Cameroun: Le préfet du Mfoundi interdit les marches à Yaoundé

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Jean-Claude Tsila, le Préfet du Département du Mfoundi

Jean Claude Tsila étouffe ainsi dans l’œuf des initiatives controversées du Collectif 300 + Diaspora, de certains jeunes du Rdpc et des Patriotes engagés.

L’arrêté préfectoral de Jean Claude Tsila est tombé hier, 31 janvier 2019 comme un fruit trop mûr. Alors que dans les bureaux, chaumières, débits de boissons et la rue les habitants de la capitale appréciaient diversement des initiatives susceptibles de raviver les tensions, le préfet a interdit toutes les manifestations publiques dans la capitale camerounaise. En effet, depuis la journée du 30 janvier 2019, une copie du récépissé de déclaration de manifestion publique délivré par un sous-préfet d’arrondissement à Yaoundé, était en circulation dans les réseaux sociaux. Le document annonce une marche dont l’itinéraire a été décliné, pour ce vendredi 1er février 2019. «En réplique aux manifestations illégales organisées» par le Mrc sur l’étendue du territoire camerounais le 26 janvier dernier. Cette manifestation préconisée par un groupe nommé Collectif 300 + Diaspora, représenté par un certain Robert Eteme, n’aura pas lieu. Dans sa déclaration de manifestation publique, il est indiqué que la marche partira de l’Hôtel de ville vers les services du gouverneur. Deux autres regroupements, sans avoir officiellement obtenu les documents administratif y relatifs, annonçaient eux aussi en coulisses leur intention de mobiliser pour l’organisation d’une marche à Yaoundé. Il s’agit de la jeunesse du Rassemblement démocratique du peuple camerounais et des «Patriotes engagés», un regroupement dont l’annonce a été faite dans les réseaux sociaux par Dany Claude Abate. Des initiatives qui ont suscité au moins la réserve de certaines autorités.

Exacerber les tensions

A ce propos, la direction de l’Organisation des jeunes du Rdpc (Ojrdpc) ne s’était pas officiellement prononcée par rapport aux appels de certains membres relativement à la «grande marche contre les démarches du Mrc et le soutien à Paul Biya». A en croire les organisateurs de la marche, qui était prévue ce vendredi, elle est une réplique à celle organisée le 26 janvier dernier par le Mrc dans plusieurs localités du pays et à l’étranger. Ces manifestations du parti de Maurice Kamto, ont été interdites par les pouvoirs publics même si les organisateurs ont pris l’option du passage en force. Ce qui a suscité des centaines d’arrestations parmi les manifestants dans plusieurs villes du pays. Hors des frontières, les manifestations ont été violentes et causées de nombreux dégâts dans les ambassades du Cameroun à Paris en France et à Berlin en Allemagne où l’on a vu le bureau de chef de mission cassé et totalement dévasté par des assaillants extrêmement agressifs. La manifestation de ce Collectif 300 + Diaspora dans la capitale politique du Cameroun était programmée la veille de celle du Mrc, le 02 février. Cette formation politique a lancé un appel sur l’ensemble du territoire. D’après le Mrc, ces «marches blanches» se passeront cette fois, dans une coalition avec plusieurs autres partis de l’opposition camerounaise à l’instar du Sdf, Cpp.

De nombreux Camerounais interrogés à Yaoundé estiment que ces marches en réplique aux manifestations du Rdpc vont exacerber les tensions. «Elles n’ont pas leur raison d’être. Les pouvoirs publics, à travers les administrations étatiques ont pris le problème en main. Ils sauront donner une réponse appropriée au problème qui se pose entre citoyens camerounais aujourd’hui. Il ne faut jamais oublier que nous sommes tous les enfants du Cameroun», lâche la présidente du Comité de base Rdpc Alberte Manga.

Par M. F. N

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