Cameroun – Langue Maternelle: Voici quelques grands groupes linguistiques

Nos langues nationales, notre richesse!

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Les langues nationales Camerounaises

Le Cameroun compte près de 250 langues nationales dont la richesse de leur diversité fait la fierté d’une nation résolument tournée vers la consolidation de son unité. A l’occasion de la journée internationale de la langue maternelle, nous passons en revue quelques grands groupes linguistiques du Cameroun, notamment Le bǝtí faŋ, Le fulfulde, Limbum, Le ɓasaà, et Le feʼefeʼe.

Le bǝtí faŋ

1. Situation géographique

 Le bǝtí faŋ est un continuum linguistique dont les locuteurs natifs se retrouvent dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est du Cameroun. Cette langue est transfrontalière car elle est également parlée au Congo, au Gabon et en Guinée équatoriale, c’est d’ailleurs ce qui lui a valu d’être choisie comme une des langues représentatives de l’Afrique centrale. Elle est aussi la langue identitaire d’un peuple de la république de Sao Tomé. Le bǝtí faŋ compte de nombreux locuteurs à travers le monde.

2. Glossonymes

 Le terme bǝtí faŋ renvoie à un glossonyme et à un ethnonyme.  En d’autres termes, ce vocable est celui employé par les locuteurs pour se référer à la langue et à l’ethnie. Bǝtí est le pluriel du mot ǹtí qui signifie seigneur. Le peuple bǝtí se définit donc comme une communauté de seigneurs. Les Occidentaux les désignent généralement par le terme pahouin.

3. Variantes dialectales

 Guthrie (1971) range cette langue dans la zone A et l’encode A70. Elle est une langue bantoïde appartenant au sous-phylum Niger-Kordofan de la branche Bénoué-Congo, dont l’ancêtre est nommé atí. Au Cameroun, le bǝtí faŋ regroupe de nombreux dialectes à l’instar :

 –          dans la région du Centre : le mǝngisa, l’etón, le mvǝlǝ́, l’ewondo…

 –          dans la région de l’Est : le yezum, le bamvǝ́ lǝ…

 –          dans la région du Sud : le búlu, le ǹtúmu, le fóŋ, le faŋ…

 Si entre certains dialectes le degré d’intercompréhension est très élevé, ce n’est pas le cas entre toutes les variantes composant le bǝtí faŋ. L’ewondo est le dialecte de référence de la langue bǝtí faŋ et est un parler véhiculaire (Essono, 2000) car idiome liturgique employé par les missionnaires pour évangéliser des peuples du Sud et de l’Est qui n’en étaient pas locuteurs. Sa forme véhiculaire utilisée dans la région de l’Est est d’ailleurs connue sous le nom mɔ́ngɔ́ ewondo c’est-à-dire l’enfant de l’ewondo.

 4. État de développement de la langue

 De nombreux travaux scientifiques ont déjà été commis sur le bǝtí faŋ, notamment sur l’ewondo qui en est le dialecte de référence. Sa phonologie, ses morphologies nominale et verbale et sa syntaxe ont déjà été étudiées. Un dictionnaire ewondo existe, tout comme des lexiques ewondo. Des livres s’occupant de la grammaire ewondo sont en vente dans les librairies. La bible a été traduite en ewondo depuis des décennies, et cela permet la tenue des offices religieux en ewondo. Même le domaine de l’alphabétisation s’est penché sur l’ewondo en publiant un pré-syllabaire, des syllabaires et un post-syllabaire, ainsi qu’un guide pour les maîtres. Des recherches lexicologiques ont déjà été entreprises pour enrichir le vocabulaire de l’ewondo dans des domaines spécifiques à l’instar de la jurisprudence. Le bǝtí faŋ est une langue employée par des animateurs lors de la diffusion de plusieurs émissions radiophoniques sur les chaînes de la Cameroon Radio Television, précisément les stations régionales du Centre et du Sud. Les radios communautaires l’utilisent également à l’exemple de Femmes FM de Mbalmayo, ou d’Otǝ́tǝ FM de Meyomessala. Quelques radios privées comme Radio Lumière en font tout aussi usage dans certains de leurs programmes.

