Cameroun – Retrait de la Can 2019: Ce que Paul BIYA n’a pas dit

0
41

Le président de la République évoque des données qui ont poussé la CAF à un glissement de date, mais n’explique pas pourquoi l’organisation de cet évènement a été retirée au Cameroun alors qu’il s’y était engagé. Quid des conséquences qu’il compte en tirer ?

Le chef de l’Etat a attendu un mois après le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations au Cameroun par le comité exécutif de la Confédération africaine de football, le 30 novembre dernier à Accra, pour en dire un mot à ses concitoyens. Il a saisi l’occasion de son discours de fin d’année, le 31 décembre dernier, pour évoquer, la première fois, ce sujet qui déchire les Camerounais : « Comme vous le savez, notre pays était engagé à accueillir le grand rendez-vous du football africain en 2019.

La Confédération africaine de football, au regard de certaines données, a pensé qu’il fallait procéder à un glissement de date. Nous en avons pris acte », a noté Paul Biya, dans la toute dernière partie de son allocution. Et à propos des risques d’abandon des travaux d’infrastructures prévus dans le cahier de charges, le président prend un engagement : « Comme je l’ai déjà dit, tous les investissements liés à l’organisation de la CAN seront réalisés. Je saisis cette occasion pour vous demander de rester mobilisés afin qu’à terme, la modernisation de nos infrastructures routières, ferroviaires, hospitalières et sportives liées à ce grand événement, se concrétisent : notre pays le mérite bien. »

Raisons de l’échec

Le président de la République prend donc acte du glissement de date décidé par la CAF mais survole les « données » qui ont rendu inéluctable cette décision, autrement dit les raisons de cet échec. Le président et l’un des vice-présidents de la CAF ont porté pourtant ces derniers temps de graves accusations sur la sincérité des rapports des chantiers de la CAN adressés au chef de l’État qui, avouons-le, n’a pas multiplié des visites de chantiers : « Dans la réalisation de ce projet, il y a eu beaucoup de non-dits.

D’un côté, ceux qui sont sur le terrain rassurent votre chef d’État que tout sera prêt, le chef de l’État, en bon droit, rassure à son tour la CAF que tout sera prêt au regard des moyens colossaux qui ont été déboursés. Mais la réalité du terrain malheureusement n’a pas suivi », confiait, il y a peu, Constant Omari, l’un des vice-présidents de la CAF, dans une interview à Afrique Média.

Silence du président aussi sur l’idée d’un inventaire de tous les chantiers et prestations en cours pour savoir lesquels relèvent effectivement du cahier des charges afin de relâcher la pression sur les ressources publiques, proposition faite par un ministre lors de la réunion du comité national de préparation des coupes d’Afrique des nations de football 2016-2019 (Comip-Can) le 4 décembre dernier dans les services du Premier ministre. Quid aussi des entreprises adjudicataires des travaux inquiètes des retards de paiement des décomptes qui plombent leur trésorerie et retardent considérablement l’évolution des chantiers ?

Centres de décision

Paul Biya n’a pas évoqué non plus les insuffisances de l’organisation avec la multiplication des centres de décisions pour un même événement. Un dispositif éclaté entre le secrétariat général de la présidence de la République, le Comip-Can, le Cocan, le ministère délégué à la présidence chargé des Marchés publics et les maîtres d’ouvrages dont on ne savait pas toujours qui fait quoi exactement. camer.be. Le président de la République ne dit surtout pas si le même dispositif qui a débouché sur le résultat que tout le monde sait reste en vigueur.

Dans son adresse à la nation le 31 décembre dernier, le chef de l’État a enfin ignoré la colère et l’incompréhension des Camerounais choqués depuis le retrait de l’organisation de la CAN 2019 et qui continuent de demander des comptes.


© Le Jour, Claude Tadjon


Facebook Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.