Cameroun – Couches jetables: Une enquête ouverte sur la qualité des produits importés

Par Crescence Yolande Akaba - Le succès des couches jetables importées de France, pour bébé vient d’être relativisé au Cameroun.

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Celles en provenance de France et en vente dans différents espaces sont saisies par la brigade du Commerce, de même que leur importation vient d’être interdite par le gouvernement.

Le succès des couches jetables importées de France, pour bébé vient d’être relativisé au Cameroun. Cette situation fait suite à l’alerte donnée par l’Agence des normes et de la qualité (Anor) au ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana le 31 janvier 2019. Selon laquelle, «les substances de fabrication dépasseraient le seuil requis et elles représenteraient des risques sanitaires pour les consommateurs.» Depuis lors, le Mincommerce a initié des enquêtes en butte non seulement à leur vente dans les différents points de vente, mais également à leur consommation dans les ménages. Leur importation vient d’être interdite par le gouvernement jusqu’à nouvel ordre. Des descentes inopinées sont effectuées par les agents de la brigade nationale de contrôle et de la répression des Fraudes au ministère du commerce pour assainir les marches de ces produits.

«Les agents de la brigade de contrôle sont venus dans ma boutique jeudi dernier. Ils sont entrés et ont commencé à fouiller ma marchandise. Ils cherchaient plus les couches jetables importées. Ils ont tout pris sans distinction de marque. Même ceux de la Turquie, Dubaï. Par la suite, ils ont pris un taxi course qu’ils ont chargé. Ils m’ont donné une convocation. Je suis allée le lendemain, donc vendredi, à la délégation régionale du commerce. Ils m’ont posé des questions. Et ont dressé un procès-verbal sur lequel ils ont écrit tout ce qu’ils ont pris dans ma boutique. La quantité de couches, les marques. Cette marchandise a une valeur de 300 mille Fcfa», raconte Andrea Ngo Ntep, revendeuse des accessoires pour bébé, au marché du Mfoundi. L’interlocutrice d’Essingan fait comprendre que c’est pour besoin d’enquêtes.

Renseignement

Le «made in Cameroon» n’est point épargné. « Chez moi, ils ont tout pris. Ils exagèrent. Même les couches fabriquées au pays. Pourtant, le problème se trouve au niveau des couches importées», se laisse aller Marthe Messina avec frénésie. Plus loin, dans certains rayons des supermarchés, aucune trace de ces produits n’est visible: «Les couches jetables sont finies» C’est la réplique qui est sur toutes les lèvres des commerçants après un renseignement lié à leur vente. Malgré cette situation qui prévaut autour de ces couches, certains se livrent encore à les proposer aux clients, sans crainte. C’est le cas d’un marchand au marché de Mvog-Mbi qui dit être au courant, mais, éprouve du plaisir à faire des affaires. Toujours est-il que nombreux sont les commerçants qui ont vu leurs marchandises saisies.

Bien plus, au siège de la brigade du Mincommerce, ils sont à pied d’œuvre. «Une alerte a été donnée. Pour besoin d’enquêtes, nous procédons à la saisie de ces couches dans les différents points de vente comme les marchés, les grandes surfaces comme Dovv, Santa lucia», a expliqué un responsable qui n’a pas souhaité en dire plus. Les consommateurs de leur côté, ont pris du recul. «Je suis au courant de ce qui se dit en ce qui concerne les couches jetables. Puisqu’elles sont déjà rares dans les marchés, je suis obligée de faire recours aux couches lavables», explique Séverine Mbia. Du côté de l’Agence des normes et de la qualité (Anor), les pistes d’homologation de la norme liée à ces produits mis en question, sont en phase embryonnaire. «L’alerte a été donnée, c’est une bonne chose. Maintenant, l’Anor, elle-même, doit élaborer une norme dessus. Sur les couches jetables pour bébé parce qu’il n’y en a pas encore. Certains produits importés ne sont pas soumis au Pecae parce que le Pecae concernent les normes d’application obligatoire. Elles sont une centaine».

Pour les experts, 125 sur 2700 normes environ ont déjà été homologuées. Les acteurs qui militent en faveur des droits des consommateurs ne sont pas des simples spectateurs dans cette affaire. Parmi plusieurs prises de position de ces associations, l’on note celle de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco). « Il ne faut pas attendre les alertes lancées par des organismes étrangers en charge du contrôle de l’innocuité des produits pour se réveiller au Cameroun. La dernière sortie de l’Anor sur les couches jetables importées pose deux problèmes à la Focaco: la passivité de cette institution prouve que les consommateurs ne doivent compter que sur eux-mêmes pour être protégés. Le manque de proactivité de l’Anor », renseigne le communique, fait à Douala le 04 Février 2019 et signé par M. Ayissi Abena.

Par Crescence Yolande Akaba – Essingan N°163

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