Elections au Nigeria: les jeunes entre engagement et indifférence

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De jeunes Nigérianes au marché principal de Lagos, le 11 février 2019. © REUTERS/Nyancho NwaNri

Les élections générales au Nigeria se tiennent ce samedi. Près de 84 millions d’électeurs sont appelés à choisir leur président, les membres du Sénat et de la Chambre des représentants. La campagne, qui s’est terminée ce vendredi à 00 h 00, a laissé de nombreux jeunes indifférents aux enjeux du scrutin alors que d’autres ont décidé de s’engager dans cette bataille électorale.

Dapo Tejuoso fait partie de ces nombreux « repats », ces personnes ayant vécu à l’étranger et qui reviennent au Nigeria pour développer leur pays d’origine.

Silhouette de rugbyman, Dapo Tejuoso est né au Royaume-Uni, où il a passé toute son enfance, avant de faire des études d’ingénieur au Canada. Et comme de nombreux Nigérians de la Diaspora, ce jeune de 29 ans a décidé de rentrer dans son pays pour « contribuer à l’économie locale ».

En 2014, Dapo Tejuoso s’installe à Lagos avec plein d’idées. Avec son père, il monte une start-up, qui fournit des services de santé via une application sur les téléphones portables : « Lorsque je suis arrivé, je me suis rendu compte que les hôpitaux étaient surchargés. Souvent, les gens ne sont même soignés immédiatement, car les services dont ils ont besoin ne sont pas disponibles. J’ai donc décidé de créer une plateforme téléphonique : les malades sont mis directement en contact avec des médecins. »

Ce jeune exprime une certaine amertume concernant la manière dont la corruption a rongé la société : « Pour moi l’idéal, serait de mettre en place un système pour contraindre tout le monde à être redevable de ses actions. Si les politiques savaient que leur travail était susceptible d’être évalué, ils ne se comporteraient pas comme ils le font aujourd’hui. De même, si on répertoriait, dans les établissements de santé publics ou dans le secteur de l’énergie, les erreurs ou les vols commis par chaque employé, les gens seraient plus impliqués dans leur travail et le pays irait de l’avant. »

Lassé par la politique, cet ingénieur n’a pas suivi un seul débat lors de la campagne électorale. Par manque de confiance envers les politiques, Dapo Tejuoso entend bouder le scrutin ce samedi.

Un chanteur en quête des voix des jeunes

Autre jeune, autre engagement. Parmi les candidats qui briguent un siège au sein de la Chambre des représentants, figure Olubankole Wellington, Banky W, de son nom de scène. Portrait de ce chanteur populaire, à la quête des voix des jeunes.

Banky W sillonne les rues de Lagos, pour faire connaître son programme. Ce chanteur de 37 ans s’affiche comme un citoyen ordinaire. Avec ses conseillers, il n’hésite pas à se déplacer à bord des okadas, ces motos-taxis jaunes qui engorgent les routes de la capitale économique.

Pour cet artiste, qui a grandi et fait ses études à New York, s’engager en politique, c’est une manière concrète de répondre aux problèmes des citoyens : « En tant qu’artiste, j’ai toujours défendu la cause des jeunes citoyens dans des conférences ou lors de manifestations. Ensuite, je me suis rendu compte que les gens parlent, se plaignent et critiquent beaucoup, surtout sur les réseaux sociaux, mais sans jamais apporter eux-mêmes de solution. Et donc il est important d’agir, de s’engager en politique. Voilà pourquoi j’ai décidé de tenter ma chance pour à l’élection de la chambre des représentants. »

Son but, s’il atteint son objectif, est de proposer des lois qui vont concrètement améliorer le quotidien de ses concitoyens : « Nous devons améliorer notre système éducatif. Le gouvernement fédéral n’a pas du tout investi dans l’éducation, au niveau primaire. Cela doit changer. Il faut soutenir ce secteur. »

Reste à voir jusqu’à quel point les électeurs lui accordent leur crédit. Pas évident, pour un jeune candidat, engagé depuis seulement trois mois en politique.

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