Paris: Des supporteurs de Kamto saccagent l’ambassade du Cameroun

0
371
Manifestant de Maurice Kamto dans l'Ambassade du Cameroun à Paris
TCL TV

Ils sont, pour la plupart, membres du Conseil des Camerounais de la diaspora, une organisation proche de Maurice Kamto.

I ls l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Samedi, 26 janvier 2019, une dizaine d’activistes du Conseil des Camerounais de la diaspora (Cdd), une association de droit français opposée au régime de Paul Biya, escaladent le portail de l’ambassade du Cameroun à Paris. Ils sont rejoints, plus tard, par d’autres sympathisants, qui reprennent des chants de ralliement et scandent à tout rompre : « Kamto président ».

Ces intrus, conduits par Robert Wanto, le président du Ccd qui se fait appeler « Général », finissent par forcer la porte de l’ambassade. La suite c’est un saccage dénoncé par les autorités de Yaoundé et par une grande partie de l’opinion publique. Robert Wanto et ses « troupes » ont dit avoir « donné l’assaut » sur l’ambassade du Cameroun à Paris pour envoyer un message aux autorités de Yaoundé, qui ont « réprimé » une marche initiée quelques heures plus tôt par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), le parti de Maurice Kamto, sur l’ensemble du territoire camerounais. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui est monté au créneau, a tenu à rappeler que cette marche était interdite. Une interdiction que les militants du Mrc ont choisi d’ignorer. Ce qui a conduit les forces de sécurité à se déployer pour faire respecter la décision de l’administration territoriale. Pour les activistes du Ccd, l’occupation de l’ambassade du Cameroun à Paris a pris une valeur symbolique. Le mouvement ne cache plus sa volonté d’en finir avec des manifestations ponctuelles, comme dans le cas des mobilisations à Paris après l’accident de train d’Eseka ou le décès tragique de Monique Koumatekel. Le Ccd veut lancer une grande révolution pour forcer Paul Biya à quitter le pouvoir. Comment cette révolution va s’organiser ? La question demeure sans réponse. Tout ce qu’on sait c’est que le fameux général Wanto confiait qu’il prépare en ce moment ses lieutenants pour le rush final.

L’occupation de l’ambassade du Cameroun à Paris le weekend dernier n’a donc rien de spontané. Un activiste proche du général Wanto, faisait savoir, dans une vidéo prise pendant cette occupation, que l’époque où les opposants de Paul Biya se cachaient est révolue. « Nous ne nous cachons plus », faisait-il savoir dans cette vidéo sur le saccage de l’ambassade, qui a été postée sur Facebook. On se rappelle que Robert Wanto, comme la majorité des membres influents du Ccd, sont des anciens leaders estudiantins. A l’époque de la réforme universitaire, au début des années 1990, ils avaient bloqué les cours pendant plusieurs mois sur le campus de l’université de Yaoundé. Un acte de défiance qui avait forcé plusieurs à prendre la route de l’exil. Robert Wanto s’était retrouvé en Afrique de l’Ouest avant de regagner Paris où il a retrouvé certains de ses anciens compagnons de lutte. Pour ces derniers, le combat continue.

Essingan N° 157, Par Michel Ange Nga

Facebook Comments