 Les missionnaires européens étant les tout premiers à avoir écrit l’ewondo, leur façon de transcrire les mots ignorait les tons et la différence entre e, ǝ et ɛ, entre o et ɔ, entre ng et ŋ. Un nouveau système d’écriture corrigeant ces failles a été élaboré par les linguistes camerounais depuis l’avènement de l’Alphabet général des langues camerounaises.

5. Origine des locuteurs du bǝtí faŋ

 Il serait prétentieux de porter une affirmation sur l’origine du peuple bǝtí faŋ, mais la tradition orale parle d’une ascendance bantoue. L’ancêtre des Bǝtí faŋ se nommerait Nanga et aurait eu de nombreux enfants. Une légende relate que le peuple bǝtí a traversé le fleuve Sanaga à la fin du XVIIIe siècle sur le dos d’un serpent appelé ngáŋ mǝ̄dzâ.

Le fulfulde

1-      Situation géographique

Le fulfulde est une langue parlée au Cameroun, plus précisément dans les régions de l’Extrême- nord, du Nord et de l’Adamaoua. On  retrouve aussi les locuteurs de cette langue dans les régions de l’Est, de l’Ouest et du Nord-ouest. Le fulfulde est une langue   transfrontalière cela veut dire que son aire naturelle d’extension déborde les territoires nationales. Il est  parlé dans une quinzaine de pays d’Afrique centrale et occidentale tels que : Tchad, la Républiques centrafricaine, le Nigéria, le Mali, le Sénégal, le Burkina-Faso, le Niger, la Mauritanie etc. Il existe environ 800 million de locuteurs de cette langue dans le monde et plus de 15000 locuteurs au Cameroun

2-      Les glossonymes

Le fulfulde est le nom que les locuteurs donnent eux-mêmes à leur langue. Ces locuteurs sont connus sous le vocable de fulɓe du singulier Pullo. Les fulɓe  sont appelés peul par les français, fula ou fulani par les anglais, ful par les Allemand, domana, pladina, palata, paldida, par les massa, pulɛ par les  pɛɛrɛ, taaroyo par les dii, bira par les mbum, les gbaya et les hausa.

3-      Les variations dialectales du fulfulde

Le fulfulde appartient à la famille des langues Ouest Atlantique, seul représentation de sa famille au Cameroun. Il compte 4 variantes  au Cameroun :

–          Fuunaangere : « peul de l’Est », ou peul de Maroua parlé dans le Diamaré ;

–          Hiirnaangere : « Peul de l’Ouest »  parlé dans le département de la Bénoué ;

–          Hooseere : « Peul de la montagne », parlé surtout dans les plateaux de l’Adamaoua ;

–          Mbororo : parlé par les peuls nomades qui se sont sédentarisés qu’on retrouve dans les régions du l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Est et de l’Ouest et du Nord-Ouest.

Les variantes fuunaangere et mbororo sont les formes les plus conservatrices : le système des classes nominales et des genres, les alternances consonantiques à l’initiale, les trois voix du système verbal sont conservées et vivant dans l’usage. Tandis que le hiirnaangere et hooseere représentent une forme évolutive due à l’influence plus grande des ethnies qui entourent les Peuls. Cette forme est caractérisée par les emprunts lexicaux plus fréquents un système d’accord moins rigoureux.

 4-      Etat de développement de la langue

Pour ce qui est de l’état de développement du fulfulde, on peut apprécier plusieurs travaux scientifiques sur  la langue (morphologie verbale et nominale, syntaxe, dictionnaires, livret, syllabaire, pré et post syllabaire). Il existe également la traduction de la bible en langue fulfulde ; ce qui a permis l’usage de la langue dans les églises. Le fulfulde est une langue de media. En effet, Plusieurs émissions sont diffusées dans cette langue dans des stations de radio régionales de la Cameroon Radio Television. En outre, les antennes radio SAWTU LINJIILA, RADIO GOOTEL, RADIO SALAMAN diffusent en majorité des émissions évangéliques et d’ordre social en fulfulde.

Le fulfulde est une langue véhiculaire : toutes les populations du Nord Cameroun locuteurs natifs ou non natifs le parlent. Les locuteurs natifs le parlent aussi bien dans la sphère familiale que commerciale alors que  les locuteurs non natifs l’utilisent pour les besoins de communication.

