Collecte de fonds du MRC: Les populations dénoncent une escroquerie

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L’appel public de collecte de fonds lancé par le trésorier national adjoint, Thierry Okala Ebode, afin de porter secours au président national, Maurice Kamto, et cie, divise le parti et suscite désapprobation dans l’opinion publique.

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) est soupçonné d’escroquerie. Des soupçons orientés en direction de son trésorier national adjoint, l’un des dirigeants du Mrc, curieusement esquivé par les récentes interpellations, qualifié çà et là, à tort ou à raison, de « redoutable escroc » ou encore de « sal arnaqueur ». Thierry Okala Ebode a lancé, en fin de semaine dernière, un appel public de collecte de fonds afin de pourvoir le parti en ressources financières devant lui permettre de régler les dépenses liées aux procédures judiciaires ainsi qu’à la détention de ses dirigeants et militants. « Si vous souhaitez manifester votre solidarité envers les personnes blessées et/ou en détention, faites vos contributions et/ou dons directement au trésorier national adjoint », indique Thierry Okala Ebode dans le communiqué mis en circulation par ses soins dans les réseaux sociaux. La démarche a plutôt alimenté d’arguments nouveaux des observateurs qui soutiennent la thèse de complot du Mrc contre les institutions de la République. D’aucuns pensent que « le Mrc est en train de se constituer un trésor de guerre pour continuer à financer ses actions insurrectionnelles. »

Un avis qui n’est pas différent de celui des populations du Grand -Sud. Des chefs traditionnels et hauts dignitaires des régions du Centre, Sud et de l’Est consultés par votre journal, comme s’ils se sont passés le mot, invoquent plutôt « une opération de mobilisation de financements pour déstabiliser le Cameroun. » Les uns et les autres affirment avoir décommandé à leurs communautés respectives de verser le moindre sou à la caisse ouverte par le Mrc. Selon le chef supérieur du groupement Batchenga, dans la région du Centre, « la collecte des fonds du Mrc n’a aucune chance de prospérer chez nous puisque tous nos fils et filles sont républicains. On ne peut pas avoir collecté de l’argent pour financer la campagne du président Paul Biya et, trois mois après, s’aligner derrière Kamto pour mettre le pays à feu et à sang. »

Dans les milieux politiques, c’est la même désapprobation, les responsables réaffirment que « Le Grand-Sud est essentiellement biyayiste, l’un de ses premiers bassins électoraux, pourquoi penser que c’est chez nous que Kamto viendra faire la manche », dénonce le président du comité de base Rdpc du marché central de Yaoundé, une unité politique regroupant l’essentiel des sauveteurs de la ville. Le responsable de base qualifie l’appel du Mrc de pure escroquerie. « Comment le trésorier adjoint du parti peut-il prendre une telle initiative alors que, malgré l’embastillement du président et certains cadres du parti, il y a certains vice-présidents du Mrc qui sont libres de leurs mouvements.

Equation personnelle

Au sein du Mrc, la collecte publique de fonds lancée par Okala Ebode a du mal à fédérer. «Le président Kamto a un porte-parole qui pouvait bien initier une telle opération », déclare Hilaire, un militant du parti. « De ce point de vue, il est possible que cette initiative soit l’équation personnelle du trésorier adjoint », indiquet-il, par la suite. Par ailleurs, suivant ce militant, le Mrc n’a pas encore fait un compte rendu de l’appel de fonds lancé en vue du financement de la campagne électorale. En dehors des militants, cet appel de fonds semble diviser au sommet du parti. « Le président Kamto a piqué une colère quand il a appris que le trésorier adjoint a pris une telle initiative. Car, selon lui, la plupart des conseils qui accompagnent les dirigeants du Mrc emprisonnés le font gratuitement », nous a indiqué au téléphone un lieutenant de Maurice Kamto ayant requis l’anonymat.

Suivant la même source, le parti se garde d’adopter une position officielle pour éviter de diviser plus encore le parti dont l’existence semble en sursis. En rappel, depuis la soirée du 29 janvier dernier, Maurice Kamto, certains responsables du bureau et des militants sont aux arrêts. Ce, à la suite des manifestations illégales organisées simultanément dans certaines villes du Cameroun et à l’étranger. Celles-ci se sont soldées par le saccage des missions diplomatiques de Paris et Berlin, en particulier.

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