Opération Epervier: inquiétudes de certains barons, le TCS reprend du service

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L’instance juridictionnelle que préside Emmanuel Ndjéré accompagne le chef de l’Etat dans sa volonté de combattre la corruption et les détournements des fonds publics.

Les interpellations, les auditions et les condamnations qui ont cours dans cette juridiction ces derniers mois sont la preuve que des personnalités soupçonnées de piocher dans les caisses de l’Etat ont du mal à trouver le sommeil. Contrairement à ce que pensent certains observateurs, Paul Biya n’a pas faibli face à la distraction des deniers publics par des gestionnaires véreux. Les anciens ministres, anciens directeurs généraux, maires, anciens préfets, anciens recteurs et autres gestionnaires des fonds publics ont été entendus ces dernières semaines. Les autres devraient être interpellés dans les prochains jours.

Les informations qui nous parviennent ces dernières semaines du côté du Tribunal Criminel spécial (Tcs) démontrent que cette juridiction a repris intensément ses activités. Contrairement à ceux qui pensaient que le Tcs est en perte de vitesse, la réalité prouve que le nouveau président de cette juridiction, Emmanuel Ndjéré fait son travail. En l’espace de quelques jours, de nombreuses personnalités ont été entendues au Tcs pour des crimes économiques. Selon les informations relayées par la presse, on apprend que l’ancien recteur de l’Université de Douala, Dieudonné Oyono a été entendu au Tcs la semaine dernière et trois de ses coaccusés. Ils ont été informés des charges retenues à leur encontre. Selon l’acte d’accusation revisité au cours de l’audience sous le contrôle du tribunal dirigé par le juge Nyoh Mathias Dinga, trois faits majeurs sont reprochés au Pr. Dieudonné Oyono, ex coordonnateur du pro- gramme national de Gouvernance (PNG). Des faits ayant cours dans la période de gestion allant de l’année 2014 à l’année 2015.

Le Tcs impute l’universitaire un détournement de 141, 7 millions de Fcfa sortis de la caisse d’avance de l’Université de Douala pour une destination restée inconnue, sans justification. En plus, le Tribunal criminel spécial a condamné le maire d’Endom à 15 ans de prison. Renvoyé en jugement devant le Tcs pour un détournement de 330 millions de Fcfa, il a été reconnu coupable d’avoir distrait 120 millions de Fcfa. Le tribunal a également condamné le concerné à restituer à l’Etat du Cameroun, partie civile dans la procédure, la somme totale de 130 millions de Fcfa représentant le montant détourné et le préjudice économique (10 mil- lions de Fcfa). L’ancien sous- prefet de Bankim a lui aussi été entendu au Tribunal criminel spécial. Monsieur Bouba Dairou est accusé de malversations financières enregistrées lors du paiement des indemnisations des victimes de la construction du barrage de la Mape.

Le tribunal lui reproche d’avoir facilité à des imposteurs de percevoir l’argent litigieux à l’aide des procurations et des certificats d’individualité qu’il a signés « à blanc ». Il est aussi accusé d’avoir légalisé un protocole d’accord faisant de son coaccusé Flaubert Mouwa, le porte-parole des populations des villages Nkopoh et Ndoumdjani, victimes de la construction du barrage. L’ancien chef de terre nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Mais on en est plus aux procédures pour l’ex receveur municipal de Moloundou. Le Tribunal criminel spécial a rendu son verdict, le 12 décembre 2018, sur cette affaire qui opposait l’Etat du Cameroun à l’ancien maire de Moloundou. Ce dernier est accusé par les populations du non reversement de la quote-part de 10% qui revient de droit aux populations dans l’enveloppe de 50% de la redevance forestière annuelle (RFA) reversée aux Communes.

LES GROS POISSONS EN LIGNE DE MIRE

Le chef de l’Etat n’a pas perdu la garde en ce qui concerne les détournements dans les hautes sphères de la République. Comme les populations peuvent dénoncer la gabegie des préfets, sous-préfets, maires et receveurs municipaux, Paul Biya reste lui aussi regardant sur la gestion des ministres et directeurs généraux des entre- prises publiques et parapubliques. Après la « promotion en prison » de l’ex ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, certains observateurs ont pensé que le Tribunal criminel spécial était en perte de vitesse et que le chef de l’Etat qui diligente les poursuites judiciaires contre les gestionnaires véreux des fonds de la République avait perdu le sens de son combat. Que non ! Le président de la République reste égal à lui-même. L’homme Lion, très imprévisible, va selon certaines informations ordonner de nouvelles interpellations dans les tous prochains jours. L’opinion qui perdait déjà espoir devrait constater que l’épervier n’a pas encore perdu ses ailes. Les noms qui circulent déjà pour les prochaines arrestations sont connus. On évoque l’ancien ministre des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o et l’ancien directeur général de la Cameroon Telecommunications (Camtel), David Nkoto Emane, tous des fils du Sud, région dont est originaire le chef de l’Etat.

Certains avaient conclu en disant que le président de la République protégeait les siens (les bulu) pour sacrifier les fils et filles des autres régions du Cameroun. Paul Biya ne fait acception de personne dans sa volonté de combattre la corruption et les détournements des deniers publics. L’homme du Renouveau n’a pas perdu le combat contre les détourneurs des deniers publics. La nomination d’un nouveau président au Tribunal criminel spécial en la personne d’Emmanuel Ndjéré, un homme qui ne recule devant rien mais qui veut une justice saine et objective, était un signe annonciateur de l’intensification de la lutte. Les faits aujourd’hui parlent d’eux-mêmes. Des personnalités soupçonnées de détournements à tous les ni- veaux de gestion publique sont interpellées, entendues et pour certaines condamnées. L’opération épervier est en marche et le Tcs impulse la dynamique.


© L´Epervier


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