5-      Origines des locuteurs du fulfulde

L’origine du peuple peul a soulevé de nombreuses controverses. Pour certains, ce peuple est les descendants des sémites venus civiliser l’Afrique ou encore des Gaulois. Pour d’autres, les Peuls seraient des judéo-syriens. La thèse la plus probante est celle qui attribue aux Peuls une origine Egyptienne. En effet, selon les Peuls eux-mêmes, OUKBA serait leur ancêtre. Ce dernier est un arabe venu l’Est d’Afrique. A la suite de  la  dislocation  de  la  société  égyptienne  ancienne (disparition  de  la souveraineté) ils ont dû émigrer assez tardivement  avec leurs troupeaux de bœufs. Par la force des circonstances, ils seraient ainsi passés de la vie sédentaire à la vie nomade. (MOHAMMADOU, E. :1976)  

Limbum

1. Terminology

Limbum is a word referring to the language of the Wimbum of Nkambe and Ndu Sub Divisions of Donga-Mantung Division. Etymologically, “Li” means language thus, Limbum actually means the Language of Mbum (Mbum Language). The Limbum speakers often refer to themselves as the Wimbum. The prefix “Wi” means “people” (people of a certain area). Wimbum therefore means the people of Mbum or Mbum people.

2. Geographical situation

The Wimbum live in the area called Nkambe plateau of the North West Region of The Repubic of Cameroon. The people are divided into two Sub Divisions (Nkambe and Ndu). Although they are divided, each Sub division consists of a conglomeration of villages that make up the three clans of the area; Witang, Wiwarr and Wiya. The Wimbum have an estimated population of about 120.000 (1987 census). However, as stipulated in Kilang (2008:11) extrapolations from these figures in the 2003 census put the population of the area at about 233500 inhabitants. This figure does not only include the Wimbum but also the Bororo, Hausa, Ako and foreigners living in the area especially the Ibo traders from neighboring Nigeria. The Wimbum share boundaries with Ako on the North, Nwa on the East, Banso’ on the South, Noni on the West, Missaje on the North West and Mfumte on the North East

3. The origin of the Wimbum

The Wimbum are said to have migrated from the Upper Benue river in the North of Cameroon and this, due primarily to slave trade. According to Ngarka (1998:11), the Wimbum are a sub-group of the Tikar given that they originated from Tikari in the North of Cameroon through Kimi to their present locations today. Today some of the groups which claim Tikari origin are: Bamoun, Baba, Bambili, Bamusing, Bamessi, Bamali, Bamuka(Ndo-p) Wimbum, and Yamba. These groups share a lot  in common: their languages are closely related to each other, their  traditions and customs have a common pattern, their system of administration is uniform, they have identical political systems amongst others. The Wimbum are related to the Mbum people who are today found in Kimi, an area near Ngaoundere in the Adamawa region.

4.. The linguistic classification of Limbum

Limbum is one of the Eastern Grassfield languages of Cameroon. ALCAM (1983:7) gives it number (903), meaning that it belongs to the Northern sub group of the Eastern Grassfield of languages. Limbum is classified under the Niger Congo phylum and sub classified into the Benue Congo family, the Bantoid sub-family, the Bantu branch, the Grassfield Bantu sub-branch. Stallcup (1977:27) subdivided the Grassfield Bantu sub-branch into two main groups: the Western and the Eastern Grassfield group. The Eastern Grassfield group is sub-divided into four sub-groups: Nkambe, Noun, Ngemba and Bamileke. Limbum together with other related languages such as Yamba, Dzodinka, Mbembe and Mfumte fall under Nkambe of the Bantu Eastern Grassfield languages.

5. Dialectal situation of Limbum

Fiore (1987) distinguishes three dialects of Limbum on the basis of pronunciation:

  • Northern dialect: Spoken in Binshua, Nkambe, Moo, Bih, Binka, Njap, Nge, Chup and Tabenken
  • Central dialect: Spoken in Wat, Mbot, Luh, Taku, Talla, Ngarum and Ntudip
  • Southern dialect: Spoken in Ndu, Ntumbaw, Wowo, Mbipgo, Sop, Njimnkang, Njilah, Manguu and Sina

6. State of development of Limbum

Much work exists on the phonology, morphology and syntax of Limbum and also on the standardization of Limbum. Some publications in Limbum include primers 1 and 2, the New Testament of the Bible and the national anthem. The availability of the New Testament Bible has facilitated the use of Limbum in churches. Also, local radio channels in Ndu and Nkambe broadcast some programs and slots in Limbum.

