 90% par les transporteurs camerounais, au lieu des 65% que prévoit cette clause pour le transport centrafricain.

Heureusement, à partir des constats établis et sous l’impulsion du Cameroun, principal acteurs du trafic puisqu’hébergeant les ports d’entrées et les plus longues parties des tronçons de transport, un corpus juridique va se mettre en place et permettre une amélioration considérable du climat des affaires et la santé diplomatique dans le bloc Cemac. Le Tchad notamment qui menaçait de s’allier à la communauté ouest-africaine via les ports de Lomé et de Cotonou revoit sa position. Dans le cadre du partenariat Douanes/Entreprises, les douanes camerounaises et le groupe Bolloré Transport & Logistics signent même un accord le 19 août 2016 en vue de l’amélioration du dispositif de sécurisation des opérations de transit sur les corridors Douala-Ndjamena et Douala-Bangui.

En outre, les autorités camerounaises ont depuis lors entamé des investissements sur la mise en place de magasins et d’aires de dédouanement le long du tronçon précisément à N’Gaoundéré, Belabo et Kribi ; la construction d’infrastructures douanières ; la mise en place du Titre unique rail/route ; l’accélération du processus de dématérialisation de l’ensemble des procédures de transit jusqu’aux frontières, et celle de la nouvelle réglementation sur les ports secs, les magasins et aires de dédouanement extérieurs. La réduction drastique des détails de passage et des contraintes liées aux choix du rail grâce à la fluidité des formalités douanières sont autant de dispositions prises par le gouvernement de Paul Biya, pour aider les partenaires à booster leurs chiffres d’affaires, et les douanes nationales dans la facilitation et la sécurisation des échanges pour une mobilisation efficace des recettes douanières et fiscales.


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