Trump met en garde les partenaires commerciaux de l’Iran

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Le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé un avertissement aux partenaires commerciaux de l’Iran après avoir imposé de nouvelles sanctions au pays.

« Toute personne faisant affaire avec l’Iran ne fera pas affaire avec les Etats-Unis », a tweeté le président.

Certaines sanctions ré-imposées ont pris effet du jour au lendemain et les sanctions plus sévères relatives aux exportations de pétrole commenceront à être appliquées en novembre.

Le président iranien a déclaré que ces mesures étaient une « guerre psychologique » visant à « semer la division parmi les Iraniens ».

Les sanctions font suite au retrait des États-Unis du Plan d’action commun, également appelé accord nucléaire iranien.

L’accord, négocié sous la présidence de Barack Obama, a permis à l’Iran de limiter ses activités nucléaires controversées en échange d’un allégement des sanctions.

M. Trump a qualifié l’accord « d’unilatéral », « désastreux » et « le pire que j’aie jamais vu ». Il pense qu’une pression économique renouvelée forcera l’Iran à accepter un nouvel accord.

L’Union européenne, qui reste attachée à l’accord initial a dénoncé les sanctions, promettant de protéger les entreprises ayant des activités commerciales légales en Iran.

Que dit M. Trump dans son dernier tweet ?

Il a fait l’éloge de « sanctions les plus mordantes jamais imposées » soulignant qu’elles « se hisseraient à un autre niveau » en novembre.

« Je demande la WORLD PEACE, rien de moins! » a-t-il indiqué.

Lundi, il avait déclaré que l’Iran avait le choix entre « changer son comportement menaçant et déstabilisateur et de se réintégrer dans l’économie mondiale, ou de continuer sur la voie de l’isolement économique ».

« Je reste ouvert pour l’adoption d’un accord plus complet qui couvre l’ensemble des activités controversées du régime, y compris son programme de missiles balistiques et son soutien au terrorisme », a-t-il déclaré.

Quelles sont les sanctions ?

M. Trump a signé un décret qui a réactivé les sanctions à 04h01 GMT mardi. Ils ciblent:

  • L’achat ou l’acquisition de billets de banque américains par le gouvernement iranien
  • Le commerce d’or et autres métaux précieux
  • Graphite, aluminium, acier, charbon et logiciels utilisés dans les processus industriels
  • Transactions liées à la monnaie iranienne
  • Activités relatives à l’émission de dette souveraine par l’Iran
  • Le secteur automobile iranien

Une deuxième vague de sanctions devrait toucher d’autres activités économiques de l’Iran à partir du 5 novembre.

Ces sanctions auront des conséquences sur un secteur stratégique : l’énergie et de la navigation, le commerce du pétrole et les transactions effectuées par des institutions financières étrangères avec la Banque centrale iranienne.

La réaction de l’Iran

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré que le gouvernement américain avait « tourné le dos à la diplomatie ».

« Ils veulent lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne » a avancé le leader iranien.

« Les négociations avec les sanctions n’ont pas de sens. Nous sommes toujours en faveur de la diplomatie et des pourparlers … mais les négociations ont besoin d’honnêteté ».

Les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France ont publié lundi une déclaration dans laquelle ils soutiennent que l’accord nucléaire restait « crucial » pour la sécurité mondiale.

Ils ont également dévoilé un « projet de contournement » des sanctions destiné à protéger les entreprises européennes qui font des affaires avec l’Iran malgré les nouvelles sanctions américaines.

« Si une entreprise craint des poursuites judiciaires et des mesures coercitives prises par une entité en réponse aux sanctions américaines, cette entreprise peut être protégée en ce qui concerne la législation de l’UE » a indiqué Alistair Burt, le ministre d’Etat britannique pour le Moyen-Orient à la BBC.

Il a déclaré que l’Iran se contenterait de « serrer les écoutilles » jusqu’aux prochaines élections américaines.

Toutefois, le constructeur automobile allemand Daimler, qui a annoncé un partenariat pour une unité en Iran l’année dernière, a confirmé cette semaine qu’il avait cessé toutes ses activités dans le pays.

Comment l’économie de l’Iran sera-t-elle affectée ?

L’Iran a connu des troubles depuis décembre dernier dans un contexte d’économie peu performante.

La hausse des prix des denrées alimentaires, le chômage et même la mauvaise qualité de l’eau ont provoqué des manifestations dans plusieurs villes.

Les manifestations de juin à Téhéran auraient été les plus importantes de la capitale depuis 2012.

Il est difficile de déterminer dans quelle mesure ces mouvements de mécontentement sont liés à la nouvelle politique de sanctions des États-Unis.

Cependant, il est évident que ces sanctions ont déjà un impact sur la monnaie de l’Iran.

Elle a perdu environ la moitié de sa valeur après que M. Trump ait annoncé le retrait américain de l’accord sur le nucléaire.

L’Iran a agi en assouplissant ses règles de change dimanche, et le rial s’est renforcé de 20%.

Les sanctions risquent d’être plus sévères en novembre, lorsque les États-Unis bloqueront les ventes de pétrole iranien.

Cela pourrait bloquer environ la moitié des exportations iraniennes soit environ deux millions de barils par jour, même si l’Iran pourrait se tourner vers la Chine et la Russie pour maintenir son industrie à flot.

Le Fonds monétaire international a déclaré en mars que les réserves officielles nettes de l’Iran pourraient baisser cette année à 97,8 milliards de dollars, ce qui permettrait de financer environ 13 mois d’importations.

Les analystes de BMI Research affirment qu’une récession à un taux de 4,3% pourrait toucher l’économie iranienne en 2019.

Cependant, Barbara Slavin, de l’Initiative sur l’avenir de l’Iran au Conseil de l’Atlantique, a déclaré au Wall Street Journal que lorsque les sanctions frappaient durement, les gens ordinaires devenaient « totalement dépendants » de leur gouvernement.


Source: BBC


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