Le ɓasaà

1. Situation géographique

Le ɓasaà est parlé  dans les villages des arrondissements d’Eseka, ɓot-makak, Messondo, ŋgog-mapubi, Matomb pour le Département du Nyong et kellé. Le ɓasaà est aussi parlé à ŋkondjock, Edea, ngambe, Pouma, Ndom, Mouanko, pour les Départements du wouri et du Nkam. Il faut signaler que par défaut d’une continuité géographique, le ɓasaà est aussi parlé à Monatele et à Kribi dans le Département de l’océan. Il faut noter aussi l’homogénéité linguistique seulement dans le Département du Nyong et Kelle.

2. Situation linguistique et  dialectale

Parlant de l’intercompréhension, nous notons les variantes dialectales telles : le ɓasaà ɓà douala dans le département du wouri, le yabassi parlé au Nkam, le dibubum et le ɓasaà. Les dialectes sont intelligibles jusqu’au village Manga et avant la traversée de la Sanaga. Après cette frontière, l’intelligibilité régresse progressivement. D’après L. Hyman, le ɓasaà parlée dans la zone de Pouma, serait la variante centrale. Le ɓasaà  a une population estimée à 230000 habitants.

Le ɓasaà est une langue du phylum kordofanien, sous phylum niger-kordofanien, de la famille benoué-congo, de la sous famille bantoide , branche bantou, sous branche équatoriale ,groupe équatorial nord (B),sous-groupe ɓasaà-beti (A40).

Classification génétique de la langue ɓasaà

Phylum : Niger-kordofanien, sous-phylum : Niger-Congo, famille : Bénoué- Congo, sous famille : Bantoide, branche : Bantou, sous-branche : Equatoriale, groupe : Equatorial nord, sous-groupe :ɓasaà beti, langue :ɓasaà

3. Développement de la langue ɓasaà

Au niveau du développement  oral, il est à noter que la transmission inter –générationnelle est encore assez bien assurée. La majorité de la population s’exprime dans sa langue maternelle. Le ɓasaà est parlé dans la station radio de la crtv « radio centre » on diffuse des tranches d’antenne. La langue ɓasaà est aussi utilisée comme langue de la religion dans les villages couverts par le ɓasaà. Sur le plan écrit, la bible, les cantiques ont été traduits. Nous avons aussi des dictionnaires bilingues et monolingues tenu comme documents de références. D’autre part, nous  notons un bon nombre de lexique déjà mis sur pied. La langue ɓasaà dispose aussi un bulletin d’information nommé « mahol » : bien que ces publications sont restées événementielles. Dans le cadre de l’éducation, le ɓasaà fait parti de la liste des langues retenues à être enseigné dans lycées et collèges de la république du Cameroun. Bien avant cet avènement, le ɓasaà était déjà enseigné au collège Libermann de Douala. Pour sa vitalité, le ɓasaà dispose des manuels  scolaires permettant l’effectivité de son enseignement.

Au-delà des secteurs d’activités suscités à savoir, la religion, l’éducation, la langue ɓasaà est aussi utilisé dans le secteur de la justice  même si cette pratique reste informelle. Nous notons de notables efforts en ce qui concerne le caractère bilingues pendant les audiences. C’est ainsi que l’on dispose dans certains tribunaux d’interprètes permanents : le cas des tribunaux coutumiers et de première instance.

Le feʼefeʼe

1. Situation géographique

Le département du Haut-Nkam, dans la région de l’Ouest-Cameroun, correspond à la quasi-totalité de l’aire de la langue fe’efe’e, à l’exception de certains villages alentours de kekem faisant partie du pays mbo.

2. Glossonyme

L’on rapporte que, pendant l’occupation coloniale, le mot « fe’e » qui signifie « ainsi » revenait chaque fois dans les conversations des locuteurs natifs. Les blancs ont donc fini par les appeler : fe’efe’e c’est-à-dire ainsi, ainsi.

