Au Venezuela, Juan Guaidó est de retour, Nicolás Maduro pris de court

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Le président par intérim autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó, acclamé lundi à son retour à Caracas. Photo Matias Delacroix. AFP

Étrange lundi de carnaval. En ce jour férié, tout le Venezuela était suspendu dès l’aube au retour annoncé du président par intérim autoproclamé, Juan Guaidó, qui avait quitté clandestinement le pays le 23 février. Arriverait-il par la route, en esquivant les contrôles, ou par voie maritime ? Il est finalement arrivé par les airs, à bord d’un avion de ligne qui s’est posé sur l’aéroport international de Caracas vers 12 h 15 (cinq heures de plus en France). Douze ambassadeurs de pays d’Europe (dont la France) et d’Amérique latine qui l’ont reconnu comme président légitime étaient présents pour l’accueillir et dissuader toute tentative du gouvernement socialiste d’arrêter son opposant numéro 1.

Guaidó n’a pas eu besoin de cette protection : il a traversé sans encombre les contrôles et a pu saluer ses admirateurs. «Nous connaissons les risques que nous courons, ça ne nous a pas retenus : nous sommes ici au Venezuela, plus fort que jamais», a-t-il lancé à la foule devant l’aérogare, juché sur le toit d’un véhicule. Il a ensuite pris une voiture en direction du centre de la capitale, où ses partisans l’attendaient.

En s’absentant pendant dix jours pour une tournée latino-américaine où il a rencontré plusieurs chefs d’Etat, le président-bis a bravé l’interdiction de quitter le territoire que lui avait signifié le tribunal suprême. L’absence de toute tentative de l’arrêter, ou simplement de l’interroger, peut être un signe d’apaisement (ou de prudence) des autorités chavistes. Mais on peut aussi y voir un refus de l’armée de procéder à l’arrestation de l’opposant. Dans la matinée de lundi, le vice-président américain, Mike Pence, avait menacé : «Les Etats-Unis attachent la plus grande importance au retour au Venezuela de Juan Guaidó en toute sécurité.»

Le président autoproclamé avait pénétré en Colombie le 23 février avec l’intention de faire entrer en force plusieurs semi-remorques de produits alimentaires et pharmaceutiques envoyés des Etats-Unis. Mais l’armée vénézuélienne n’a pas permis aux convois de passer la frontière. Soucieux de ne pas rentrer immédiatement après cet échec, le jeune dirigeant de 35 ans a entrepris de rendre visite à ses alliés dans cinq pays du sous-continent : il a été reçu au Brésil par le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, avant de se rendre en Argentine, en Equateur et au Paraguay.

Dans le quartier de Las Mercedes à Caracas où une estrade avait été dressée, des milliers de partisans vêtus de blanc et arborant le drapeau national attendaient le président de l’Assemblée nationale. Les mêmes rassemblements ont eu lieu dans les grandes villes de province. Le dirigeant de l’opposition a aussitôt appelé à manifester samedi contre le régime de Nicolás Maduro. «Samedi, on continue ! Tout le Venezuela se retrouvera dans les rues. Nous ne resterons pas une minute ni même une seconde tranquilles tant que nous n’aurons pas retrouvé la liberté»,a-t-il lancé.

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