Présidentielle 2018 – Notre démocratie progresse

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Le dimanche 7 octobre 2018 aurait dû être le jour où le Cameroun enterrait 36 ans d’un présidence unique et d’un régime dont le bilan est contesté. Le début d’une république nouvelle et différente, fondée sur l’espoir qu’un autre avenir serait possible, catalysée par des énergies fraîches, irriguée par du sang neuf, stimulée par des idées novatrices.

En réalité, cet espoir ne reposait sur rien. Sur rien d’autre que le rêve et l’envie, l’audace et la mobilisation des foules, un ras-le-bol qui commence à s’exprimer ouvertement et une volonté de défier les usages établis.

À un moment aussi important de l’histoire d’un pays, les incantations ne suffisent pas. Il a manqué, en amont, une stratégie de préparation et d’anticipation. Le fichier électoral de 2011, modifié à 20% à peine, ne pouvait pas garantir un renversement de la vapeur. C’est une vérité mathématique, personne n’aurait dû l’ignorer. Même une coalition de large spectre et fourre-tout aurait fait trembler l’ordre établi sans qu’il vacillât.

Pour les observateurs-commentateurs les plus écoutés, cette élection est un match de classement pour l’avenir. Je suis loin de partager cette conclusion. Le bal des transfuges auquel nous avons assisté a été toléré. Parce que la situation était inédite et que tous les ralliements permettaient d’espérer encore. En 2025, ce sera moins évident. Les électeurs seront plus regardants et les recyclages politiques moins nombreux.

Dans les partis qui prétendent sérieusement à l’alternance, l’âge sera un des critères de sélection du leader. Les septuagénaires seront confrontés au renouvellement du personnel politique et à l’émergence de nouveaux visages. C’est la conséquence directe du retour de la jeunesse dans le processus de distribution du pouvoir par les urnes.
2018 était une sacrée occasion. Il ne s’en présentera pas d’autre avant un certain temps. La prochaine élection présidentielle est loin. La probabilité que Paul Biya ne termine pas son mandat est plus forte. Si cela devait se produire, les cartes seraient rebattues pour 15 ans au moins.

Pour l’instant, le Cameroun se reveille. Sa démocratie avance et se consolide.

Le peuple prend ou reprend conscience de son rôle et retrouve confiance dans son poids. La prochaine consultation de ce type se décidera dans les urnes. Sans le moindre soupçon. Le vote par affinité régionale et la théorie du tour n’auront pas disparu. Mais tous ceux qui prétendront à la magistrature suprême auront à dépasser ces clivages pour rassembler plus large: sur l’idéal national, sur la communauté de destin et sur la force de l’unité pour construire un Cameroun plus solide, plus stable, plus sûr, plus prospère.

Ecrit par : Jean Vincent Djenda Mondon

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