Dérives sexuelles : Quand des vieux sautent sur les jeunes filles

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Une africaine de 39 ans amoureuse d'un européen de 91 ans - Image purement illustrative

L’écart d’âge ne les concerne plus. Ils ont fait le grand écart pour apprivoiser une proie facile et vulnérable.

Profitant d’un contexte de précarisation avancé, nos chasseurs des temps modernes prospèrent dans une société à la fois apathique et complice.

Sylvain insiste auprès de son coiffeur pour qu’il repasse la tondeuse. L’homme ne veut pas voir ces cheveux blancs qui font de la résistance sur son menton. L’autre n’en finit plus de poncer une joue déjà bien rugueuse. « Tu as renouvelé la teinture, il faut refaire mes cheveux », murmure-t-il au
coiffeur qui s’attelle depuis une vingtaine de minutes déjà. Une heure plus tard, Sylvain, 53 ans, ressort de chez « Papy Longchamp » avec la certitude
d’avoir regagné quelques années sur l’horloge infernal. Ce salon de coiffure du quartier Mimboman est son petit coin de jouvence.

Il y va quasiment trois fois par jour. Mais pour tenir la route face à Samira, 22 ans, qu’il vient de conquérir, l’homme sait qu’il lui faut sortir d’autres arguments de sa manche. « Mon ami Papi, le coiffeur m’a filé un truc bon pour le sexe, la petite-là ne tiendra pas le coup » , lance-t-il en s’installant dans sa voiture. Un truc ? Une composition de produits aphrodisiaques vendus bon marché à la gare-voyageurs de Mimboman. Papy y rajoute même souvent du Tramol (un antidouleur illicitement consommé comme drogue) « quand le match est dur ». « C’est encore plus puissant que le viagra » , confesse Sylvain.

Mourir d’aimer

Accro au sexe, le cadre des Impôts vit une seconde jeunesse. Il y a bien longtemps que ce père de 04 enfants ne se satisfait plus du service minimum de son épouse Mireille. Il recherche des sensations fortes, une libido explosive. « Avec Samira par exemple le plaisir était tellement intense le premier jour que j’ai cru que j’en mourrai, ça n’a rien à voir avec ce que je vis à la maison. Aujourd’hui il faut être à la hauteur et à la page. Je donne de l’argent à ma petite mais si je n’assure pas au lit elle passera très peu de temps avec moi » , avoue Sylvain.

Se doper ainsi pour tenir la concurrence au lit charrie pourtant des risques inouïs pour la santé. Selon des spécialistes en médecine, l’utilisation
incontrôlée d’aphrodisiaques peut conduire aux maladies du foie, à des problèmes de cœur et de reins et même à des maladies sexuellement transmissibles (Mst). « Le risque le plus élevé est un arrêt cardiaque car le phénomène consiste à un pompage rapide du sang pour maintenir le sujet en érection pendant un certain temps ; le cœur est alors fortement sollicité et les conséquences peuvent être graves » , explique Ismaël Djambou, médecin exerçant à Douala. Mais quand on évoque avec Sylvain ces décès de plus en plus nombreux de ces combattants fauchés en plein vol, l’homme ne s’autorise même pas la moindre pause réflexive. « C’est une mort glorieuse, c’est Dieu qui a créé le sexe » , soupire-t-il.

« Pisser du gras et de la rouille… »

Richard, 60 ans, n’est plus aussi téméraire. Il a pareillement délaissé les vieilles pour se « ressourcer » auprès de minettes. Mais il ne s’obstine plus dans ces torrides parties de jambes en l’air qui souvent s’achèvent dans un cercueil. « Je suis vieux et je ne cherche pas à faire le jeune. J’ai ma petite de 24 ans avec qui je me sens bien. Quand je peux on a des rapports mais la plupart du temps elle me fait des caresses et ça me comble », concède le père de 6 enfants. Richard a forcément appris des événements récents. Plusieurs personnalités connues du pays seraient décédées alors qu’elles tentaient de donner le change à de fillettes intrépides. « Je ferai plus attention mais ne me demandez pas de tout abandonner » , implore un Richard qui insiste pour dire qu’il a encore de beaux restes à faire valoir.

Sylvain et Richard sont des spécimens de plus en plus répandus de ces Camerounais à la fleur de l’âge qui n’ont plus d’yeux que pour les jeunes filles. Certains consacrent une bonne partie de leurs revenus à l’assouvissement de ce plaisir concupiscent et immoral. « Je loue un appartement de 100.000 Fcfa à ma petite. Elle a 50.000 d’argent de poche par semaine et je résous tous ses problèmes, le plaisir a un coût » , se vante Michel, le particulier d’un ministre de la République. Du plaisir à tout prix. Même au prix du sacrifice suprême. « Ces vieux n’ont aucune morale. Ils jouent avec leurs vies. Très souvent, ils sont laids et gros et finissent avec des arrêts cardiaques. L’un d’eux m’a piqué ma copine, 6 mois après elle est revenue et m’a avoué qu’il ronflait au lieu de faire l’amour » , se moque Rodrigue, 26 ans. On est en plein dans cette société décadente décrite par le romancier congolais Sony Labou Tansi où une élite gloutonne et jouissive excelle à « pisser du gras et de la rouille dans les fesses de fillettes » . Certains sont piégés et filmés par quelques-unes de leurs victimes. Prises au jeu, elles demandent désormais à être rétribuées à hauteur de leurs prestations. Pas de quoi décourager Richard : « C’est vrai qu’il y en a qui se moquent de nous mais si tu tombes sur une qui est sérieuse, c’est le 7e ciel assuré. Le risque est à prendre » , rétorque-t-il.

Sylvain est rentré bien tard. Il a passé une nouvelle soirée de feu avec Samira. Une fois chez lui, sa fille Michelle , 23 ans, vient lui ouvrir le portail. Elle est aidée d’une fille aux formes généreuses dont le sourire se distingue dans la pénombre d’une véranda mal éclairée. « Qui est-ce ? » , demande Sylvain à sa fille. « C’est ma camarade Linda, elle passe la nuit ici, maman est d’accord » , lui répond Michelle en rentrant dans la maison. En coupant le moteur, Sylvain s’extasie devant les formes de Linda qui remonte innocemment les marches de la véranda. Le prédateur cinquantenaire était jusqu’ici habitué à chasser loin de ses terres. Ce qu’il a devant les yeux le pousse à revoir ses plans. Une nouvelle victime se profile à l’horizon.

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