L’ex-avocat de Trump, Michael Cohen, condamné à trois ans de prison ferme

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Michael Cohen, U.S. President Donald Trump's former attorney, exits the United States Court house after his sentencing, in the Manhattan borough of New York City, New York, U.S., December 12, 2018. REUTERS/Jeenah Moon

Michael Cohen a été condamné pour avoir acheté, à la demande du président peu avant son élection, le silence de deux femmes avec qui il aurait eu des relations. Une version corroborée par le patron de presse, David Pecker,qui a reconnu avoir versé 150.000 dollars à l’une d’elle.

Michael Cohen, l’ancien avocat personnel de Donald Trump, a finalement écopé de trois années de prison ferme. Il a été condamné mercredi par un tribunal de Manhattan pour une série de délits commis lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Le juge William Pauley l’a notamment reconnu coupable d’avoir acheté, pour le compte de Donald Trump, le silence de deux femmes qui affirmaient avoir eu une relation extraconjugale avec l’homme d’affaires. En août dernier, déjà, l’ancien homme de confiance du président avait plaidé coupable de ces chefs d’accusation, affirmant avoir agi à la demande de Donald Trump. Et ces versements d’argent, 130 000 dollars à l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels et 150.000 dollars à Karen McDougal, un modèle qui posait pour le magazine Playboy, constituent des infractions aux règles de financement des campagnes électorales, selon le ministère public. «C’est ma faiblesse et ma loyauté aveugle à cet homme qui m’ont conduit à choisir le chemin de l’obscurité au détriment de la lumière», a déclaré Michael Cohen lors de l’audience, aujourd’hui. «Je pensais qu’il était de mon devoir de couvrir ses mauvais agissements», a-t-il ajouté, se référant à Donald Trump. Sa condamnation a été assortie d’une amende de 500.000 dollars et de la restitution de près de 1,4 million de dollars détournés des finances de la campagne de 2016 pour acheter le silence des deux femmes.

Un patron de presse avoue avoir versé de l’argent à Karen McDougal

Mais la version de l’ancien soutien de Donald trump a été corroborée par l’éditeur du magazine National Enquirer David Pecker, qui a passé un accord avec la justice américaine fin septembre mais révélé ce mercredi. Ce dernier prévoyait sa coopération avec les enquêteurs et la reconnaissance du versement, lors de la campagne de 2016, de 150.000 dollars à l’ancienne mannequin Karen McDougal. L’éditeur American Media International (AMI) a ainsi reconnu que cette somme, officiellement pour s’assurer de l’exclusivité du récit de son aventure supposée avec Donald Trump, visait, en réalité «à dissimuler le témoignage du mannequin pour empêcher qu’il n’influence l’élection» présidentielle. Et David Pecker reconnaît avoir effectué ce paiement «de concert avec la campagne d’un candidat à l’élection présidentielle», a indiqué le bureau du procureur fédéral de Manhattan, Geoffrey Berman, dans un communiqué.

L’avocat personnel de Donald Trump et ancien maire de New York, Rudy Giuliani, affirme quant à lui, que ces versements ne constituent pas une violation des règles sur le financement des campagnes électorales. Il soutient que ces versements d’argent visaient à protéger la réputation de Donald Trump et qu’ils auraient été faits même si celui-ci n’avait pas été candidat à l’investiture républicaine.

Michael Cohen plaide coupable de mensonge dans l’enquête russe

Les avocats de Michael Cohen ont demandé dans leurs conclusions que leur client soit exonéré de toute peine d’emprisonnement. S’ils ont expliqué que les infractions qu’il avait commises s’expliquaient par «une farouche loyauté» à l’égard de Donald Trump, l’un d’eux a également insisté sur le courage de son client qui a accepté de coopérer avec le procureur Mueller. Michael Cohen a en effet accepté de coopérer avec le procureur spécial qui mène les investigations dans l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016. «Bien que M. Cohen ait promis d’aider les investigations à venir, c’est une chose que le tribunal ne peut pas prendre en considération pour l’instant», a répondu le magistrat.

L’ex-conseil du président a également plaidé coupable de mensonge lors de son audition devant le Congrès dans le cadre de cette enquête, en novembre. Il avait notamment menti sur le projet de construction d’une tour Trump à Moscou, entreprise que le magnat de l’immobilier poursuivait depuis plusieurs années. Or les contacts avec des représentants russes concernant ce projet n’avaient pas cessé en janvier 2016 comme l’affirmait Donald Trump, mais s’étaient poursuivis jusqu’à l’été 2016 alors que le magnat avait remporté les primaires républicaines.


Par   Le figaro.fr 


 

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