APPAUVRISSEMENT DE L’AFRIQUE PAR LE FCFA: La France au centre de la polémique

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Depuis les sorties la semaine dernière de plusieurs personnalités italiennes accusant la France d’exercer certaines pratiques sur les Etats africains, le sujet autour du FCFA a refait surface et comme à l’accoutumée divise l’opinion.

Entre Rome et Paris les relations ne sont définitivement plus au beau fixe. A la querelle sur la crise migratoire, s’est ajoutée depuis quelques jours déjà, l’émission du Franc CFA par la France et son utilisation par une quinzaine de pays africains. L’Italie dénonce à répétition cette pratique par la France à l’origine de plusieurs fléaux. La semaine dernière, le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a été le premier à lancer les hostilités sur le sujet. Pour lui, « si aujourd’hui il y a des gens qui partent, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains. Il y a des dizaines de pays africains où la France imprime une monnaie, le franc des colonies et avec cette monnaie elle finance la dette publique française (…) Si la France n’avait pas les colonies africaines, parce que c’est ainsi qu’il faut les appeler, elle serait la 15ème puissance économique mondiale alors qu’elle est parmi les premières grâce à ce qu’elle est en train de faire en Afrique », a-t-il déclaré. Connu pour son franc-parler, celui qui est également dirigeant du Mouvement cinq étoiles (M5S) a par la suite invité l’Union européenne (UE) à « imposer des sanctions à la France et à tous les pays comme la France qui appauvrissent l’Afrique et obligent ce peuple à partir ».

Dans cette même lancée, Alessandro Battista lors de son passage sur une chaine de télévision italienne a tenu ces propos : « Actuellement, la France, dans les environs de Lyon, imprime une monnaie utilisée par 14 pays africains, presque tous dans la zone subsaharienne qui, au lieu de leur garantir un développement, sont plombés dans une dépendance très dangereuse à court terme. Mais, surtout, la France, à travers le contrôle géopolitique de cette région où vivent plus de 200 millions de personnes qui utilisent cette monnaie, gère de fait la souveraineté de ces pays et empêche toute véritable politique de développement alternatif et durable (…) tant que cette monnaie continuera à dicter l’avenir de millions d’Africains, nous verrons ces milliers de jeunes, fuyant misère et faim, tenter de gagner nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure ».

Suite à ces déclarations que nombreux qualifient de diffamatoires, le Quai dorsay n’est pas resté insensible. Dans un premier temps, la colère des autorités françaises s’est manifestée par la convocation de Teresa Castaldo, ambassadrice d’Italie à Paris, au ministère des Affaires étrangères où ces propos ont été qualifiés « d’inacceptables». Au plus haut sommet de l’Etat, le sujet est curieusement jugé dérisoire. D’ailleurs le porte-parole du gouvernement, Benjamin Grievaux a témoigné du caractère serein du chef de l’Etat Emmanuel après ces déclarations. Emmanuel Macron et son équipe a-t-il déclaré préfèrent mettre un accent sur « ce qui est important pour la France ». Même si en Afrique, le débat rouvert par l’Italie ne semble pas jusque-là susciter de vives réactions par les principaux concernés, certaines voix à l’instar du Sénégalais Ousmane Sonko et de l’économiste ivoirien Mamadou Koulibaly ont toujours dénoncé l’utilisation de cette monnaie.

L’Essentiel du Cameroun N°231, Mercedes Baleheka

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