Programme avec le FMI: Le Cameroun reprend le bon cap

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L’ordonnance modifiant la loi des finances 2018 devrait ouvrir la voie à l’approbation de la 2e revue de ce programme.


Source: Cameroon-report, Pierre Ngom


«L’équipe des services du FMI [Fonds monétaire international] a conclu un accord avec les autorités en ce qui concerne les mesures de politique économique et financière qui pourraient conduire à l’approbation de la deuxième revue de leur programme triennal». Ainsi s’exprimait Corinne Deléchat après avoir séjourné à Yaoundé du 27 avril au 14 mai 2018 pour mener les entretiens concernant les consultations au titre de l’article IV et la deuxième revue du programme appuyé par le Fonds monétaire international que le Cameroun met en œuvre depuis juin 2017. Selon le fonctionnaire de Bretton Woods, ces mesures tenaient essentiellement au reprofilage de l’exécution budgétaire 2018 en intégrant les éléments qui n’avaient pas été prévus : les éléments de sécurité, les dépenses additionnelles, la compensation du prix du carburant. C’est que le président de la République, Paul Biya, vient de faire avec l’ordonnance portant modification de la loi des finances 2018 signé ce 4 juin. La décision du conseil d’administration du FMI qui devrait intervenir entre  fin juin et début juillet devrait donc être une formalité. Elle va ouvrir la voie au décaissement de la troisième tranche de l’appui budgétaire du FMI d’un montant de 47,5 milliards de francs CFA.

Le texte du président de la République fait passer le budget 2018 de 4513,5 à 4689,5 milliards de francs CFA soit une hausse de 176 milliards. Pour financer cette augmentation, l’administration fiscale devra faire un effort supplémentaire en mobilisant 67 milliards de plus que ce qui été initialement prévu. Ce qui devrait pas être un problème car depuis plusieurs années les recettes fiscales mobilisées sont en dépassement des objectifs. 82 milliards viendront des recettes pétrolières du fait de la remontée du cours du baril sur le marché international et les 27 milliards restant proviendront des émissions de bons du trésor supérieur à deux ans.

Cette enveloppement supplémentaire servira, comme l’avait recommandé le FMI, à prendre en charge les dépenses qui n’avaient pas initialement été introduites au budget où qui avaient été sous-évaluées. Il s’agit des dépenses consacrées au fonctionnement de nouvelles institutions et structures crées pour renforcer la démocratie (Conseil constitutionnel) et pour accélérer le processus de décentralisation (ministère de la Décentralisation). Il s’agit aussi de revoir à la hausse, la provision budgétaire consacrée aux dépenses de sécurité, ou encore de créer une ligne de dépenses pour subventionner les prix du carburant. Le prix du baril de brut se situant désormais au-delà de 60 dollars, cette subvention est redevenue nécessaire pour maintenir inchangés les prix à la pompe.


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