Lendemain de la Présidentielle: Le G20 affiche ses divisions

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Jean de Dieu Momo et Banda Kani affirment que la mission de ce regroupement politique est terminée depuis la réélection de Paul Biya. D’autres membres entendent encore se servir du label.

Le G20 est divisé plus que jamais au moment où le président Paul Biya poursuit les nominations au sein de l’appareil gouvernant. Évidemment, des récompenses sont attendues au sein de ce regroupement de 20 partis politiques ayant soutenu le chef de l’Etat réélu à l’issue de la présidentielle du 7 octobre dernier. C’est Banda Kani, le président du Nouveau mouvement populaire(Nmp), qui met le pied dans le plat. « Vous voulez savoir la vérité ? Eh bien je vais vous la dire. J’ai été contacté par des gens (des membres du G20) qui me demandaient d’assister à une réunion car, disaient-ils, un document est arrivé, et chacun doit mentionner ce qu’il veut comme poste. Ce n’est pas sérieux. Je ne peux aller à une telle réunion », a-t-il fini par déclarer au cours de l’entretien téléphonique hier, 16 décembre 2018. Puis l’homme politique a ajouté : « j’assume mes propos. »

Banda Kani réagit ainsi au lendemain de la réunion du G20 qui s’est tenue à Yaoundé vendredi dernier, 14 décembre, avec trois points à l’ordre du jour, selon le communiqué de presse signé par Benz Enow Bate, membre de ce regroupement, par ailleurs président du Cameroon Democratic Party (CDP). Officiellement donc, les travaux qui se sont déroulés à sa résidence au quartier Odza, ont porté sur l’évaluation des activités du G20lors de la dernière présidentielle, les perspectives de ce rassemblement politique, enfin la préparation d’une réunion prévue à Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est. L’info claire et nette .Cependant, au cours de la conférence de presse ayant suivi la réunion, Benz Enow Bate, répondant aux questions des journalistes, s’en est pris vertement à trois membres de la plateforme : Jean de Dieu Momo du Paddec, Banda Kani du Nmp et le député Robert Bapooh Lipot de l’Upc. Ils étaient tous absents. « Ici ce n’est pas l’Upc où il y a des factions. Alors, nous ne voulons pas de factions », a lâché Benz Enow Bate. Puis il a poursuivi : « J’ai personnellement appelé Bapooh Lipot qui a refusé de venir à notre rencontre. Je n’ai peur de personne. Nous sommes tous membres du G20. Ce n’est donc ni la maison de Momo, ni celle de Banda Kani, ni de Bapooh Lipot. » Benz Enow Bate aurait voulu en dire plus, mais ses congénères l’ont prié d’arrêter.

Avenir

Ils ont insisté sur l’essentiel selon eux ; à savoir l’avenir du G20. Cette plateforme s’est doté d’une espèce de bureau, avec à sa tête Benz Enow Bate qui assure les fonctions de porte-parole. Il a pour adjoint Benoit Olivier Essomba, le président de l’Union pour la bienveillance du Cameroun (Ubc). Le secrétariat général est assuré par Guy Roland Mendeng Ebanda du Front patriotique de libération du peuple (Fplp). Parmi les conseillers, il y a Tita Samuel Fon qui, après avoir été exclu du Cameroon People’s Party (CPP), jouit aujourd’hui de la reconnaissance du ministre de l’Administration territoriale. Dans un arrêté ministériel signé en juillet dernier, Paul Atanga Nji a reconnu Tita Samuel Fon comme le seul représentant du parti jusque-là dirigé par Kah Walla.

Vendredi dernier, le secrétaire général, Guy Roland Mendeng Ebanda, a insisté sur la nouvelle orientation politique du G20. « Il se positionne désormais entre deux extrêmes. D’un côté le parti au pouvoir et le gouvernement. De l’autre l’opposition radicale. Nous sommes un regroupement au centre, des Républicains. Nous devenons une force de proposition sur la situation sociopolitique du Cameroun », a-t-il expliqué. Il n’empêche que l’essence du G20 reste le soutien au président Paul Biya, indique Benz Enow Bate. C’est lui qui a formulé les félicitations à Paul Biya pour l’arrêt des poursuites judiciaires contre 289 détenus de la crise anglophone.

Cette sortie du G20 ne se justifie pas, pensent Jean de Dieu Momo et Banda Kani. Accusés de rouler pour eux-mêmes, ils répondent que la mission de ce regroupement est terminée au soir de la victoire de Paul Biya à l’élection présidentielle du 7 octobre dernier. Jean de Dieu Momo explique son positionnement : « Le G20 ce sont des partis politiques d’obédiences différentes qui se sont mis ensemble pour soutenir un candidat. Cela a été fait avec succès. S’il faut aller plus loin, nous devons en discuter. Je reste ouvert à la discussion en affirmant que mon parti et moi ne poursuivons pas un intérêt pécuniaire. Nous sommes à la conquête du pouvoir, c’est-à-dire des postes électifs. Des nominations ne sont pas exclues. »

Quant à Banda Kani, il soutient : « Le G20 ne m’apporte plus rien aujourd’hui. J’avais été contacté par le pouvoir pour une coalition en faveur du président Paul Biya. Cela été fait. Pour moi, cette coalition n’existe plus ; à moins que le pouvoir me contacte à nouveau et me demande d’aller plus loin. »


© Le Jour, Assongmo Necdem


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