Bertoua: Des secousses créent la panique

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Affluence en pleine Ville de Bertoua, suite à un accident de circulation survenu le 4 janvier 2019.

Le mutisme des pouvoirs publics sur des vibrations observées dans la capitale régionale de l’Est dans la nuit du vendredi 08 février 2019 a déclenché toutes sortes de spéculations.

Aucune communication officielle jusqu’à présent sur ce fait inédit qui s’est produit à l’Est. Selon des témoignages concordants des habitants de la ville de Bertoua, «dans la nuit du vendredi 08 février 2019, à 21h26 le sol a vibré pendant environ cinq secondes. Nous avons suivi un grand bruit souterrain. Un peu comme un grondement de tonnerre. Le sol vibrait comme si un train passait en dessous des maisons». Certains témoins disent avoir observé des fissures sur les murs de leurs maisons après ce moment de frayeur. Au-delà de ces dommages minimes, aucune perte en vies humaines n’a été signalée. En effet, cette fameuse nuit de vendredi, la capitale de l’Est a connu un grand moment de frayeur. C’est chacun qui se renseignait par téléphone pour savoir si ces vibrations ont été ressenties dans d’autres quartiers de la ville et ailleurs. Habituées à vivre de loin les phénomènes sismiques, les populations de la ville de Bertoua ont instantanément pensé à un «séisme». A en croire les uns et les autres, c’est chacun qui est resté éveillé sur son lit. Vérification faite sur les causes de cette situation, l’on a appris de sources non officielles que l’auteur de cet affolement n’était autre que la société Btd qui sous-traite pour Camwater. Cette entreprise aurait nuitamment effectuée des tirs de sondage, pour vérifier l’état des installations des tuyaux de conduite d’eau enterrés dans la ville de Bertoua. Enfouis à 1,60m de profondeur, il était question de tester leur solidité par des tirs de sondage, afin d’évaluer leur résistance à la pression d’eau. Une information qui n’a pas encore été démentie par l’entreprise Btp.

Ligne de faille

Si cela est établit, pense l’opinion, «cette entreprise doit des excuses à la population. Car, la moindre des choses aurait été que les autorités locales nous informent de cette activité nocturne qui a créé une panique générale dans la ville. Imaginez un seul instant que ce test des tuyaux avait mal tourné. Qui allait payer les dégâts collatéraux?», S’interrogent les habitants de la ville qui appellent les autorités administratives locales à se pencher sur cette affaire, et particulièrement sur le cahier de charges de cette entreprise. «Ces autorités doivent vérifier et nous informer si cette activité était prévue, comment elle devrait être menée, et si elle a respecté les procédures». Pour une autre opinion qui balaie d’un revers de la main cette hypothèse qui tend à camoufler la «vérité» pour dissiper le doute, ce qui s’est passé à Bertoua n’est pas un simple fait.

A en croire Benjamin Endom, géologue dans une société minière à l’Est, «généralement, c’est un phénomène naturel provoqué par les mouvements de l’écorce terrestre». Partant de l’océan Atlantique jusqu’en République centrafricaine, en passant par la région de l’Est, renseigne-t-il, « nous sommes assis sur une zone de fracture. Et le fait que le fleuve Sanaga coule le long d’une ligne de faille qui part de l’Adamaoua au niveau de Djohon, jusqu’à l’Est peut aussi être à l’origine de cette secousse». Un fait bien rare pour les populations qui affirment que c’est la première fois que la ville de Bertoua enregistre ce type de mouvement sismique. «L’Est étant située dans une zone de cisaillement, (formation des Diamants, Or, Mercure, Fer, Cobalt, Nikel etc.), due aux remontées magmatiques, les risques sismiques sont possibles, soutien une source à la direction générale de l’Institut des recherches géologiques et minières (Irgm).

Pour le moment, affirme celleci, «les sismographes de pointe qui recueillent les données exactes sur le territoire national et qui permettent de voir les signaux ou l’amplitude d’un tremblement de terre à Bertoua sont encerclés et confisqués par les ambazoniens dans la localité d’Ekona à Buea, où se trouve justement l’observatoire de l’Irgm». Tirs de sondage des tuyaux par l’entreprise Btp ou tremblement de terre, pour l’heure l’évènement demeure un mystère en attendant une communication officielle des autorités compétentes.

Par Ange-Gabriel Olinga, Essingan N°163

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