Roger Milla : «Samuel Eto’o est à l’origine du désastre du football camerounais»

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L’un est l’idole de l’autre. Les deux se respectaient. Jusqu’à ce que Roger Milla critique le peu d’engagement de son admirateur à redorer le blason de l’équipe nationale fanion. Ils se regardent désormais en chiens de faïence et se lancent des pics par médias interposés.

Au cours d’une rencontre à Yaoundé le 10 décembre 2018, Albert Roger Milla s’est lâché contre «son fils» Samuel Eto’o qu’il considère comme «la cause de l’échec du football» : «Est-ce que le comité de normalisation est normal ? S’ils ont décidé que c’est Seydou, qu’ils nous disent. Comme c’est Samuel Eto’o qui gère la Fecafoot. Il n’a pas le droit de faire des bagarres avec des personnes qui l’ont soutenu hier. Ca ne sert à rien qu’il m’appelle toujours mon «père». Je ne veux plus qu’il m’appelle ainsi». Avant d’ajouter que «tant qu’il n’a pas changé, qu’il ne m’appelle plus mon «père». L’info claire et nette. Je ne peux pas accepter que Samuel soit l’origine du désastre de notre football.

Avec tout ce qu’il a fait pour ce sport, ce n’est pas possible que ce soit lui qui fasse cela». Une réaction qui n’a pas surpris le concerné qui avoue «avoir pris ses distances avec mes aînés depuis longtemps». Dans une tribune publiée sur sa page Instargram, Eto’o avance que : «J’ai arrêté d’appeler Roger Milla. Depuis 2014, s’il prêtait attention, il se serait rendu compte que j’avais arrêté de l’appeler «mon père». Je ne me sens plus le coeur de l’appeler ainsi, car il ne le mérite pas. J’ai pris la résolution de travailler seul avec ma conscience, pour le développement du football camerounais ».

VERSATILITÉ

En 2014, avant le mondial brésilien où les Lions indomptables ont terminé derniers du tournoi, la deuxième fois sous son capitanat après Afrique du Sud 2010, Samuel Eto’o sur le plateau de la chaîne de télévision privée Canal 2 international, dans le programme Ktapult, avait émis le voeu de voir «le football être géré par les footballeurs». Pour lui, «ils sauraient mieux comprendre les problèmes de ce milieu».

Seulement, à ce jour, les actes et les alliances de l’ex-capitaine sont en déphasage avec ce discours. «Quand j’entends Roger Milla demander que je brise le «pacte» que j’aurais avec Gilbert Kadji, j’ai envie de rire. Gilbert Kadji a fait de moi plus que tous mes pairs réunis. Je lui dois tout ce que je suis aujourd’hui. Puis-je en dire autant de Roger Milla? Non!

Quand j’entends Roger Milla dire que seuls les footballeurs doivent gérer le football, dois-je lui rappeler que Gilbert Kadji, qui a permis à plusieurs footballeurs d’éclore, n’a jamais été footballeur ? Dois-je lui rappeler que les présidents et entraîneurs qui ont permis à ces ainés d’éclore n’ont jamais été footballeurs pour la plupart?».

Une versatilité que certains analystes justifient par le fait que «Samuel Eto’o voudrait à tout prix et à tous les prix imposer son mentor et ses affidés, dont Seydou Mbombo Njoya, à la tête de la Fecafoot. Il a réussi le coup avec Dieudonné Happi, le plan B après le rejet de la candidature de Gilbert Kadji comme président du comité de normalisation. Pour le fils du Sultan des Bamoun, l’opposition est plus forte».


© Repères


 

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