Cameroun – Produits Brassicoles: L’accord tripartite violé

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Les prix de produits brassicoles ne respectent pas l’accord passé entre le Mincommerce, les associations de consommateurs et les entreprises du secteur. Suivant ce consensus, l’augmentation ne doit pas dépasser la barre de 50 fcfa.

Les prix pratiqués dans les débits de boissons au Cameroun depuis le 1er mars 2019, continuent de faire des gorges chaudes. Et pour cause «tout n’a pas été clair dans cette augmentation de prix des produits des différentes brasseries exerçant au Cameroun», fulmine un responsable d’une association de défense des droits des consommateurs qui, sous anonymat accuse sa direction de n’avoir pas totalement joué franc jeu. En tout cas depuis la rencontre avec les brasseurs le 04 mars 2019, le ministre du Commerce qui avait fait des déclarations fortes au micro de la Crtv a effectué un rétropédalage qui fâche. Affirmant dans un communiqué que les prix proposés par les sociétés brassicoles pouvaient entrer en vigueur mais que les boissons ne pouvaient être augmentées de plus de 50Fcfa, Luc Magloire Mbarga Atangana a donné l’impression de se dédire.

Depuis lors, dans les bars, pour sa bière, le consommateur camerounais débourse, 50Fcfa de plus par bouteille de 65cl (33 Export, Castel, Amstel Mutzig) et 100 Fcfa pour certains autres produits. C’est le cas avec Isenbeck. Suite à la grille des prix revue à la hausse et publiée par la Cameroon Alcohol Producers Association (Capa). Pourtant cette grille prévoyait au départ une augmentation de 25 à 50Fcfa. Sur le terrain, la situation est incontrôlée. Les tenanciers de débits de boissons rencontrés dans les différents commerces de Yaoundé, expliquent que les nouveaux prix sont appliqués. A savoir 7200 Fcfa pour le casier de «33 Export» au lieu de 6600 Fcfa. Celles des marques de bière qui coûtaient 7000 Fcfa sont passées à 8300 Fcfa. «Je vends comme j’achète au dépôt chaque matin. Quand je paie un peu plus que d’habitude, j’augmente aussi dans mon bar pour avoir un bénéfice», soutient Josepha Ngamani, tenancière de bar.

Documents officiels

Sauf que les différentes répercussions de cette grille tarifaire ne suivent pas toujours cette logique. Pour le moment et en attendant le temps du contrôle, chaque tenancier de débit de boissons pratique les prix qui lui viennent à l’esprit. C’est ainsi que dans certains points de vente, la Isenbeck coûte 850 à 900 Fcfa. Au moment où certains consommateurs disent attendre le document officiel du Mincommerce et celui des différents producteurs prenant en compte la suspension des nouveaux. «Ni le gouvernement, ni les brasseries n’ont rendu publiques des décisions stipulant la suspension de ces prix. Nous ne savons plus qui écouter. Et achetons toujours les boissons à un prix élevé», partage Calvin Abena, gérant de bar.

L’augmentation des prix des boissons décidée les 1er et 04 mars derniers, par les sociétés brassicoles a connu de nombreuses négociations entre associations de défense des droits des consommateurs et les exploitants des débits de boissons, sous la houlette du ministre du Commerce. Ces conclaves avaient pour but de trouver un consensus entre l’industrie qui relève le poids des charges fiscales et qui justifie, de ce fait, l’augmentation du prix de la bière. De leur côté les associations de défense des droits des consommateurs suggéraient une augmentation de 32 Fcfa. Recommandée par des projections de la direction générale des impôts (Dgi). Le ministre du Commerce de son côté, martelait à plusieurs reprises sur les dispositions législatives et réglementaires en matière de prix. «Le principe, il faut qu’on le redise, c’est la liberté, sauf dans certaines matières qui font l’objet d’un dépôt préalable et les boissons alcoolisées font partir de cette catégorie, le dépôt préalable des prix. Et, les barèmes de prix doivent être déposés auprès de l’administration qui dispose d’un délai de 15 jours pour approuver. Donc, la procédure a été viciée et donc impacte sur le fond».

  • Par Crescence Yolande Akaba
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