Cameroun – Réalisation des Projets:Trop de blocages

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Au gouvernement le président de la République, Paul Biya, a fermement prescrit la conduite de tous les projets dans les délais et dans les règles de l’art.

L’insistance vaut son pesant d’or. Dans sa communication spéciale lors du conseil de ministériel du 16 janvier dernier, le président de la République a abordé une fois de plus, la problématique de la qualité des projets de développement réalisés par le gouvernement ou exécutés sous la supervision de celui-ci. Le choix des mots est révélateur : « J’insiste aussi sur le fait que tous nos projets, je dis bien TOUS, devraient être réalisés dans les délais impartis. Il n’est pas tolérable que certains d’entre eux ne soient pas exécutés selon le calendrier convenu ou soient tout simplement abandonnés ».

Dans le propos du chef de l’Etat, transparaît une certaine exaspération face à un phénomène qui a vu tant de projets tomber à l’eau, tant de ressources évaporées alors que les problèmes des populations que ces infrastructures étaient censées régler restaient entiers. La question est donc à nouveau sur la table, au moment où une nouvelle équipe gouvernementale entre en fonction, constituée pour rendre concrètes les promesses du chef de l’Etat, d’améliorer les conditions de vie de ses concitoyens. Et il faut voir dans le ton du président Paul Biya, une détermination plus forte encore, un rejet de la médiocrité et de la duplicité dans la conception et dans la mise en œuvre des projets de développement. Cette incapacité parfois intentionnelle, qui sert à couvrir des pratiques malveillantes, destinées à ponctionner à longueur d’année, les caisses de l’Etat.

En tout cas, le gouvernement est averti. Il sait ce qu’il lui reste à faire pour veiller aussi bien à la maturation qu’à la bonne exécution. Depuis plusieurs années, Paul Biya n’a eu de cesse de décrier l’utilisation faite du budget d’investissement public. Instrument fort bien pensé pour transformer chaque année un peu plus, les conditions de vie des populations. Routes, logements, hôpitaux, établissements scolaires et universitaires, eau potable, électricité… Les champs d’application du BIP sont élaborés pour que les ressources affectées à chaque exercice budgétaire offrent aux Camerounais à travers les 10 régions, de nouvelles infrastructures et services de qualité pour leur épanouissement.

La pratique a malheureuse- ment montré que le BIP était devenu la cible de prédateurs de la fortune publique, qui redoublent d’ingéniosité malsaine pour empocher les milliards mis à disposition pour l’investissement public, tout en laissant le pays toujours orphelin d’infrastructures de pointe. Les projets mis sur pied pour transformer ces ressources en réalisations, et dont le chef de l’Etat parle ont souvent été ces dernières années, un champ d’expression de l’inertie décriée à plusieurs reprises. Sous-consommation des crédits, surfacturations, lenteurs dans l’exécution, malfaçons, abandons de projets…

Voilà la liste des « maladies » les plus courantes du budget d’investissement public au Cameroun. Et quand Paul Biya insiste sur le respect des délais impartis pour tous les projets, il sait de quoi il parle. Il s’agit en vérité de lever ces obstacles souvent volontairement posés pour servir des intérêts particuliers. Parce que les lenteurs et goulots d’étranglement sont bien identifiés. Il en est ainsi des études de faisabilité qui s’éternisent ou sont bâclées. Avec pour conséquence des projets immatures pour lesquels des « oublis » vont entraîner des blocages et des dépenses supplémentaires, cause de nombreux retards.

L’exemple le plus patent est chez nous est la libération des emprises sur les chantiers d’infrastructures routières. La récurrence de cet obstacle interroge sur la qualité des études préalables, notamment en ce qui concerne les expropriations. C’est le casse-tête le plus régulier des chantiers d’infrastructure au Cameroun, qui allonge indéfiniment les délais de livraison. Un peu comme les insuffisances constatées dans les études de faisabilité, qui imposent des avenants, autre explication au non-respect des délais.

En évoquant le sujet le 16 janvier dernier, le chef de l’Etat voulait solennellement rappeler à son équipe que ces projets représentent sa parole donnée aux électeurs. Et qu’il revient aux membres du gouvernement de mettre tout en œuvre pour que les promesses soient tenues, et que les électeurs aient le juste retour de leur choix. Paul Biya l’a dit : il ne tolérera pas qu’un seul projet s’égare. Mais au contraire, mettra un point d’honneur à ce que chaque projet soit élaboré selon les règles de l’art, en prenant en compte toutes les composantes, toutes les probabilités ; et qu’il soit exécuté de manière rigoureuse, en conformité avec le cahier de charges et le calendrier arrêté. Car pour ceux qui s’y trompaient encore, il ne s’agit pas de saupoudrage, mais bel et bien de changer le Cameroun, de le conduire et le maintenir dans la prospérité. L’émergence dont on parle, ce n’est pas autre chose…


© Cameroon-tribune, Yves Atanga


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