Ligue des champions : Lyon a-t-il les armes pour battre le Barça ?

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Memphis Depay va devoir retrouver son meilleur niveau s'il veut battre le Barça de Lionel Messi. © ROMAIN LAFABREGUE / JOHN THYS / AFP

L’Olympique lyonnais accueille le FC Barcelone, mardi soir, en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. S’ils rêvent de réitérer l’exploit accompli contre Manchester City (victoire 2-1 en Angleterre), le défi catalan semble encore un cran au-dessus.

LE DÉBAT

Que la montagne est belle. Lyon-Barça au Groupama Stadium, en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions, Jean-Michel Aulas en a « toujours rêvé ». « Mardi, nous allons vivre une soirée exceptionnelle », s’est réjoui le président de l’OL. Que la montagne est haute, aussi, serait-on tenté d’ajouter. Car face aux quintuples champions d’Europe, les Gones sont tout bonnement condamnés à l’exploit s’ils veulent s’ouvrir la voie à une première qualification en quarts depuis 2010. Privés de leur maître à jouer Nabil Fekir, ont-ils tout de même les moyens d’embêter les Catalans ?

Oui : « Ce n’est pas la peur qui les en empêchera »

Par Thibauld Mathieu, journaliste à Europe1.fr

Ce n’est pas moi qui le dis, mais Thomas Tuchel. À la question « Lyon est-il capable de battre le FC Barcelone ? », l’entraîneur du PSG a répondu samedi : « clairement, oui ! Pour moi, il n’y a pas de question ». L’Allemand en sait quelque chose : c’est au Groupama Stadium qu’il a perdu son seul et unique match de championnat cette saison (2-1), il y a deux semaines. Les Lyonnais ont en effet cette capacité à se sublimer dans les grands matches : contre le PSG, donc, face à l’OM (4-2), lors du derby contre Saint-Étienne (1-0 puis 2-1), mais aussi et surtout en faisant tomber Manchester City sur son terrain, lors de la phase de poules de la Ligue des champions (2-1, 2-2 au retour dans le Rhône). À croire que le mot peur ne fait pas partie de leur vocable.

Nabil Fekir avait évidemment joué un rôle majeur lors de chacun de ces matches, et nul doute que le champion du monde, suspendu pour l’occasion, manquera à ses coéquipiers mardi. Mais ce n’est pas une première, loin de là. Les solutions de repli ne manquent pas, quel que soit le système choisi par Bruno Genesio. Contre les Citizens, Maxwell Cornet et Pape Cheikh Diop (à l’aller), plutôt habitués au banc de touche, avaient d’ailleurs été étincelants.

Contre Guingamp vendredi (2-1), Ferland Mendy et Memphis Depay, deux éléments très importants de l’effectif, ont pu se reposer. Et si l’OL a livré une performance très moyenne face aux Bretons, le Barça n’a pas fait beaucoup mieux de son côté. Après trois matches nuls consécutifs, les Catalans ont eu besoin d’un penalty de Lionel Messi pour battre le promu Valladolid (1-0). « Nous devons être meilleurs mardi sinon nous passerons un mauvais moment », a prévenu Gerard Piqué. Et, comme dirait l’autre, Lyon, ce n’est pas Valladolid, ce n’est pas Gijon.

Blague à part, le style de jeu du Barça pourrait être un avantage pour Lyon. « Avec la qualité de notre groupe, il est plus facile de jouer contre des équipes qui ne ferment pas le jeu », a assuré dans un entretien à l’AFP le défenseur de l’OL, Marcelo. Et de souligner l’importance de jouer devant son public, mardi. Ce dernier argument est sans doute le plus puissant : oui, Lyon peut battre le Barça. Au Groupama Stadium surtout.

Non : « Le vrai lion, c’est le Barça »

Par Nicolas Rouyer, journaliste à Europe1.fr et Théodore Gonzalez, stagiaire à Europe 1

L’OL va entamer cette rencontre avec un sacré handicap, l’absence de Nabil Fekir, leur maître à jouer, suspendu après avoir reçu trois cartons jaunes lors de la phase de poules. Et deux autres cadors de l’équipe sont incertains : Tanguy Ndombele en raison d’une douleur à la cheville gauche et Jason Denayer, touché aux adducteurs. Memphis Depay, quant à lui, n’est pas en grande forme. Il n’a plus marqué depuis le 10 novembre et un match à Guingamp (4-2). Et ce week-end, lors du match retour face à… Guingamp (2-1), il a quitté le stade, fâché, après avoir joué seulement un quart d’heure. Pourtant, il faudra être soudé pour inquiéter le Barça, comme les Lyonnais l’avaient été, par deux fois, contre Manchester City.

Mais le leader de la Liga devrait être plus redoutable encore, offensivement comme défensivement. En plus d’être la meilleure attaque de son championnat avec 61 buts inscrits (contre 41 seulement pour le Real Madrid), le Barça n’a encaissé que cinq buts lors de ses douze derniers matches de Liga. Malgré ses difficultés actuelles (trois matches nuls sur les quatre derniers matches), la Ligue des champions reste un objectif majeur pour les Blaugrana, qui n’ont sans doute toujours pas digéré l’élimination subie la saison dernière face à l’AS Rome en quarts de finale (victoire 4-1 à l’aller, défaite 3-0 au retour).

L’entraîneur catalan, Ernesto Valverde, alignera la grosse équipe mardi (Messi, Suarez, Coutinho…) et pour l’OL, qui n’a jamais battu le Barça en Ligue des champions (quatre défaites, deux nuls), une victoire mardi soir tiendrait assurément du miracle…

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