Préservation de la paix: La prière est-elle suffisante au Cameroun?

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« Pays de paix, pays en paix », le Cameroun qui tient à sa réputation d’antan s’en remet à l’Éternel Dieu, Tout Puissant.

Le Cameroun n’entend pas laisser voler en éclat sa réputation de « pays de paix, pays en paix ». Pour y parvenir, les camerounais sont appelés à s’investir dans la « Matinée Nationale de Prière », un concept mis sur pied par les personnalités et leaders religieux, occasion pour eux d’adresser au Très-Haut des prières, des supplications pour la paix, et la réconciliation.

Le Révérend Dr. Pierre Libom Li Likeng, Président de la Matinée Nationale de Prière pense à cet effet que « L’Expérience que nous voyons dans d’autres pays avec la Matinée Nationale de Prière, nous pousse à croire que nous pouvons aussi réaliser les mêmes résultats ». Ainsi la Matinée Nationale de Prière dont la 9ème édition s’est tenue le 22 novembre 2018, se veut une arme spirituelle dont le Cameroun doit désormais user pour contrarier les menaces de déstabilisation qui planent aujourd’hui sur sa tête.

La menace est réelle!

Dans la partie Nord du pays, la secte terroriste Boko Haram quoiqu’annoncée affaiblie, reste un danger permanent à éradiquer une bonne fois pour toute.Depuis octobre 2016, dans les région du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Cameroun vit des interminables nuits cauchemardesques avec les revendications sociopolitiques qui ont débouché sur des conflits à mains armées entre les Forces séparatistes et l’armée régulière. Attentats, exécutions, incendies, enlèvements, villes mortes sont quelques clichés qui  sombrent depuis plus de deux ans, le quotidien des populations aux idées pro-gouvernementales, les édifices publics, les autorités et leurs résidences, les élèves et leurs établissements, les commerçants, etc. Réélu pour 7 nouvelles années à la magistrature suprême camerounaise, le Président Paul BIYA, dans son discours d’investiture prononcé le 06 novembre 2018, se montre préoccupé par le problème du « NOSO » qui plombe les populations desdites régions dans la frustration à cause « des forces négatives  (qui, ndlr) ont cru pouvoir profiter des revendications d’ordre corporatiste pour essayer de mettre en œuvre un projet de sécession ». Paul BIYA va par la suite promettre de faire « en sorte que le calme et la sérénité reviennent dans les deux régions concernées, dans le respect des institutions », au cours de son nouveau mandat.

 

A coté de la menace entretenue par la secte terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord, et la Crise sociopolitique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il y a la question des replis identitaires savamment remise en surface par le scrutin présidentiel du 7 octobre 2018. Comme par magie, le problème s’est retrouvé devant les sages du Conseil constitutionnel lors des audiences du contentieux post-électoral.

Grégoire Owona, MINTSS et SG Adjoint du RDPC lors des audiences du contentieux post-électoral

« Boulou et Bamiléké cherchent quoi ici? » La fameuse question à Clément Atangana et ses pairs d’un Grégoire Owona (Ministre du Travail et de la sécurité sociale et par ailleurs Secrétaire Générale Adjoint du RDPC) sorti de ses gonds après quelques altercations dans les coulisses avec l’équipe de Maurice Kamto (Candidat à l’élection présidentielle 2018), traduit à suffire le degré d’infiltration du tribalisme dans la société camerounaise. Des problème et bien d’autres qui font dire à Jean Biangue Tinda, un ingénieur camerounais vivant à Allemagne, que « Le diable est venu pisser sur le Cameroun et les anges refusent de venir nous laver ».

Etre des lumières pour Chasser le mal qui tend à s’installer dans notre pays – Enow Abrams Egbe

Au Cameroun, le problème semble avoir été saisi, et pour y remédier, il faut appeler Dieu à la rescousse. Le concept de « Matinée Nationale de Prière » y convainc plus d’un dans l’establishment camerounais. A l’occasion de la dernière édition, Grégoire Owona déclare: « Il est bon que nous prions souvent l’Eternel en particulier pour la paix dans notre pays et pour ceux qui gouvernent ». Pour Enow Abrams Egbe, le Président du Conseil Electoral, de Elections Cameroon, la Matinée Nationale de Prière,  » cette opportunité nous rappelle que nous pouvons, individuellement ou collectivement, à tout moment, être des lumières pour Chasser le mal qui tend à s’installer dans notre pays »

Mais il faut dire,  prier pour la paix c’est bon, aspirer à la bonne gouvernance pour rester dans la paix, c’est encore mieux. Le pouvoir et la paix, seraient tous les dons du Ciel. Puisque chez nous, c’est Dieu qui donne le pouvoir, on doit comprendre que quand il donne le pouvoir, il doit aussi donner la paix, mais à condition que l’on gouverne le peuple dans le strict respect de son intérêt. Adresser des prières et des supplications à Dieu pour la paix serait comme si la guerre était une fatalité, surtout si elle vient de l’intérieur, une dégénérescence qui survient sans nous et malgré nous. Alors qu’en réalité, les soulèvements sociaux sont la manifestation des frustrations longtemps ruminées de l’intérieur par des populations qui s’estiment marginalisées. Il faut donc poser de bonnes questions pour parvenir aux bonnes solutions. Entre-temps, le mal camerounais va grandissant alors qu’on parle aujourd’hui de la neuvième édition  de la Matinée Nationale de Prière. Qu’est-ce qui ne marche pas, Dieu est-il devenu sourd?


© Actu-plus.cm, Franck Olivier BIYA


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