3. Variantes dialectales

Le fe’efe’e est une langue bantu des grassfields appartenant à la sous-famille Bantoïde de la famille Bénoué-Congo dans le groupe Bamiléké Central (DIEU et RENAUD, 1983). Cette langue, classée dans la zone 9, bénéficie du code [970] et est divisée en deux aires dialectales : le fe’efe’e-nord et le fe’efe’e central. Le fe’efe’e-nord est composé des dialectes : lᾱʼfī (Balafi), túniʼ (Fotouni), nkwαα (Fondjomekwet) et ntīi; tandis que, njə̌ (Bandja), póántu (Babouantou), fāʼ (Bafang), ne (Bana), Kū (Bakou, Komako), ŋwē (Banwa) et les parlers des autres villages de l’aire fe’efe’e représentent le fe’efe’e central.

4. Etat de développement de la langue

Les premières études sur la langue fe’efe’e ont été entreprises par les missionnaires  chrétiens, non originaires du Haut-Nkam. Le tout premier livre écrit par le père Paul Gontier parait en 1928, mais la lecture est très difficile. Des locuteurs natifs s’intéressent au travail de ces missionnaires et s’engagent à la promotion de cette langue. Ils préparent ainsi de nombreux travaux allant de la traduction à la production de chants religieux, à la collecte et à la transcription des proverbes, des contes et de textes divers. Ces travaux donneront l’éclosion au « mouvement Nufi », au journal Nufi Nsienken-ngwe’ et à l’école Nufi.  Sur la base des propositions du père Stoll (1955), l’analyse phonologique de Larry Hyman (1972), la grammaire du Père Bernard Ngangoum (1971) et surtout avec l’avènement du Nufi doublés d’améliorations apportées par les natifs, les lettres barrées ainsi que de nouveaux graphèmes (ʉ, ɔ, ɛ, ŋ, etc.) vont faire leur apparition. Les premiers cours de fe’efe’e à l’université de Yaoundé, dans les années soixante dix,  utilisent cette écriture.  En 1979, avec la publication de l’alphabet général des langues camerounaises (AGLC) qui tient compte de la notation systématisée des tons, le fe’efe’e  va connaître une nouvelle révision de son système d’écriture. Si les auteurs de livres scolaires en fe’efe’e utilisent, enseignent et marquent les tons dans leurs livres, le missel en langue de même que le Nufi Nsienken-gwe’, bulletin culturel d’information par et pour les alphabétisés, continue de paraître sans les tons et au mois de mai 2015, il en est à son 427 ème numéro. Le fe’efe’e compte aujourd’hui de nombreuses publications et les centres d’alphabétisation sont ouverts dans plusieurs localités du pays.

S’il y a lieu de le rappeler ici, le Nufi, est une association culturelle qui se préoccupe du développement et de la promotion de la langue et de la culture fe’efe’e comme vecteur de la communication et de l’éducation. Ses diplômes d’alphabétisation, appelés Ntūmbhi kām et sα̌ʼsām, sont décernés à l’issu d’un examen en fe’efe’e dont le modèle est copié sur celui de l’enseignement formel. Malheureusement, la baisse du taux de fréquentation des cours d’alphabétisation réaffirme la baisse d’activités du Nufi (Sadembouo, 2010). Le fe’efe’e dispose  aujourd’hui d’une tranche d’information dans certaines radios (Sky one et RTS à yaoundé, et d’autres radios communautaires dans le Haut-Nkam ) et de nombreux locuteurs s’investissent pour sa promotion sur le net (www.nufi-cameroun.org).

5. Origine des locuteurs feʼefeʼe

Le peuple fe’efe’e comme tous les autres bamilékés seraient venus vers la fin du XVIIIe siècle du pays Tikar, sous la double pression des Bamouns et des Foulbés (MVENG : 1963, CHAMPAUD : 1983). Plusieurs mouvements dispersent ce peuple dans la région actuelle de l’Ouest Cameroun et une partie de cette population est entraînée  vers le site qui constitue le département du Haut-Nkam.

(A compléter….)

Source: http://equipetenlac.e-monsite.com/pages/ressources/le-cameroun-et-ses-langues.html#MOgjZmuJedXcvcvq.99

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