Le Cameroun pas encore prêt pour la couverture santé universelle

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L’implémentation de ce projet censé améliorer le standard de vie des Camerounais est conditionné par de multiples préalables.

La Couverture santé universelle consiste selon l’Organisation mondiale de la santé, à « veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin, et à ce que ces services soient de qualités suffisantes pour être efficaces, sans que les coûts n’entraînent des difficultés financières pour les usagers ». C’est dans le souci d’apporter des soins de qualité aux Camerounais et à un coût réduit, que l’hémicycle de l’Assemblée nationale a abrité le 13 novembre dernier, le forum des parlementaires sur la Couverture santé universelle (Csu). Cette assise était organisée par la Commission des affaires culturelles, sociales et familiales en collaboration avec la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Le forum avait pour objectif de discuter des enjeux et défis de cette question cruciale afin de trouver des solutions pour un accès équitable aux soins de santé. Pour l’honorable Abang Peter Njume, la question de la Csu doit être perçue comme un élément important des droits de l’homme : « Une structure solide doit être mise en place afin d’assurer la bonne implémentation de cette priorité ».

La question du financement

A écouter les uns et les autres, beaucoup restent encore à faire tant sur le plan du mode de financement que sur l’approche devant amener les uns et les autres à s’approprier ce système. Mais, un travail a déjà été fait en amont à savoir la sélection des soins du premier panier de base. Ce panier est constitué de 185 interventions et 115 sous interventions. Ce package de 300 items est réservé aux populations vulnérables : les enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes. Pour le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, la mise en œuvre de la Csu doit se faire de manière progressive. Pour cela, le directeur général de la Cnps, Olivier Mekulu Mvondo, prévient de quelques écueils. Pour lui : « Il faudrait s’assurer tant de la bonne mise en place du système que de sa fonctionnalité et surtout de sa soutenabilité à long terme ». Et d’ajouter : « Sur le plan financier, nous devons nous appuyer sur une étude de terrain afin de déterminer jusqu’où nous pouvons aller ».

Le 12 décembre 2017 lors de la cérémonie de pré validation des données pour l’estimation des coûts de panier des soins au Cameroun, il était question de mobiliser la somme de 1300 milliards par an pour assurer des soins de qualité. Les contributions doivent venir des bénéficiaires à travers une cotisation obligatoire. L’Etat et peut être certains partenaires pourront apporter leur part pour la réussite de ce système. Les modalités de cotisation et d’affiliation ne sont pas encore connues. L’avant projet de loi en étude sur la question nous permettra probablement d’y voir plus clair.

L’attente…

C’est depuis plusieurs années qu’on parle de la couverture universelle santé au Cameroun. Dans son discours de campagne prononcé le 4 octobre 2011 à Maroua, le président Paul Biya s’était engagé à mettre « en place un dispositif de sécurité sociale universelle qui sera la résultante de la modernisation devant s’opérer dans notre système d’assistance et de prévoyance sociale ». Il en faisait également écho le 6 novembre 2018 dans son discours d’investiture. Sur le terrain, ce système n’est pas encore palpable par les populations. Les députés espèrent voir ce système de santé prendre véritablement corps dans les prochains mois. Loin du slogan santé pour tous en l’an 2000, l’honorable Kwei Andrew Mngo garde espoir : « Mon souhait c’est de voir cette nouvelle idée être mise en œuvre afin que tous les citoyens puissent en tirer profit ». Pour le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owana, beaucoup a déjà été fait.

En fait, pour une mise en œuvre de la Csu, il faut des préalables au rang desquels une amélioration du niveau des plateaux techniques et le renforcement les capacités du personnel sanitaire entre autres.


© Le Jour


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