René Emmanuel Sadi: le retour du « dauphin »

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Il vient d’être porté à la tête du ministère de la Communication après sa sortie du gouvernement en 2018.

Fils d’un infirmier, il est scolarisé à Yoko, à Bafia et à Ngaoundéré suivant les affectations de son père. À l’issue de deux cursus parallèles à l’Université de Yaoundé, il obtient les deux licences en Droit et en Lettres modernes françaises. Il continue ses études à l’Institut des relations internationales du Cameroun. En 1975 il entre au ministère des relations extérieures et il remplit des fonctions au ministère et à l’ambassade du Cameroun au Caire.

En 1985, il devient directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence. Le 21 décembre 2004 il est nommé Secrétaire Général adjoint à la présidence dans le Gouvernement Ephraïm Inoni et dans cette fonction il est Ministre plénipotentiaire, représentant personnel du chef de l’État au Conseil permanent de la francophonie.

Proche de Paul Biya, il est nommé en avril 2007 Secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. En 2009, il devient ministre Chargé de mission à la Présidence de la République dans le Premier gouvernement Philémon Yang. Lors de l’élection présidentielle camerounaise de 2011, le nom de René Sadi avait été avancé comme un candidat potentiel, mais Paul Biya décide finalement de postuler lui-même pour un nouveau mandat.

Le 9 décembre 2011, René Sadi est nommé ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation dans le Deuxième gouvernement Philémon Yang. A la faveur d’un remaniement ministériel du gouvernement Yang en mars 2018, il regagne la présidence de la République avec rang de Ministre chargé de missions. Ce redéploiement est interprété par nombreux commentateurs de la vie politique camerounaise comme une mise en réserve du potentiel dauphin en vue de le préparer pour la succession du Président Paul Biya.

Il est très apprécié de Paul Biya, qui l’a déjà choisi pour effectuer des missions délicates. En 2013, il a ainsi été envoyé à la Fifa pour tenter de résoudre la crise qui touchait la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et qui avait abouti à la suspension du pays de toutes les compétitions internationales.

Jeune Afrique le présente comme un proche d’Ibrahim Talba Malla, directeur de la Société nationale de raffinage (Sonara), de Dieudonné Bougne, son beau-frère, PDG de Bocom, ou encore de Paul Célestin Ndembiyembé, membre du comité central du RDPC et rédacteur de ses discours. Il disposerait de relais dans la presse, notamment au sein du journal Le Détective, de Patrick Tchouwa, ou de l’organe du RDPC, L’Action, de Benjamin Lipawing.

Enfin, dernier atout, René Sadi est un ami du sultan des Bamouns, Ibrahim Mbombo Njoya, qu’il a connu en Égypte et qui est lui-même très écouté par Paul Biya. Redouté et respecté, il entretient une réputation d’homme intègre, jamais atteint par les affaires, et que peu osent contrarier.


ACP, Otric N.


 

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